Mardi 6 mai 2008

Pour la troisième et dernière virée de notre séjour Berlinois, l’alternative était simple : retourner sur les sentiers que nous avions déjà battus ou bien découvrir de nouveaux lieux.

L’option retenue fut finalement de mixer les deux options : après un shopping convenu mais néanmoins profitable sur Kastanienallee, il fallut se rendre à l’évidence : les soupes et les sourires des serveuses du Morgenrot nous tendaient les bras. Pourquoi les ignorer ?

Ce soir là, au Morgen, samedi oblige, c’était la foule et happening « théatral » en prime.
Mais, quand notre voisin de table décida de se gratter nonchalamment les cheveux au-dessus de notre corbeille à pain, c’en fut trop, et nous décidâmes d’aller voir au Republik si le son était toujours aussi bon.

Arrivés là-bas, surprise : décidément Berlin est imprévisible et la programmation des bars relativement éclectique, ce qui enchante EG (sa fibre Inrocks) mais moi, m’exaspère …
En l’occurrence, on tombe sur une espèce de team improbable aux platines qui nous commet un revival costumé des Beatles, mais plutôt dans le genre rogatons oubliés que standards des 4 de Liverpool. En plus, la technique de Djing est du niveau de celle de mon petit neveu quand il se met en tête de me faire écouter les meilleurs morceaux de la Star’Ac sur sa micro-chaîne Ankyo.

A part çà, le lieu est toujours aussi convaincant et la bière abordable. Après avoir siroté une bière pour admirer la coupe Godefroy de Bouillon du « DJ », avec EG, on est raccord : il faut savoir partir et quitter le nid douillet pour découvrir de nouveaux horizons et, à Berlin, on le sait bien, l’horizon est à l’Est.

Les quelques flyers ramassés le midi au petit déjeuner (schön !) attirent notre attention sur ce qui semble être la Mecque du clubbing populaire à l’Est : Maria am Ostbahnhof (MAO pour les affranchis …).
Déjà, le nom déchire : c’est autre chose que le « loft », le « private », l’« underground » ou je ne sais quelle connerie du genre. En plus, c’est pratique, on sait où c’est : à Ostbahnhof !

Le plateau a l’air d’excellente tenue bien que ne recelant pas de stars internationales, mais une kyrielle de newcomers ou seconds couteaux de Mobilee et Kompakt principalement … Comme la suite le prouvera, ces petits gars talentueux ne sont guère connus à l’étranger car ils se concentrent sur le marché domestique, et on les comprend !

Bon, Ostbahnhof, ok : un coup de S-bahn et nous voilà, mais le secteur est grand et il n’est pas très facile de se repérer au milieu des vieux hangars, squats, friches, nouveaux bureaux ; pas tout à fait l’urbanisme du quartier latin …

Un des flyers indiquent que la boîte se trouve au niveau d’un pont ( !) : voilà un indice qui n’a pas non plus échappé à une troupe de jeunes locaux tout aussi perdus que nous. L’honneur est sauf.
C’est là que l’instinct festif d’EG fait la différence : suffit de suivre deux trois gaziers un peu allumés et il y a fort à parier qu’ils nous mèneront à la terre promise. Ok sur le principe, sauf qu’on a essayé déjà la même technique y a un quart d’heure et on s’est retrouvé au mauvais endroit : eh oui, fillette, t’es pas à Paris là ! Ici des clubs, y en a des tétrachiées !

Enfin, ce coup-là, ça marche et on se retrouve à l’entrée d’une sorte de blockhaus immense avec marqué Maria dessus, çà aide.
Y a deux queues à l’entrée : une avec du monde et une déserte. Nous, on va à celle où y a du monde, on se dit que l’autre doit être réservée aux invits et on a pas envie de se faire ramasser comme la veille au Watergate, parce qu’on fait trop touristes.
Ben c’est loupé, la queue où y a du monde, c’est celle des invitations (pas dures à pécho les invitations on dirait) et l’autre, c’est celle des pigeons qui doivent payer. Comme tout ça nous est expliqué très gentiment par l’armoire à glaces qui fait l’entrée, on s’exécute de bonne grâce.

"Achtung !" qu'y a écrit sur le mur : tu m'étonnes ! on rentre pas au Maria impunément ; pour les couche-tôt, je conseille plutôt le Buddha bar.

Le tiqueson nous réserve une petite surprise : 13€ ! Ben c’est pas donné mon neveu, pour une boîte prétendument populaire !
Ben oui, mais y a deux scènes, et le line up dure jusqu’à midi. Ah ok ! l’after est incluse … Et EG d’en profiter pour me refaire un petit cours sur les afters parisiennes, sacrée EG !

Heureusement les tarifs du bar nous rassurent tout de suite : les consos sont données ! C’est déjà ça de pris.

Il est pas très tard, genre à peine une heure, et y a déjà du peuple sur l’immense dancefloor de la scène principale. Tous les jeunes fondus de tek sont là, dansant comme si c’était la dernière soirée de leur vie, mais sans faire n’importe quoi non plus : bon esprit. Schön Geist.

Sur la scène, c’est le jeune prodige de Kompakt, Axel Bartsch, qui met le feu au club avec une joie communicative qui n’enlève rien à la précision de son set. Sélection originale et efficace où l’on reconnaîtra au passage l’excellent « Rock ‘n roll » produit par le jeune DJ.

Après deux heures de set, c’est l’écurie Mobilee qui déboule, Pan Pot en tête. Son très puissant : c’est la tuerie.
Pendant que Pan Pot envoie du lourd, parlons un peu de la salle : minimaliste mais fonctionnelle avec quelques gradins en arrière du dance floor principal, une seconde scène assez intimiste, des bars avec des barmen en nombre suffisant et des chiottes propres et judicieusement réparties. On pourrait y passer tout le week-end …

On pourrait, mais on ne va pas le faire … C’est ce que je rappelle à EG d’ailleurs, sur le coup de 6h, littéralement survoltée depuis l’excellente prestation live de Paul Brtschitsch.
J’avoue que suis assez chaud aussi de mon côté, porté par l’incroyable ambiance qui règne dans le lieu. Le miracle berlinois se produit devant nos yeux ébahis de parisiens : les gens sont déjantés mais se comportent de façon irréprochable : pas de blaireaux agressifs ni de dragueurs maladroits. Ave Maria ! On est au paradis !

Peu avant 7h, faut bien se résoudre à décamper car demain (tout à l’heure), on libère la piaule à midi : une tentative désespérée de négociation d’EG auprès du réceptionniste de l’hôtel n’y changera rien : 4h30 de sommeil, point barre. Ici on rigole pas avec le check out.
C’est peut-être mieux comme çà : grâce à une nuit courte mais réparatrice, le dernier après-midi du dimanche nous aura permis d’approfondir la visite de la ville et de se ressourcer un peu, au lieu de comater comme des loques.

On a passé 4 jours à Berlin, mais on a l’impression d’en avoir vécu 10 !

En montant dans le nachtzug de 21h vers Paris, mon plan est déjà arrêté : je reviendrai.

 

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 13 avril 2008

Deuxième jour à Berlin et forcément, la pression monte : après une première journée concluante, on se dit qu'il faut continuer sur la lancée à la faveur du week-end. Pas de problème, avec EG on relève le gant ! Berlin, c'est chez nous !

Et pour bien commencer la journée, rien de tel qu'un excellent früstück dans un petit café bio-branchouillo-sympathique qui se trouve à deux pas de l'hostel. Soyons clair, ce petit restau sur Warschauer Str. où des jeunes filles piercées et néanmoins charmantes vous servent des petits sandwiches délicieux et des patisseries à se taper le cul par terre est un must ! En plus, y a 50 sortes de thé bio différentes pour accompagner tout çà, évidemment à prix sehr sympatisch : la joie vient du ventre.

Après la nourriture, nous avons rendez-vous avec la culture. Le Hamburger Bahnhof Museum est la mecque de l'art contemporain à Berlin, dans un cadre architectural tout à fait remarquable et on se régale : les grands classiques américains (Warhol, Liechtenstein, Judd, Stella, Wesselmann, Flavin) sont là et aussi la fine fleur locale (Beuys, Bäselitz, Kiefer, A.R. Penck, Richter). 
 
Les préliminaires diurnes étant passés, le choix de la soirée nous réserve un fichu dilemne : le Watergate, club soit disant ultra-branché donnant sur la Spree, avec quelques valeurs montantes de la scène minimale berlinoise dont la prometteuse Ada, ou bien l'institution Berghain/Panoramabar qui accueille notre Garnier national pour un set all night long.

Géographiquement, tout ça est a peu près dans le même périmètre. Bien que situé dans Kreuzberg, le Watergate se trouve à une encablure de Friedrichhain, de l'autre côté de la Spree ; le Berghain, lui est planqué au milieu d'une espèce de zone industrielle à moitié désaffectée à deux pas d'Ostbahnhof. Ca se tient.

Bon, du coup, le before dans les bars de Friedrichhain s'impose de façon assez évidente : le quartier est réputé pour ça, mais reconnaissons-le, y a pas que du top. On finit par trouver notre bonheur au Kunstliche Beatmung, dont la déco est assez originale, classieuse sans être pédante. Les consos sont pas chères (quelle surprise) et la DJette chauve qui officie aux platines se débrouille pas mal dans un genre indéfinissable, techno-rock-banghra.

Entre Ada et Garnier, on choisit la nouveauté, normal, mais avant de foncer vers le Watergate, ravito vite fait bien fait au take away indien du coin de la rue ! La sauce qui accompagne les beignets est trop sucrée mais les tenanciers du boui-boui sont super gentils.

Arrivés devant la porte du Watergate, il est a peine une heure et y a pas foule. Et là, coup de théâtre ! Refoulés ! EG et moi ! on aura tout vu ! nous faire çà à nous, le duo infernal du clubbing à qui aucune porte ne résiste ! Cherchez pas le pourquoi du comment, ça le mérite pas : pas assez habitués, et tout le tralala, les mêmes conneries qu'à Paris.
Le mythe berlinois en prend pour son grade, mais on se console quand même en se rappelant que cette boîte est du genre jeunesse dorée dixit le guide (pas si mal, le guide) et voilà, on est vendredi, tout çà, va savoir ...
La prochaine fois, on boycottera, na ! à moins qu'on y retourne un mercredi, jour de semaine théoriquement qui semble bénéficier d'une excellente programmation dans ce club, à en croire les flyers.

En attendant, on est bredouilles et il est plus d'une heure ! Repli stratégique vers le Berghain à un quart d'heure de là, où une queue de 3/4h sous la pluie battante nous attend. EG fait toujours sa rebelle brestoise habituée aux embruns et n'a prévu ni capuche, ni pébroque ! Bravo !
Ca avance doucement, mais sûrement : des troupeaux de touristes un peu naïfs, français, italiens, espagnols, se font gentiment refouler, attirés probablement par la tête d'affiche, les pauvres !
Nous, on est pas mécontents, ça fait de la place, vu que ça a déjà l'air blindé, mais en même temps vu le vent qu'on s'est pris juste avant, c'est pas ce soir qu'on va jouer les marioles. Profil bas ...

Avec EG, on assure le coup : concentration optimale devant le physio, attitude modeste et détachée. 10 ans de pratique... Ouf ! aucun souci finalement pour entrer : ici, il suffit de pas être bourré et de pas débouler en minibus.

Une fois à l'intérieur, on est pas déçus du voyage, à commencer par le ticket d'entrée : 10€ pour Garnier, ça le fait. Staff ultra professionnel et poli au contrôle et aux vestiaires. On est pas chez les blaireaux.
Question configuration des lieux, le club occupe les deux derniers étages d'un bâtiment industriel qui en compte quatre, et c'est une ancienne brasserie. Avant on y fabriquait de la bière, maintenant, on la picole, la boucle est bouclée... hé! hé!

D'habitude, il semble qu'il y ait deux scènes différentes sur les deux étages, mais là, pour la venue de l'enfant prodige de l'Hacienda, seul l'étage principal est ouvert. Du coup, le floor est complètement blindé. Le bar immense occupe presque la moitié de la salle, face aux platines, ici aussi de plein pied. Un espèce de couloir glauque jalonné de petits réduits de 2m sur 2 longe la salle : ces réduits devaient être des locaux techniques du temps de la brasserie et on trouve encore sur les murs des cadrans et autres instruments industriels bizarres ...

Bon tout çà, c'est bien gentil, mais le bar de la salle principale est inaccessible. Heureusement, mon flair me guide vers le bar "off", où il n'y a qu'une seule barmaid, mais quelle barmaid ! Nan, elle est pas du tout sexy, mais par contre, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi efficace à un bar. Respect ! Du coup, on est encore partis pour picoler ce soir ...

Et si on transférait l'ambassade de France à Berlin au Berghain ? Seul problème, refourguer à un prix décent l'horrible blockhaus de Pariserplatz, qui a coûté un bras au contribuable ...

Aux platines, un événement majeur, presque un miracle, se produit : ce bon vieux Lolo se transcende et nous livre un set comme il en avait le secret il y a quelques années, avant de tomber dans la mode "éclectique-mou du genou-j'aime toutes les musiques".

Allez savoir pourquoi, est-ce le fait d'être à Berlin, référence électro du moment, qui l'incite à retravailler les fondamentaux auprès d'une assistance qui ne le voit pas aussi souvent que le public parisien ? Quoi qu'il en soit, on est finalement tombés sur le bon cheval ce soir, avec un excellent set techno-house à la fois actuel, exigeant et dansant : Garnier, homme de la synthèse.

A 6h, EG et moi on a notre compte, fatigués mais ravis d'avoir retrouvé notre ami de 15 ans. Pour relancer la passion dans un vieux couple : rien de tel qu'un petit séjour à l'étranger, pas vrai ?


Adresses :
Früstück (dont j'ai oublié le nom) sur Warschauer Str.,côté Est, 100m au sud de Grünberger Str., sandwichs et patisseries maison et bio, de 2€ à 3€
Kunsliche Beatmung, Simon Dach Str., bière 2€
Watergate, Falckenstein Str. (juste à coté du pont, au bord de la Spree), tarifs non connus, et pour cause ...
Berghain/Panoramabar, am Wriezener Bahnhof (impasse donnant sur la Strasse der Pariser Kommune), entrée 8-10€, bière 3€










par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Samedi 5 avril 2008

Chers lecteurs, je vous ai laissés il y a quelques jours au milieu d'un suspense insoutenable : quelles sont les dernières révélations fracassantes de Marie-Monique Robin dans "le Monde selon Monsanto" ? Que nous réserve l'inique loi en cours d'examen à l'assemblée sur les OGM et qu'est-ce que peut faire l'opposition ?

Eh bien ! bande de larves !!
J'espère que vous n'avez pas attendu la suite de mon article comme un plant de soja transgénique attend sa giclée de Roundop quotidienne !
Normalement, à cet instant, vous avez dû déjà visionner le docu de Marie-Mo, lire la presse sur le débat parlementaire, envoyer un message de soutien aux députés verts qui sont en première ligne à l'assemblée et, le cas échéant, coincer votre député UMP dans une ruelle sombre pour lui parler du pays !

Rassurez-vous, je m'emporte un peu là, mais si c'est pas encore fait, vous pouvez encore vous rattraper et je vais pour cela vous donner quelques éléments supplémentaires pour vous motiver ...


Ainsi, nous en étions à la longue liste des enseignements factuels fournis par le documentaire de MMR ...
Je voulais vous parler un peu du tiers-monde car, comme chacun sait, le Sud est souvent le laboratoire de l'occident pour tester toutes sortes de calamités industrielles ou militaires et du coup, en regardant de ce côté, on peut avoir une idée de ce qui nous attend dans un avenir assez proche. Euh..., un peu comme les mutants dans la piscine de Minority Report qui voient les crimes se produire à l'avance et qui préviennent Tom Cruise pour qu'il aille arrêter les méchants qu'ont encore rien fait ! Trop classe !

Bref ...

12. La firme Monsanto se livre depuis plusieurs années à l'acquisition massive des compagnies, anciennement nationales, qui commercialisent les semences conventionnelles dans de nombreux pays du tiers-monde (Afrique, Amérique Latine, Asie).
Quand on sait que Monsanto détient par ailleurs une position quasi monopolistique sur le marché des semences transgéniques à travers le monde, on ne peut que constater la forte concentration des activités de vente de semences, conventionnelles ou transgéniques, dans les mêmes mains de la firme.

13. En Inde, Monsanto a conquis la plus grande part du marché des semences de coton, grâce au "coton BT" vendu comme ne nécessitant pas de traitement pesticide contre de nombreux parasites grâce à la manipulation transgénique dont il a fait l'objet. Néanmoins, de nombreux paysans indiens sont conduits au sur-endettement et à la faillite en raison, d'une part, du prix élevé des semences Monsanto qui augmente leurs charges et, d'autre part, de rendements constatés, inférieurs à ce qu'ils escomptaient. Il faut noter en outre que ces paysans "passés" à la culture OGM ne sont pas dispensés pour autant de procéder à un certain nombre de traitements pesticides coûteux, malgré le bénéfice théorique du BT.
La région de l'Inde où l'on cultive massivement le coton connaît actuellement un drame humain et social sans précédent avec une recrudescence de suicides de paysans ruinés et un exode rural massif vers les bidonvilles des métropoles indiennes.

14. Au Mexique, la culture des OGM, et notamment celle du maïs transgénique Monsanto, n'est pas autorisée par les pouvoirs publics. En revanche, la consommation de maïs transgénique importé des Etats-Unis est possible et le prix de commercialisation de ce dernier est largement inférieur à celui du maïs local.
Les agronomes de l'administration mexicaine ont constaté que de nombreux plants, issus des innombrables variétés de maïs du pays, avaient été contaminés sur une grande partie du territoire. Cette contamination, due à la simple dissémination accidentelle de grains de maïs transgéniques dédiés à la consommation menace l'inestimable réserve de biodiversité que constituent les variétés autochtones de maïs mexicain.

15. En Argentine et au Paraguay, hausse de la demande mondiale en "agro-carburants" aidant, une grande partie de la surface agricole est aujourd'hui occupée par le soja transgénique Monsanto. L'expansion des surfaces dédiées à cette culture semble irrésistible alors que dans le même temps les petites exploitations qui produisent une agriculture vivrière disparaissent.
Alors que l'Argentine a été le premier pays d'Amérique du Sud à accepter la culture des OGM, le Paraguay voisin avait jusqu'il y a peu proscrit ce type de culture. Mais la dissémination "naturelle", et peut être aussi l'introduction frauduleuse de plants de maïs transgéniques dans le pays, ont abouti rapidement à une proportion de maïs Monsanto telle que les autorités paraguayennes ont été obligées d'entériner cet état de fait et autoriser la culture des OGM sur leur territoire.
Dans ce pays, les quelques fermes traditionnelles qui tentent de survivre au milieu de "l'océan du soja transgénique" sont durement touchées par la pollution causée par l'usage intensif des herbicides déversés sur les champs voisins de leurs cultures.
Les ouvriers agricoles des grandes exploitations de soja travaillent avec une protection rudimentaire contre les produits toxiques qu'ils manipulent et les populations des fermes ou villages riverains des plantations sont également exposées et menacées sur le plan sanitaire.


Retour en France. La semaine passée, le gouvernement a soumis au parlement un loi censée traduire les principes arrêtés par le Grenelle de l'environnement en matière de contrôle de la culture des OGM.
En fait, cette loi entérine et autorise la culture d'OGM en plein champ à côté des cultures conventionnelles en vertu d'un principe de liberté équivalente des agriculteurs de produire avec ou sans OGM. Ce principe est un sommet d'hypocrisie puisque même les plus modérés des observateurs (dont cette chère Corinne Lepage) conviennent que la culture en plein champ d'OGM aboutira rapidement à une contamination progressive et irréversible des cultures conventionnelles.
Il n'y a donc dans cette loi aucune garantie de "liberté de cultiver sans OGM". C'est tout bonnement la fin des cultures conventionnelles sur le modèle paraguayen et la mise sous tutelle économique des agriculteurs sur le modèle indien ou nord-américain (avec force procès au besoin de la firme Monsanto, qui revendiquera des royalties sur ses brevets à l'encontre des récalcitrants) qui se profilent à moyen terme. A plus court terme, c'est l'existence des labels "agriculture biologique" qui ne peuvent tolérer que quelques traces d'OGM dans leurs produits qui est condamnée.

Pour endormir l'opinion, le gouvernement s'abrite derrière deux arguments fallacieux.
Primo, cette loi serait dictée par Bruxelles, le bouc émissaire de service toujours utilisé par la droite pour faire passer ses lois scélérates : foutaises, de nombreux pays européens ne prennent heureusement pas les mêmes dispositions actuellement, et quand bien même, la France a toujours su refuser d'appliquer les directives européennes, telles que Natura 2000 ou les réglementations sur la chasse, quand il s'agissait, par exemple, de servir la soupe aux lobbies chasseurs.
Secondo, les accords du Grenelle seraient préservés et Borloo plus écolo qu'écolo en vertu du moratoire prononcé par Sarko sur le Monsanto 810 (le fameux maïs). Mais la portée de cette décision est limitée à ... 6 mois.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement et la sémillante NKM, secrétaire d'Etat à l'écologie et vice-présidente de l'UMP (et aussi maire de Longjumeau, mais ça n'a rien à voir, sauf démontrer que c'est superwoman cette femme, trois jobs en même temps ...) ne contrôlent pas leur majorité. Ainsi, le progressiste groupe UMP du Sénat n'a pas trouvé mieux que d'alourdir le texte du gouvernement en assouplissant les quelques dispositions qui pouvaient constituer un semblant de régulation de la culture des OGM. La version de la loi qui est sortie du Palais du Luxembourg pour être débattue à l'assemblée est tellement inique et régressive par rapport aux accords du Grenelle que plusieurs parlementaires UMP se sont élevés et opposés publiquement à celle-ci dont le sénateur Legrand.


Les faucheurs volontaires d'OGM, emmenés par José Bové, leader syndical paysan, Noël Mamère, député Vert et Gérard Onesta, député européen et vice-président Vert du parlement européen, ont été condamnés à plusieurs reprises à des peines de prison (allant jusqu'à de la prison ferme pour Bové) et à des amendes individuelles s'élevant à 100.000€.
La firme multinationale Monsanto a été condamnée par le tribunal de Lyon à une amende de 15.000€ pour publicité mensongère concernant le faux caractère biodégradable de l'herbicide Roundup.


Consolation : alertés par les associations écolo et le mouvement des "faucheurs volontaires" d'OGM, les députés verts et quelques députés PS éclairés sur le sujet, dont les excellents députés Martin (Gers) et Delphine Batto (Deux-Sèvres, chez Ségo), ont réussi à fédérer et mobiliser l'ensemble du groupe PS dans une guérilla d'amendements qui a permis d'obtenir quelques résultats intéressants. Entre autres, adoption d'un amendement défensif sur les terroirs AOC et obtention d'un vote solennel (vote individualisé) de la loi à l'assemblée, ce qui permettra de faire prendre ses responsabilités à chaque député UMP et NC.

A l'heure où j'écris ces lignes, la messe est dite. Le formidable système démocratique de la 5è république aura eu raison de l'opinion des 80% de citoyens qui sont opposés à la culture en plein champ et à la consommation des OGM, des promesses foireuses de Sarko issues de la mascarade du Grenelle, de l'opposition massive transpartisane d'une majorité d'élus locaux et des craintes de plusieurs centaines de parlementaires de la nation.

Allez, désespérez pas les petits ! pour vivre en bonne santé et élever vos enfants en les préservant des pollutions pesticides et des allergies, il vous reste encore les îles Kerguelen et la Papouasie Nouvelle-Guinée ...


 

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mardi 1 avril 2008

L'amie de la semaine pourrait bien malheureusement être l'amie de l'année, voire de la décennie, voire ...

Je l'ai vue hier, de mes yeux, vue ! A l'assemblée nationale, cool ! Une tonique quadra, ou quinqua (allez je sais pas, pardonnez-moi chère amie), mais ce qui m'a impressionné chez elle, c'est pas sa charmante personne, c'est son film qu'on nous a projeté, bien sûr.

Cette amie (des restes) de l'humanité s'appelle Marie-Monique Robin et à son corps défendant, elle vient, entre autres effets colatéraux, de ringardiser définitivement tous les réalisateurs de films catastrophistes à la mode politique fiction - complot planétaire - big menace sur la planète genre "attention, ça va chier dans le ventilo, bientôt on sera tous foutus".

Aussi, à l'heure où je vous écris, je viens de vachement m'avancer dans mon futur déménagement en foutant à la benne ma collec de vidéos fantastiques d'horreur qui font flipper : Alien ? tu repasseras ; Projet Blair witch ? ha! ha! ha! même pas peur ; l'armée des 12 singes ? pourquoi pas les Bisounours pendant qu'on y est ?

Allez! là, je rigole, j'essaie de détendre l'atmosphère ..., mais je me mens à moi-même. En fait, j'ai le cafard à donf ...

Ben voui, le problème avec Marie-Mo, c'est qu'elle bosse pas pour Hollywood. Elle fait ni dans la fiction, ni dans le futur qui se passera quand on se baladera sur les anneaux de Saturne ou quand les poules auront des dents. Nan, plus modestement, elle a décidé de faire dans le présent, façon vrai de vrai, documentaire quoi ...

Le film de Marie-Mo est passé à la télé, en prime time, et a déjà fait un tabac.

Dans les milieux avertis j'entends. Spectateurs d'Arte (2%), écolos (5%, si on met bout à bout le score des trois candidats aux présidentielles - beau résultat collectif soit dit en passant), lectorat des Inrocks (1%), ce qui nous met encore loin des 8%, l'intersection entre ces trois catégories étant non négligeable.
Ajoutons quelques traces d'audimat intéressées professionnellement par le sujet : journalistes, parlementaires et autres corporations exotiques... Si y a une personne sur 10 dans ce pays qu'a vu ce film ou qui sait de quoi il cause, c'est le bout du monde !

Je ménage le suspense, vu que le scénario est d'enfer et vous fera faire plein de cauchemars ! Pas tous les jours qu'on tient une histoire comme çà.

Bon, je crache le morceau : çà s'appelle "le Monde selon Monsanto".

Là, quand j'écris M-O-N-S-A-N-T-O, je serre les fesses déjà : Monsanto, c'est une firme superpuissante qu'a des armées de juristes qui surveillent tout ce qui se dit et s'écrit sur elle sur cette planète pour "défendre ses intérêts". Un mot de travers, et mon blog est interdit illico et je me retrouve convoqué au tribunal dans le Missouri ! Brrrrr..., il est peut-être déjà trop tard ... Allez savoir !

Comme j'ai envie de vous garder comme lecteurs, cher amis, je vais adopter une super-stratégie pour pas être convoqué par l'attorney du comté de Montcul : je vais citer le film de Marie-Mo, hé! hé!
Vu que son film a pas été censuré et qu'à ma connaissance, elle a pas encore été condamnée à payer une amende de 12 milliards de dollars, j'ai ma chance !

Des faits, rien que des faits :

1. Monsanto détient aujourd'hui 90% du marché des semences de plantes transgéniques cultivées dans le monde, elle est le leader mondial des biotechnologies et contrôle de nombreux brevets qui obligent les paysans à acheter à prix élevé des nouvelles semences à chaque saison car il n'ont pas le droit de conserver des semences issues des produits Monsanto.
Chaque année, Monsanto gagne plusieurs centaines de procès intentés à des agriculteurs américains, accusés d'avoir réutilisé des semences Monsanto ou ayant des plants Monsanto dans leurs champs prétendus conventionnels. A l'issue de ces procès, de nombreuses exploitations sont conduites à la faillite.
Comme la contamination d'un champ conventionnel par un champ OGM "voisin" est possible, il est très difficile pour les paysans américains qui font du conventiel de pouvoir garantir le zéro-OGM dans leurs champs.

2. Monsanto est la firme qui produit et commercialise l'herbicide le plus vendu dans le monde, Roundup. Roundup est utilisé par de nombreux paysans dans le monde qui cultivent des plantes transgéniques Monsanto qui ont été génétiquement modifiées pour résister aux herbicides les plus puissants justement, dont le Roundup.

3. Monsanto a été condamnée par les tribunaux pour publicité mensongère car elle prétendait dans les publicités et sur les emballages que Roundup était biodégradable, ce qui est faux. En France, Monsanto a été condamnée à une terrrrrible amende de ... 15 000 € pour cette infraction.

4. Avant cela, Monsanto a déjà été condamnée plusieurs fois aux Etats-Unis pour avoir dissimulé des informations prouvant des pollutions et pour avoir causé des maladies et infirmités diverses à des riverains de ses installations industrielles.
Le cas le plus connu est l'affaire d'Anniston où plusieurs centaines de citoyens américains ont obtenu réparation en millions de dollars (!) pour une pollution extrêmement grave sur le plan sanitaire. Néanmoins, aucune condamnation à de la prison n'a été prononcée à l'encontre des responsables de cette pollution, dirigeants d'une filiale de Monsanto.

5. Pendant la guerre du Viet-Nam, Monsanto a produit et fourni à l'armée américaine les quantités industrielles de dioxyne, composant de base de l'"Agent Orange", puissant défoliant déversé sur la jungle viet-namienne, qui ont causé de nombreuses victimes chez les populations civiles viets et chez les soldats américains exposés. Aujourd'hui encore, de nombreux enfants naissent au viet-nam avec des malformations qui sont la conséquence de cette pollution massive à la dioxyne. La responsabilité morale de ce désastre incombe bien entendu au gouvernement des Etats-Unis de l'époque.

6. Il y a quelques années, un scandale a éclaté au Canada suite aux révélations de plusieurs scientifiques qui ont dénoncé la menace sanitaire constituée par l'utilisation d'hormones de croissance bovine sur les vaches laitières, produit développé et promu par la firme Monsanto.
Les maladies développées par les vaches laitières et les substances indésirables retrouvées dans le lait issu de ce procédé (pus lié aux maladies des vaches, fortes concentrations d'antibiotiques, miam!) ont convaincu les autorités canadiennes d'interdire l'utilisation de cette hormone sur leur territoire.
L'Europe s'est alignée sur la position canadienne. En revanche, les autorités américaines, via la FDA, qui juge de la conformité sanitaire des aliments et médicaments aux Etats-Unis, continuent à autoriser l'utilisation de ce produit sur leur territoire.

7. Pendant la période 1987-1992, où George Bush sénior fut successivement vice président puis président des Etats-Unis, Monsanto a investi des sommes considérables afin de développer et promouvoir les biotechnologies basées sur l'utilisation alimentaire des OGM. Une vidéo, tournée lors de la visite de G. Bush dans un laboratoire Monsanto, montre le président de la firme manifester auprès du vice-président des Etats-Unis "son impatience face aux contrôles tatillons réalisés par la FDA et le ministère de l'Agriculture" sur la technologie des OGM. Peu après l'arrivée au pouvoir de G. Bush, la firme Monsanto a obtenu les autorisations tant attendues et a pu conquérir le marché intérieur américain des semences transgéniques.

Décidément, le fiston atteindra jamais la cheville de son papa : dans quelques décennies, ses caprices d'enfant sur le protocole de Kyoto et le réchauffement climatique pèseront pas bien lourd comparés au coup de maître de Senior sur les OGM !

8. Un ancien responsable scientifique de la FDA reconnaît qu'un des premiers produits alimentaires à base d'OGM commercialisé par Monsanto aux Etats-Unis a causé plusieurs dizaines de victimes.

9. Plusieurs responsables de la FDA ont antérieurement et/ou successivement à leurs fonctions dans cet organisme, été employés soit chez Monsanto, soit dans des cabinets d'avocats ou de conseil dont Monsanto était un des principaux clients, dont un certain Monsieur Taylor, grand manitou de la FDA qui avait en charge le programme d'évaluation sanitaire des OGM Monsanto. 

10. L'ancien ministre de l'agriculture sous le premier mandat Clinton reconnaît avoir essuyé un refus massif du reste du gouvernement, aligné sur le ministre du commerce extérieur, lorsqu'il a demandé à ce que des expertises approfondies soient menées pour évaluer le principe "d'équivalence en substance" établi par la FDA. Ce principe assure que les OGM sont biologiquement et sanitairement identiques aux produits de l'agriculture conventionnelle.
Bien que d'anciens responsables de la FDA ne puissent garantir avec certitude la pertinence de ce principe, celui-ci est lourd de conséquences : il implique d'une part, que les produits issus des OGM n'ont pas à être soumis à des études épidémiologiques poussées lorsqu'ils sont introduits sur le marché, et d'autre part, que les consommateurs américains n'ont pas le droit de savoir si l'alimentation qu'ils achètent est faite à base d'OGM ou non. 70% du soja produit aux Etats-Unis est transgénique.

11. De nombreux scientifiques nord-américains ou européens, dénommés sous le terme de "lanceurs d'alertes", ont produit des contre-expertises ou émis des jugements réservés quand ils ont eu à se prononcer sur l'opportunité d'introduire dans leur pays des OGM Monsanto ou quand ils ont eu à évaluer les études de sécurité sanitaire publiées par Monsanto. Systématiquement, ces scientifiques ont avancé qu'il n'avaient pas accès dans ces études aux données statistiques sources, mais seulement à des moyennes ou à des données partielles.
La plupart d'entre eux ont été évincés ou placardés dans leurs organismes suite à leurs prises de positions. Ces experts étaient généralement employés dans des instituts publics ou para-publics de recherche dépendants de fonds privés issus de l'industrie agro-alimentaire et des biotechnologies.


Alors ? Passionnant ! Flippant ! je vous l'avais dit ...
Et c'est pas fini : demain la suite de la liste, avec l'Inde et l'Amérique latine, avant de conclure en évoquant l'actualité parlementaire nationale. Eh oui, le suspense monte ... L'étau se resserre ...

Ne vous impatientez pas : au prochain épisode, je vous fournirai deux informations choc !

La première info, c'est que je vous démontrerai, avec l'aide de Marie-Mo, que la planète est foutue, et l'humanité aussi par la même occasion. OK, c'est pas très fun ...
Mais la seconde info, plus réjouissante, vous permettra de définitivement river le clou aux blaireaux qui vous disent : " ben quoi ? tu crois que Royal, elle aurait été mieux ?"

Ahhhh... Admettez que je vous intéresse !

(à suivre ...)









 

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Dimanche 30 mars 2008

Le nachtzug de 20h40, qui s'était ébranlé une dizaine heures auparavant en gare du Nord, longeait la Spree d'ouest en est. Cette arrivée matinale à Berlin annonçait la couleur.
Si nous n'étions pas descendus dans les quartiers cossus du Zoologische Garten ou du Tiergarten, ni même dans le nouveau centre ville conquis sur l'ancien no man's land, du côté de Hauptbahnhof ou de Friedrichstrasse, c'est bien que nous voulions aller là où la ville vibre et se réinvente chaque jour, à l'est de l'Est. Ostbahnhof, terminus.

Ostbahnhof, auf wiedersehen, nous nous reverrons, c'est certain. En attendant, direction nos pénates pour aussitôt en repartir et explorer la ville. Le tribut au parcours convenu du touriste doit toujours être payé quand on visite une ville : ne pas se surestimer ni avoir pitié de ses pieds.

Pour le premier soir aussi, soyons modestes et révisons nos classiques : un jeudi, Prenzlauer Berg et la soirée au Weekend fourniront un sas de décompression des plus honnêtes pour deux parisiens qui n'ont pas encore pris toutes leurs marques. On ne passe du village à la ville sans prendre quelques précautions.

Comme souvent dans ces circonstances, où l'on a tendance à planifier et prédire ce qui va se passer, le choc viendra d'où on ne l'attendait pas.

Mais avant le choc, ce fut le réconfort, procuré par un délicieux et modique menu bière-soupe-houmos servi dans le bar "alternatif" Morgenrot. Ici, le staff est plus qu'aimable et pas du tout speedé : nous découvrirons bientôt que cette attitude est la norme à Berlin. Sas de décompression ...

Avec une excellente Zuppe et un litre de bière dans le cornet, nous voilà prêts à nous échauffer : justement, le bar dénommé Der Republik, réputé pour sa déco originale et un son décapant, se trouve à quelques pas de là. Imaginez un apart de 15m sur 30 au premier étage d'un immeuble des années 60 en vilain béton, transformé en bar doté de dizaines de sièges et banquettes bordéliquement disposées avec un sound system de club. Le son, dispensé par deux jeunes DJ, est une house minimale des plus érudites et toniques. Avec EG, on sait tout de suite qu'on va rester un petit moment dans ce lieu dont on a toujours rêvé à Paris, d'autant que le bar affiche des prix sympathiques : ici aussi c'est la norme. Sas de décompression ...

L'alcool aidant, s'ensuivit une discussion vaine entre la plus grande clubbeuse de Paris et moi sur le fait de savoir si on pouvait exporter le concept de ce lieu dans la ville lumières. Question à laquelle il fut initialement répondu oui, sous réserve de s'installer à l'extérieur du périph et sans voisins grincheux tout en arrivant à drainer une clientèle substantielle, donc après réflexion, la réponse fut finalement : non. Notre idée folle de projet de bar électro à Paris avait vécue.  Sas de décompression ...

A Berlin, même Mireille Mathieu a la vibe

Vlà-t-y pas qu'il est une heure du mat et grand temps de gravir les 12 étages qui séparent le sol froid d'Alexanderplatz du dance floor du Weekend, boîte mythique implantée en haut d'une tour de bureaux, avec vue panoramique sur Berlin Est et tout et tout ...
Un liftier nous accompagne dans l'ascenseur et EG hallucine. Moi, je connais et sans me la jouer blasé, c'est plutôt d'entendre parler espagnol et italien tout autour de moi qui me fait flipper : les touristes j'aime bien, surtout quand moi aussi j'en suis un, mais on est à Berlin, nicht war ?

Arrivé en haut, une confirmation : ce club vaut vraiment le détour avec son immense bar central, ses banquettes noires qui longent les vitres panoramiques et surtout, ses platines de plein pied avec la scène, qui permettraient quasi de choisir les disques à la place du DJ dans sa musette et de boire dans son verre. Impensable à Paris. Quand on sait que les plus grandes stars de la scène électro allemande se produisent régulièrement ici, ça laisse rêveur. Sas de décompression ...

Côté programmation, les deux larrons de l'écurie BPC, Paul Kalkbrenner et Zander VT, ne nous laisseront pas un souvenir impérissable, mais qu'importe. Dès le premier soir nous avons déjà ressenti l'immense décalage horaire qui sépare les nuits parisienne et berlinoise.

Ce n'est qu'un début. Rien ne sera désormais tout à fait pareil.


Adresses :

Odyssee Hostel, Grünbergerstr., U-Bahn Frankfurter Tor ou S-Bahn Warschauerstr. 20€/p chambre double, lits individuels, 15€/p dortoir
Morgenrot, Kastanienallee, U-Bahn Eberswalderstr. bière (50cl) 1,50€, soupe 3€
Der Republik, Papelstr., U-Bahn Eberswalderstr. bière (50cl) 3€
Weekend, 5, Alexanderplatz (tour Sharp), entrée 8-10€, alcool 4€
par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mardi 25 mars 2008

Chers amis, ne vous impatientez pas car avant de vous narrer notre épopée berlinoise (à ma complice de clubbing et à moi, il faut bien un mois pour s'en remettre), je me dois de vous annoncer par le menu ce qui nous attend dans 6 petites semaines à la confluence des eaux vertes du Rhône et des eaux ocres de la Saône.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, après la branlée mémorable subie par mister Gomina aka le roi des thés dansants de la place Bellecour, la seconde excellente nouvelle en provenance de cette bonne ville de Lyon en ce début mars fut l'annonce tant attendue du programme des Nuits Sonores 2008.


Les lyonnais sauront toujours accueillir comme il le mérite le nouvel arrivant débarqué fraîchement dans la cité des gônes

Fidèle à mon habitude, je ne serai ni exhaustif ni objectif dans ma sélection de soirées et performances soniques. Mais bon, ce n'est pas grave car rien ne garantit de toute façon que j'irai réellement là où je l'annonce.


Mercredi 7 mai
boycott (malgré moi) de l'inauguration car c'est sur invitation : halte aux privilèges !
Mais, dès 23h, pour la modique somme de 27€, programmation tip top limite mainstream à la première des grosses soirées du festival.
Cette année, les grands raouts se passent à l'usine SLI. C'est dans le 9ème, autant dire à dache : espérons que la délocalisation permettra d'assurer étanchéité et néanmoins confort du public, bref tout l'inverse de l'an passé.
Donc dès 23h, la jeune miss Caro, que j'ai connu toute petite en train de mixer au bar Ourcq, ouvrira les hostilités. Rappelons son excellente performance en apéro sonore l'an passé rue de l'arbre sec. Eh ben voilà, elle prend du grade et c'est tant mieux !
A 1h, j'ai noté Hervé AK, dj français signé chez Kompakt qui aura la redoutable tâche de chauffer le bouzin avant que la méga star internationale Jeff Mills ne turbine de 3h à 6h. 3h de set c'est bien : le gars Jeff est toujours généreux ; espérons qu'il soit en prime un peu plus inspiré et novateur que lors de sa dernière prestation au Rex.
Une soirée "stars des années 90" décidément, car pendant ce temps, c'est Underworld, en duo ou en trio, je sais plus, qui fera son come back tant attendu en live de 2h30 à 4h30. Puis, encore un live pour finir en beauté, avec une des grandes révélations de l'année 2007 largement vantée dans ce blog, l'ami Fairmont avec sa chemise de bucheron canadien.

Jeudi 8 mai
Le jeudi, veille de jour ouvré, traditionnellement, c'est le off du festival, avec des soirées gratos dans des boites et tout un tas de prestations inégales dans différents lieux introuvables et improbables.
Ma suggestion : plutôt que de claquer 20 boules pour aller écouter 3 anciennes gloires de la house newyorkaise à la piscine du Rhône, je vais tenter si j'ai le temps les Jardins de l'ELAC, à Perrache, où ça va balancer du minimal de 16h à 23h pour pas un kopeck.
Puis, le soir, 3 programmations en club sortent du lot :
Primo, une soirée à la Chapelle, boîte inconnue au bataillons des francs tireurs parigots, qui se trouverait sur les pentes de Fourvière ou pas loin, avec deux dJ berlinois mystérieux, hé hé ...
Deuxio, une soirée Jungle à la Marquise, avec la réputée Elisa do Brasil, histoire de se faire un sauna ;
Tertio, le buzz du jour, la soirée du Ninkasi Kao près de Gerland, avec un live de 2h à 3h (déjà décrié à l'avance) de Môssieur Gui Boratto, précédé de Hervé AK, son comparse de Kompakt. Dilemne s'il en est : prendre le risque d'aller s'engluer dans l'émeute pour au final être déçu par le trop attendu prodige brésilien, ou alors snober, en se disant qu'il sera toujours meilleur sur ma platine de salon et attendre (un bail à mon avis) qu'il vienne mixer au Rex ... Je balance.

Vendredi 9 mai
Disons le clairement, friday is THE day. Faudra se couper en deux voire en trois.
Pour moi et mes fans (si ils viennent pas, je les déshérite), ça devrait commencer fort dès l'apéro à la Piscine du Rhône, où pour le symbolique écot de 7€ nous pourrons méditer sur les arrangements acoustiques et mélodiques de l'Apparat band avant de guincher sur les galettes du non moins teuton et talentueux Efdemin.
Pendant ce temps, les adeptes de la scène house hexagonale et les fauchés pourront trouver une alternative tout à fait crédible à une encablure de là dans le 7è, en écoutant la revenante Roussia et l'inusable Jack de Marseille notamment.
Sur le coup de minuit, direction l'usine SLI, si elle est encore debout, pour se fader un ping pong marathon de messieurs Garnier et Agoria prévu de 23h à 5h30. Si l'ami Lolo confirme les dispositions très inspirées dans lesquelles nous l'avons trouvé il y a un mois au Berghain à Berlin, cette affaire pourrait nous valoir quelques grands moments car en face, avec Agoria, y aura du répondant.
Pendant ce temps, plan B, mais quel plan B, les férus de son abstract hip hop et hip hop tout court pourront successivement profiter du son érudit de DJ Krush, Antipop Consortium et enfin DJ Food.

Samedi 10 mai
Le samedi devrait être en grande partie consacrée au coma, reconnaissons-le. Mais en début de soirée, un événement de pure grâce que nul être humain normalement constitué ne devrait manquer se produira du coté de la rue de l'arbre sec, pour le désormais classique apéro sonore du bas des pentes. Sensation de cet apéro de 21h à 23h, la charmante, sympathique et talentueuse Clara Moto, récente révélation d'Infiné, nous fera l'honneur de sa visite et nous prouvera, je l'espère, qu'elle est aussi agile en mix qu'en live. Autant dire que mon carnet d'autographes est déjà fin prêt pour l'occasion.
S'il nous reste quelques forces et quelques deniers aussi, on ira peut-être faire le triplé à l'usine machin où une programmation certes moins réputée que la veille, mais à mon avis tout aussi solide, conclura les nuits : aux cotés du trio parisien Pilooski, Chloé et D'Julz, on remarquera le live d'Henrik Schwarz ou le set de Pedro de chez Cadenza.


Ben voilà, les petits, y a plus qu'à espérer que tout çà soit aussi bon en vrai que sur le papier (et surtout que la pluie nous lache un peu cette année!)

 

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Samedi 8 mars 2008
L'économie est morte : telle était la prophétie obscure formulée au beau milieu des années fric par Laibach sur l'excellentissime album Kapital, ovni musical sorti il y a déjà près de 20 ans .

Les bidouilleurs de son de Ljubljana avaient vu juste et c'est le tandem de choc Fillon - Lagarde qui nous en donne la confirmation ultime cette semaine.

Le premier ministre nous avait concocté un teasing d'enfer mardi dernier, en nous promettant une formidable nouvelle pour la France, pas moins. De ce genre de nouvelles qui vous remettent surement  une société en lambeaux sur pieds et donnent tout à coup envie au premier quidam venu d'aller glisser un bulletin UMP dans l'urne le dimanche suivant.

Alors ? Vous nous fîtes languir, Monsieur Fillon ...
Et là, au moment où on s'y attendait pas, coup de théâtre dans le coup de théâtre : ce n'est pas Fifi qui nous révèle le prodige mercredi, mais l'inénarable Christine Lagarde, gardienne des deniers de l'Etat, ou plutôt de ses dettes, et candidate dans mon arrondissement aux municipales (tiens, tiens, c'est vrai que la France va tel-le-ment bien que pour ses loisirs une petite campagne lui permet de s'occuper à la Cri-cri ...).

Donc, accrochez-vous : quelle est cette nouvelle ?
Soins médicaux gratuits ? Baisse des loyers ? Doublement des allocs ? Baisse de l'âge de la retraite ?

Pfff ... Arrêtez un peu de ne penser qu'au social, cher Paquito (c'est moi) : vous voulez qu'il y ait encore plus d'assistés, c'est cela ?

Meu non, la miss Lagarde, elle, elle sait ce qui est important dans un pays, c'est pas le bonheur des gens, nan, nan : c'est ... l'é-co-no-mie !! Elle l'a dit texto : "c'est une excellente nouvelle pour l'économie". Faut pas confondre ...
En 2 minutes de blabla à l'antenne, elle a pas dit une seule fois "société", ou "les gens" ou même "les français", nan ! Une variante du "ni oui, ni non" sûrement en vogue dans les congrès du Medef : pas prononcer les mots qui servent plus à rien.

Et donc, quelle est la formidable nouvelle pour l'é-co-no-mie ?

Ah, mais oui, j'y suis : la baisse du chômage ! Davantage de gens exploités dans ce pays qui vont travailler plus, sans gagner plus pour autant, c'est formidable : CDD, temps partiel subi, smic généralisé et j'en passe ... Les patrons du CAC 40 vont se goinfrer, c'est cool.

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Cette semaine, à la surprise générale des observateurs, le niveau de la connerie a encore battu un nouveau record


Désincarnée qu'elle est l'économie ! D'un côté, le destin des hommes, de l'autre celui des entreprises. Morte l'économie ... Hégémonique, mais morte.

Et puis, y a pas qu'en faisant marner les gens en les payant à coup de lance-pierres qu'on baisse le chômage, eh non. Y a une autre combine, bien rodée qui donne son plein rendement : c'est de radier les inscrits à l'ANPE pour les coller au RMI, voire à pas de RMI du tout ... Et voilà, pschittt ! disparus les chômeurs ... hé ! hé ! Fillon trop fort !

Bon alors, moi je dis qu'il faut pas s'arrêter en si bon chemin : on peu viser le plein emploi. 7% de chômeurs avec seulement 20% de pauvres dans le pays, c'est pas optimal encore.

Mais oui, bien sûr ! Je suis sérieux, il suffit d'ouvrir nos vieux livres d'histoire du collège et de regarder les chapitres "Antiquité" ou "Moyen-Age" pour trouver l'astuce.
Pas de chomeurs dans la Rome antique ... La solution ? les esclaves ! Nourris, logés, blanchis ! De quoi tu te plains ? Ou alors, plus moderne, le servage ! pareil : nourri, logé, et protégé par le seigneur en prime, contre les dangereux sarrasins ! En voilà, un programme en béton pour 2012 !

Des fois, l'histoire bégaie comme disait je sais plus qui ... De toute façon, ça sert plus à rien d'être cultivé ; suffit de vouloir travailler : arbeit macht frei.
par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Mercredi 27 février 2008

Pélerinage ? Exploration ?
Révélation ? Confirmation ? Déception ?

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die  nacht ist vorbei, ein neuer tag beginnt, alles strömt, stadtkind
berlin, du gibst mir die kraft, bin teil von dir - stadtkind
 


je parie sur ... Affirmation


(à suivre ...)

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mercredi 20 février 2008
Ken Loach n’est pas un cinéaste militant, mais plutôt un militant qui fait du cinéma. Après la parenthèse lénifiante « Le vent se lève », notre gauchiste de service est revenu, à l’occasion de son dernier film, sur son terrain de prédilection, source d’une inspiration inépuisable : la crise sociale britannique.
 
Ce coup-ci, pas de « Snapper » dans le tiroir, pas de « Van » sur un parking désolé, point de « Navigators » déboussolés à recherche de leur voie (ferrée) ni de « Raining stones » qui tombent sur la tronche des pauvres bougres des Midlands.
 
Guère de poésie et d’efforts de mise en scène non plus, à la différence des précédents opus : la morale et le discours très démonstratifs de Ken Loach ne laissent rien repousser après leur passage et le spectateur est prié de prendre des notes.
 
J’ai pris des notes alors, et me voici au rapport.
 
Le vieux Ken assume de perdre en qualité artistique ce qu’il gagne en efficacité et originalité didactique : se placer délibérément du point de vue de l’exploiteur (–trice en l’occurrence), une mère célibataire qui devient chef d’entreprise immorale, pour mieux démont(r)er la perversité du système néo-libéral qui sévit actuellement en Grande-Bretagne, laboratoire depuis 30 ans de toutes les régressions sociales.
 
Ce parti pris narratif original nous révèle une évidence : la domination du profit sur l’humain ne fait pas que broyer la vie des ouvriers et employés disqualifiés et précaires exploités. Elle emporte avec elle les collaborateurs objectifs de cette machine, les petits auxiliaires de la grande casse sociale que sont les patrons de PME, ingénieurs de production, consultants cost-killers, commerciaux et managers de tout poil.
 
Dans ce grand marasme collectif et mondialisé (youpi !), ce nouveau clergé du dieu « Profit » ne va pas forcément se retrouver à la rue, divorcer ou devenir alcoolique, ou alors seulement au moment de la retraite. Mais avant cela, il perdra à coup son éthique personnelle, le respect de ses parents et de ses enfants, ses rêves de jeunesse et tout ce qui fait que la vie est belle ici bas.
 
Comment peut-on arriver à telle aliénation collective en démocratie ?
 
Un savant dosage paradoxal de conditionnement et d’encouragement à l’initiative pour réussir à exploiter son prochain en toute liberté permet ce remarquable tour de force. Les dictateurs sont largués ; l’avenir appartient nouveaux magnats des médias et de l’industrie.

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Les nouvelles mesures gouvernementales et les allègements fiscaux en faveur des entreprises vont permettre aux forces vives de la société de relancer la croissance hexagonale !

Dans leur immense prison mentale sans murs ni frontières, les insectes humains sont encouragés à user de toute leur ingéniosité pour optimiser la productivité de la fourmilière et asservir leurs congénaires : la grande usine produit du vent mais qu’importe, personne n’a le temps de se demander à quoi elle sert ou ne souhaite le faire, par peur de découvrir la vacuité de la réponse. Quitter la matrice n’est pas sans danger.
 
Oyez ! La tyrannie libérale est en marche, chers amis : remercions le chef de nous laisser encore, pour l’heure, le choix de la sauce à laquelle nous voulons être mangés.
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mercredi 6 février 2008

La France qui se réveille tôt ne vit pas de la rente boursière ni des revenus sans cesse croissants de son patrimoine immobilier.

La France qui se réveille tôt, même si ce n'est pas pour aller travailler, a besoin de prendre des forces et de lambiner quelque peu au lit avant d'aller affronter le pommeau de la douche et la connerie ambiante qui l'attend à l'extérieur.

Conscient de l'apreté de ce combat sans merci qui m'attend presque tous les matins, j'ai décidé d'appliquer scrupuleusement le précepte de ma tante Ursule pour pouvoir relever le défi énergétique tout en surveillant ma ligne : "petit-déjeune comme un roi, déjeune comme un prince et dîne comme un mendiant."

5 jours sur 7, le déjeuner de prince, c'est à la cantine de mon taf, et pour la modique somme de 4€, que ça se passe. C'est un menu plutôt pour prince déchu, mais çà a le mérite d'être fait maison et équilibré : je ne suis pas à plaindre.

Le soir, je suis à peu près dans les clous aussi, avec une domination sans partage de l'élément liquide : ce n'est pas toujours la soupe du pauvre hère, je l'avoue, car d'autres breuvages qu'il n'est nul besoin de réchauffer peuvent aussi offrir réconfort et apport calorique.

C'est donc le matin que le plus gros travail doit être produit. Je souhaite donc vous faire profiter de mon expérience pour vous suggérer un menu de petit déj au lit assez conséquent et gratifiant bien que relativement aisé à mettre en oeuvre.

Ce n'est pas une surprise, vous verrez que le paramètre temps est la clé de voute de tout l'édifice : maîtrisez-le et vous démarrerez votre journée comme un obus, prêt à en découdre avec tous les blaireaux qui croiseront votre chemin ; subissez-le et vous passerez la matinée sur la jente et les sinistres personnages qui vous guettent et vous cernent de toutes parts vous dicteront leur loi.

1. Réveillez-vous avec la radio, de préférence avec un programme de niveau intellectuel supérieur à la moyenne mais pas trop éliste : le 7 à 9 de France Culture animé par Ali Baddou et ses sbires convient parfaitement, avec pour débuter par exemple, le journal de 7h00.

2. Levez-vous énergiquement avant les premières choniques insipides de 7h10-7h20 : Corinne Lepage qui nous inflige son médiocre verbiage du lundi (mais elle est pas en campagne électorale au fait ?) ou la rubrique économico-internationale super-chiante de je sais plus qui les autres jours. Fuyez ce marasme pour vous réfugier dans la cuisine et faites dans l'ordre : griller votre pain et passer votre café (ou infuser votre thé, voire plus basiquement chauffer de l'eau pour mettre dans votre ricoré soluble comme votre serviteur).

3. Une fois votre boisson chaude versée dans votre tasse, le pain est théoriquement grillé : disposez-le immédiatement dans une petite assiette pour qu'il refroidisse avant d'étaler le beurre dessus.

4. Pendant que le pain tiédit, sortez du frigo : le beurre (tendre en barquette, pour plus de facilité à tartiner), du fromage et votre confiture préférée.

5. Joker : si vous appliquez déjà ma méthode depuis quelques semaines, vous êtes super en forme le soir et avez peut-être pu préparer la veille un "crumble express" (marque déposée) dans une verrine individuelle dont je vous donne la recette en fin d'article. Si oui donc, sortez-le aussi du frigo et faites le réchauffer au micro-ondes.

6. Pendant que le pain finit de refroidir, découper votre fromage en lamelles afin de pouvoir garnir une ou deux tartines (selon votre appétit).

7. Tartinez le beurre sur le pain et garnissez vos tartines avec le fromage et la confiture. Personnellement, je suis mono-maniaque de la confiture de figues, mais une autre confiture peut faire l'affaire. En revanche, à moins que vous ne soyiez complètement addict, je vous déconseille le miel qui est extrêmement fluide et coulera imanquablement en dehors de la tartine au bout de quelques instants ce qui est agaçant le matin.

8. Sortez le "crumble express" du micro-ondes et complétez le plateau avec quelques fruits secs : abricots ou figues. Comme j'ai déjà de la figue dans la confiture, je donne pour ma part la préférence aux abricots.

9. De retour dans votre chambre, lorsque vous vous asseyez dans votre lit avec votre plateau sur les genoux, il ne doit pas être plus de 7h25 : c'est le moment de se délasser et profiter de l'excellente chronique internationale d'Alexandre Adler, qui ne cesse de devenir de moins en moins réac (prodige !) et qui a toujours un jugement pertinent sur tout ce qui touche particulièrement ses dadas : Maghreb, Moyen-orient ou Russie.

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10. Pendant que vous dégustez le crumble, écoutez le journal de 7h30 qui vous permet de mieux appréhender les infos du jour, car à 7h00 vous n'étiez pas bien frais... Enchaînez avec les tartines pendant que Cécile de Kervazdoué nous récite (mollement) sa revue de presse internationale, bien trop souvent monothématique.

11. Vers 7h35-7h40, alors que vous vous apprêtez à conclure le petit-déj, remémorez-vous vos années de lycée en écoutant Jean-Gérard Slama nous lire sa dissertation de 1ère sur un sujet qui concerne toujours en principe l'invité du jour. Admirez son incroyable maîtrise de la thèse-antithèse qui devait immanquablement lui valoir des 16/20. Pas plus de 16 toutefois, car la synthèse de JGS est souvent faiblarde et ce n'est pas Ali Baddou, beaucoup plus conformiste à cette heure que sur le plateau de Canal le soir (quel contraste ! mais lequel est le vrai Ali ?), qui peut y changer quelque chose.

12. Il est 7h45, vous pouvez filer à la douche. Si vous êtes d'humeur badine, avant de partir au boulot, rigolez un bon coup en écoutant le clown de service (involontaire) alias Olivier Duhamel et ses incroyables imitations d'hommes et femmes politiques vers 8h20. Le fond n'a aucune importance, tout l'intérêt est dans ses intonations de voix : franchement tordant.

Voilà, avec çà, si vous avez pas une patate d'enfer, je me rue à la maison de la radio samedi matin sur le coup de 8h pour aller mendier une photo dédicacée à Alain Finkelkraut avant que les flammes de l'enfer ne m'engloutissent.


Bonus
Recette  du "crumble express" pour 2 personnes (2 verrines individuelles) : le crumble express se prépare en 10 mn top chrono et cuit en 15-20 mn supplémentaires.

t : mettez une poele de petite taille à chauffer sur le gaz, feu assez fort, et verser un trait d'huile dans la poêle. Mettez en même temps votre four à préchauffer, thermostat 7.
t + 30s : saisissez une pomme bio de l'AMAP Nation, votre épluche-légumes. coupez la pomme en 4, enlevez le trognon et pelez-la
t + 2mn : coupez chaque quart de pomme en 4 plus petits croissants d'1cm d'épaisseur en gros et versez dans la poele
t + 2mn 30 : dans un petit saladier, versez 3 cuillers à soupe bombées de farine, 1 cuiller à soupe bombée de sucre en poudre et un trait de canelle. Mélangez.
t + 4mn : sortez une plaquette rectangulaire de beurre doux du frigo, coupez une tranche d'environ un cm d'épaisseur que vous débitez en 4 ou 5 morceaux et mettez dans un ramequin.
t + 4mn 30 : mettez le beurre à fondre au micro-ondes, 30 sec à 500 W doivent le faire.
t + 5mn : retournez les pommes à moitié cuites dans la poele et baissez le feu à niveau moyen. Couvrez.
t + 5mn 30 : sortez le beurre du micro-ondes (il doit être liquide ou quasiment) et versez-le bestialement dans le saladier sur le mélange farine - sucre. Mélangez grossièrement avec une cuiller pour que toute la farine soit à peu près humidifiée par le beurre fondu. Coupez un peu les gros agrégats pour faire des petist agrégats d'1 cm de diamètre grand maximum. Réajustez avec un peu de beurre fondu ou de farine si trop sec ou trop humide (temps dédié à cette correction non compris dans le timing de la recette : vous vous êtes planté, vous êtes planté ...).
t + 7mn : sortez votre pot de miel et vos deux verrines (ou ramequins type verres à sangria)
t+ 7mn 30 : faites tourner un peu les pommes dans la poele et baissez à feu doux. Versez 2 cuillers à café de miel sur les pommes, mélangez un peu et couvrez.
t + 8mn 30 : retirez les pommes du feu, versez les pommes dans les verrines de sorte à laisser au moins 1cm et demi entre le niveau des pommes et le rebord
t + 9mn : versez la pate sur les pommes pour recouvrir complètement la surface de la verrine. Normalement çà doit tenir ...
t + 10mn : enfournez

Pendant la cuisson, vérifier la couleur de la pate au bout d'un quart d'heure : si elle est bien dorée, c'est prêt.
Sinon laissez encore 5mn en montant le thermostat à 8, ou alors en mettant carrément en position grill sur thermostat 10, pendant 1mn ou 2 maximum, mais alors en surveillant sinon c'est brûlé !!

 

par paquito publié dans : La recette du jour
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Agenda

du 14 au 31 mai, le REX fête 20 ans de musiques électroniques avec de nombreux DJs de haute volée.

Ma sélection :
14/05 magda, heartthrob, troy pierce
16/05 agoria, boys noize, modeselektor
17/05 anja schneider, mle caro, martin buttrich, damien lazarus
21/05 kittin, hacker, robotnick
22/05 DJ deep
23/05 jack de marseille, dave clarke
24/05 chloé, jennifer, ellen allien, dapayk & padberg
25/05 maurizio feat. tikiman
28/05 roni size
29/05 djul'z, luciano
30/05 jeff mills (all night long)
31/05 laurent garnier (all night long)

et aussi :

07/06 villalobos @ welove ...

tous les premiers vendredis du mois au Chéri(e), John Jastszebki, un ptit gars sympa

du 14 au 17 août, Astropolis 2008 (programmation disponible sur le site du festival)
 

Playlist

production
villalobos, fabric 36
sascha funke, mango
chloé, the waiting room
gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
fairmont, coloured in memory

DJ set
jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
tobias thomas, fur dich
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
magda, she's dancing machine
audion, fabric 27

la track qui tue
axel bartsch, rock'n roll

revival
leftfield, leftism
inner city, big fun
davina, don't you want it

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