Vendredi 16 octobre 2009
Jésus Christ l'a dit ; Sarkozy l'a fait.
NICOLAS Sarkozy dois-je préciser, car désormais Jeannot se fait lui aussi un prénom.

Jean Sarkozy, cancre en chef de sa fac de droit (bac + 1 à 23 ans, pas mal ...) se voit donc donnée l'opportunité providentielle d'occuper le poste de président l'EPAD, auparavant réservé aux grands commis de l'Etat ou à des élus chevronnés.

Mais ce cas n'est pas isolé, n'en déplaise aux polémistes adeptes de "chasse à l'homme" (ouh! les vilains anti-jeunes !) qui accusent le petit Jeannot d'être un pistonné.
Non, voyez Bernard Laporte, roi du placage à retardement et du jambon Madrange qui fut un temps Secrétaire d'Etat, David Douillet, le prince du tatami et de la pièce jaune, en passe de rédiger des projets de loi au palais Bourbon, ou encore la sémillante Rachida Dati, que l'absence de diplôme supérieur n'a pas empêché d'être Garde des Sceaux.

Loin de l'élitisme de la droite à papa, l'UMP met donc en oeuvre une politique ambitieuse de promotion de talents insoupçonnés, de personnalités exceptionnelles mais n'ayant pu se frayer un chemin à travers le système méritocratique suranné de la vielle France que Sarko entend bouleverser.
A la poubelle l'école de Jules Ferry, les choristes, les grandes écoles, les chroniques d'Alain Finkelkraut et les manuels scolaires. Il est temps de parier sur l'humain, sur son inépuisable potentiel, bien souvent bridé par un système scolaire injuste, aux mains d'une caste de feignasses gauchistes qui passent leur temps en vacances, faut-il le rappeler.


Pensez donc : sur cette pelouse du Stade Vélodrome, pour le match Marseille-Sochaux, se trouvait peut-être le futur ministre des Finances de Sarkozy, voire un futur président du conseil constitutionnel ? Avec l'UMP, ensemble, tout est possible !


Nicolas Sarkozy est un authentique soixante-huitard qui met en pratique ce que les gauchistes de salon n'ont jamais eu le cran de faire.
Oui, "il est interdit d'interdire", "sous les pavés, la plage", ok Dany ..., ils étaient pas mal tes slogans, mais regarde : aujourd'hui tu nous dispenses des exposés d'intellos sur l'Europe et les institutions, qu'un français sur cinq à peine peut comprendre ! Elle est où l'émancipation du peuple avec toi ?
Pendant ce temps, la révolution (anti)culturelle est en marche. Nicolas 1er, sauveur de la patrie, donne le pouvoir à tous ceux (de ses amis) qui n'ont pas eu la chance, euh pardon le courage, de faire de brillantes études !

Plus socialiste que Sarko, tu meurs ! Elle est pas belle la France, hein ?




 
Par paquito - Publié dans : Le naze de la semaine
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Samedi 12 septembre 2009
Pour un article de rentrée, tant attendu après deux mois de calme plat sur ce blog, je me devais de vous dénicher un naze de la semaine bien mastoc : eh bien, vous n'allez pas être déçus, vous allez voir, c'est du gros !
Ce triste sire a le don de s'incruster sur tous les plateaux de télé et de susciter moult commentaires affligés de l'intelligentsia parisienne à chaque fois qu'il pond une bouse. Mais cette fois-ci, ça bat tous les records.

Figurez-vous donc, alors que nous sommes en pleine rentrée littéraire, que le bouquin qui fait le plus parler de lui actuellement est un torchon putride intitulé "zéro faute", commis par le penseur de supermarché aka le roi du noeud pap ringard : l'unique et inégalé (heureusement) François de Closets.

Résumons le propos en quelques lignes pour ceux d'entre vous qui auraient passé les deux dernières semaines sur la planète Mars.
Le pauvre François, en dépit de sa grande intelligence (auto-proclamée) a toujours été une pine en orthographe et ça lui a causé plein de torts dans sa néanmoins brillante carrière, avec plein de zéros en dictée.
Mais c'est pas de sa faute, non ! Ni même de ses instits ! C'est de la faute à la vilaine langue française et surtout à tous les conservateurs qui défendent la grammaire et l'orthographe, et toutes ces conneries inutiles qui nous font suer. Parce que voyez-vous, elle est trop compliquée, la langue française. D'ailleurs, les bons en orthographe n'ont guère de mérite : ils ont un don, on pourrait dire, la mémoire visuelle, et brillent sans vraiment avoir eu besoin de travailler.

Enfin, brillaient, devrais-je dire, car le vent tourne et culture du SMS aidant, avec François, ça va chier dans le ventilo ! Et go ! un autodafé de Bled ! Et zou ! les Bescherelle pour caler les étagères ! Allez ! les petits Robert à la cheminée !

Voyez-vous, FDC est moderne, il a l'incroyable qualité de vivre en phase avec son époque et forcément, il rêve que le français s'écrive fonétikeman, pardon phonétiquement. Ce qui bien sûr, le libérerait, lui et tous les autres malheureux de notre beau pays, aliénés par les vilaines règles d'orthographe (d'ailleurs, on le sait, les règles c'est caca, ça restreint nos libertés et ça entrave les forces vives de la société, le droit du travail en tête).

Bon, ok, de Closets est nase conviendrez-vous aisément, mais pas de quoi en faire tout un fromage : paquito, si tu nous écris trois pages à chaque fois qu'un abruti publie une merde, on a pas fini !
Mais oui mais non ! FDC est nase, mais surtout, il est dangereux. Car sa thèse promeut le grand projet néolibéral de dévalorisation du savoir et de la culture qui est à l'oeuvre depuis une petite décennie, dirons-nous, et portée par nos dirigeants de la sphère politique (qui vous savez), médiatique (la chaîne des cerveaux disponibles pour la pub) et, bien sûr, économique.

Avec sa théorie à dix balles, FDC met un torrent au moulin de ceux qui nous rabâchent que la valeur suprême dans notre société, c'est le travail, que les intellectuels, et en premier les chercheurs et les enseignants, sont des parasites vivant sur le dos des pauvres artisans charcutiers qui se lèvent tous les matins à 5h pour pouvoir payer leurs impôts. La culture, la connaissance, c'est out ! ça prend la tête ! et en plus, c'est un facteur de discrimination pour celui kinenveu mais qui n'a pas eu la chance de faire des études dans les beaux quartiers.
Adieu la princesse de Clèves, adieu l'ascenseur social, adieu les cours d'histoire obligatoires jusqu'au bac, adieu la philo, adieu les profs, adieu france culture, adieu arte, adieu Frédéric Taddéi, adieu l'école publique, adieu les dictées et bienvenue à Hadopi.

Dans la société rêvée de François de Closets et du Medef, nous serons tous réduits à des agents producteurs et consommateurs, dont les qualités premières seront "l'employabilité" (néologisme chiraquien) et la "flexibilité", terme technocratique que l'on peut traduire en bon français par "docilité", pour une meilleure compréhension du lecteur.

Cette société vers laquelle nous tendons, nous la connaissons, nous l'avons tous vue à l'écran dans le film visionnaire "Matrix" : les humains sont physiquement asservis à une caste de robots qui pompent leur énergie pour s'alimenter, tels des vaches que l'on trait ou des pieds de tomate cultivés dans une serre. Pour que tout cela fonctionne sans heurts et que les hommes ne se révoltent pas, les machines ont réussi à leur donner l'illusion qu'ils vivent dans une société "normale" via la matrice, une illusion de monde harmonieux projetée dans leur cerveau.

Putain, ça déchire ! le nouvel iPhone, je le kiffe trop !


Vous me voyez venir : les robots, ce sont le Medef et le CAC 40, la matrice, c'est la société de consommation dans laquelle nous avons l'illusion d'être libre dès lors que nous pouvons nous payer (à crédit) la nouvelle Mégane, le nouveau iPhone, une semaine en club en Croatie et un jean Diesel délavé.

Alors chers amis, lesquels d'entre nous serons les Néo et les Morpheus ? Bon..., ok.
Alors, en attendant de débrancher la matrice, si on commençait par faire un autodafé des bouquins de François de Closets ?

 
Par paquito - Publié dans : Le naze de la semaine
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Vendredi 3 juillet 2009
Vous le savez peut-être, je ne taris pas d'éloges pour les programmes culturels distillés (encore pour le moment) par France Culture, et en particulier pour "Concordance des temps" de Jean-Noël Jeannenet et pour "Les chemins de la connaissance" de Raphaël Enthoven (oui, le "Raphaël").

Nous y reviendrons sûrement un de ces quatre, mais aujourd'hui, c'est d'un troisième programme exceptionnel de cette antenne dont j'ai envie de vous parler, programme à la fois particulier et universel, imprévisible et pourtant constant dans sa qualité. Il s'agit de l'émission ultra-matinale "Eloge du savoir" réalisée par Christine Goémé, véritable miracle des petits matins qui surgit parfois dans mon demi-sommeil, lorsqu'il me prend l'idée de me lever sur le coup des 6 heures et quelques. Si, si ...

Ô Christine, comment te dire à quel point je te suis reconnaissant de me tirer aussi brillamment des bras de Morphée, alors que je m'apprête à chausser mes baskets pour aller suer le long du canal.

La force de "L'éloge du savoir", au-delà de son titre sur-puissant, propre à flanquer la jaunisse à un troupeau de parlementaires UMP rien que par son évocation, réside dans le caractère totalement hétéroclite des sujets de connaissance abordés, le principe de l'émission, lui, étant constant : des conférences d'environ 60 minutes données par des spécialistes universitaires de divers sujets, traités soit ponctuellement sur une seule conférence, soit par un cycle de plusieurs jours.

Ainsi, à moins d'aller visiter le programme prévisionnel de l'émission sur internet, ce qui ôte une grande partie du plaisir, vous aurez la surprise de découvrir aussi bien un exposé de philosophie, que de sciences, de linguistique, d'histoire des langues, d'ethnologie, de sociologie, de biochimie, que sais-je encore, bref, vous approfondirez vos humanités.

En vous instruisant d'un sujet totalement singulier et souvent éloigné des thèmes de débat intellectuel qui osent s'aventurer aux heures de relative grande écoute (éthique, économie, histoire, art, ...), vous vous surprendrez, je l'espère, à vous passionner pour des segments de connaissance dont vous pouviez ignorer auparavant jusqu'à l'existence, en vous étonnant que des gens prennent le temps de l'étudier et de l'enseigner.

Voilà donc ce que nous enseigne cette chère Christine, à l'instar des philosophes dans une approche plus classique : le savoir en tant que démarche, se justifiant par sa seule existence, permettant de s'élever par un processus de compréhension du monde, indépendamment de toute application pratique pour 99,9% de l'audience. Et donc essentiel à ce titre, puisque ce savoir ne nous apprend ni à produire ni à consommer, mais simplement à vivre.


Et si au lieu de regarder "Les experts", nous lisions ça ?


Oxymore radiophonique faite femme, Christine Goémé est donc le bouche-trous de la grille de France Culture à une heure de faible écoute, et en même temps la quintessence de la ligne éditoriale de l'antenne.
Mais comme tout le monde n'est pas très matinal dans ce pays, en dépit d'une paradoxale aliénation grandissante du travail (en effet de moins en moins d'entre nous ont un emploi), France Cu a eu la bonne idée de mettre en ligne près de 8 ans d'archives de cette émission.

Pour commencer, vous pourrez découvrir la conférence de ce matin consacrée à ... l'iconographie totémique chez les aborigènes, dans le cycle Ontologie des images (volet 4/9) :
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/utls/archives.php

Vous avez souri : c'est normal. Maintenant écoutez, cela n'a rien à voir. Et il y a fort à parier que pour vous récompenser de votre curiosité, la princesse de Clèves viendra vous embrasser dans votre sommeil ...






Par paquito - Publié dans : Le zami de la semaine
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Samedi 27 juin 2009

"Pourquoi sommes-nous si touchés par la mort de Michael Jackson" ? Je cite une phrase souvent prononcée autour de moi depuis deux jours.

En pleurant le génie qui n'était plus que l'ombre de lui-même, nous pleurons l'enfant prodigieux des Jacskon 5 privé d'enfance par un père tyrannique, nous pleurons l'adolescent aspiré dans la spirale de la célébrité, privé de sa crise d'adolescence, enfin nous pleurons la star adulte rendue folle par le succès planétaire, privée de toute sa vie au final.

Dès la sortie de "Bad", quand l'être humain Michael commence à franchement partir dans le décor, l'artiste Michael est déjà mort. Les vingt ans qui suivent ne sont que l'interminable agonie de l'enveloppe corporelle qui l'abritait.

Comment en est-on arrivé là ?
Façonner un génie de toutes pièces qui aura apporté tant de bonheur à ses congénaires justifie-t-il de priver un enfant de sa vie d'enfant et saper ainsi sa possibilité ultérieure de vivre sa vie d'adulte ?


We don't need no education !


Quand la presse musicale puis le public encensaient le prodige de "Off the wall" puis de "Thriller", le prix payé par le petit Michael pour sa créativité était déjà connu par les initiés. Et la suite de sa trajectoire était prévisible.

Boycottons tous les épisodes d'Harry Potter, interdisons les concours de beauté et de mini miss et autres conneries du genre, laissons les enfants se construire à leur rythme, avec toute leurs imperfections assumées qui feront peut-être d'eux des adultes aptes à la vie en société.

Au lieu de visionner "Billy Jean" en boucle sur You tube, redécouvrons "Little miss Sunshine" ou relisons "La métaphysique des tubes" : nous ne pourrons pas rendre de plus bel hommage au petit Michael.

 

Par paquito - Publié dans : zusammen
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Lundi 22 juin 2009

L'édition 2009 des Nuits sonores fut somptueuse et ensoleillée et pour autant, je ne vous en ferai pas un compte rendu détaillé : eh non, ne me suppliez pas, ça vous fera les pieds, z'aviez qu'à y aller !

En revanche, ce que je peux à la rigueur faire pour vous, c'est tenter de vous restituer le set sublime dont nous a gratifiés le grand Ricardo Villalobos devant quelques centaines de festivaliers subjugués.

Un set de Ricardo, c'est comme un nuit d'amour : des fois, c'est loupé, mais vraiment loupé, car l'un des deux protagonistes, l'artiste ou le public, n'est pas en forme. Mais le plus souvent, c'est le bonheur et on a très vite envie de recommencer. Si le sort nous contrarie et qu'on ne peut pas rééditer l'expérience, on s'en souvient longtemps dans un sentiment qui mêle joie et nostalgie.

Je ne sais pas comment il se débrouille dans un pieu, mais derrière les platines, Ricardo s'y entend côté préliminaires : après une bonne heure à nous asticoter avec un son langoureux et cadencé, mais sans excès, l'ami nous aura parfaitement conditionnés pour déclencher nos ébats frénétiques sur une house minimale qui, au bout du bout, nous fera nous oublier.

Le son est implacable, à la fois métallique et chaleureux, avec cette touche sud-américaine qui caractérise si bien les sélections du maître : Berlin et Santiago se mêlent et se répandent sur le dancefloor. Nous, on est ensorcelés, piégés, on a compris très rapidement qu'on ne se séparerait pas avant l'aube, voire au-delà. Depuis la dernière fois, on avait presque oubliés que c'était si bon !

Après deux heures de ce qu'il faut bien appeler un état d'hystérie collective, le maître de cérémonie aborde sa 4ème heure de mix en sachant qu'il peut faire absolument ce qu'il veut de nous. Il nous enverrait Marie Dauphin ou Dorothée, ça serait pareil. Mais ce n'est pas pareil : le son techno minimale du chilien ne nous fait pas régresser. Il nous ferait plutôt nous dépasser et nous maintient aux limites de l'extase. Si, si.

 Last night a deejay saved my life !


Et c'est là que l'inatendu survient pour le final : Agoria s'incruste et nous propose un plan à 3 ! Ricardo qui en a vu d'autres ne s'en formalise pas, au contraire ... Le son bascule revival rave sous l'influence du lyonnais qui s'amuse comme à sa première surprise party.

Mais les 6 heures sonnent et il va falloir se séparer. Le grand barbu prend congé avec autant de classe et de poésie qu'il s'était présenté à nous : un morceau d'ambient minimaliste de 15 minutes, pas moins, nous permet progressivement de reprendre nos esprits ; il fait jour sur la piste et nous pouvons croiser le regard de nos voisines et voisins. Nous prenons conscience que nous sommes un groupe, presque une famille, réunis pour l'occasion.

Nous avons vécu le même bonheur, ressenti les mêmes plaisirs intimes au fond de nous mêmes. Nous ne nous reverrons sûrement pas ; ou peut-être que si. Nous rentrons épuisés et comblés, car cette nuit, Ricardo Villalobos nous a donné beaucoup d'amour. 

Par paquito - Publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Jeudi 21 mai 2009
Acte I Scène III

"Excusez-moi, mais je travaille pour le cinéma et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah bon, et pourquoi ? Nous sommes sur un espace public.
- C'est à dire que vous pouvez gêner la clientèle qui fait la queue ...
- Présentement, il n'y a pas de queue, mais bon, d'accord pour se décaler un peu par rapport à la file d'attente, si elle se forme. Là où on se trouve, devant la terrasse du café du cinéma, ça va ?
- En fait, vous feriez mieux d'aller distribuer vos tracts aux gens qui écoutent le concert, juste à côté.
- Ah. Ecoute mon grand, on pourrait le faire, mais on le fera pas. On est encore en république et si je milite dans un parti c'est justement pour résister à des gens comme toi qui veulent me dicter ce que je dois faire.
- Ouais, c'est lamentable ce comportement ! Vous discréditez la poitique et votre formation. C'est nul ! ....
- Allez, à la prochaine."

(...)

Ces bons vieux bout-en-train de Michel Roux et Jacques Balutin ont leur relève assurée. Ca fait plaisir de savoir qu'un acteur majeur de la scène culturelle française, à la tête d'un immense réseau de distribution, perpétue avec autant de brio le comique boulevardier.


Acte II Scène I

"Bonsoir, je travaille pour le cinéma à côté et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah oui. On a vu votre jeune collègue il y a quelques minutes qui nous a demandé la même chose : mais ça va pas être possible de satisfaire votre demande.
- Ecoutez, je vous demande ça gentiment. Notre groupe ne souhaite pas être assimilé aux tracts que vous distribuez.
- Je comprends tout à fait que votre direction vous donne des consignes de ce type, mais voyez-vous, vous n'êtes pas propriétaire du quai, donc on va rester là autant de temps que cela nous chante.
- Non, je n'ai pas de consignes. Je suis la manageuse du cinéma et d'ailleurs, je vous respecte car moi aussi, je milite dans un parti, mais pas le même que le vôtre.
- On s'en serait doutés. Néanmoins, ce trottoir est à tout le monde.
- Non, regardez, il y a aussi notre bateau, et comme il est amarré là, on a l'usage du quai et vous ne pouvez pas rester là.
- Non. Il y a bien d'autres bateaux que le vôtre. Cela ne leur donne pas un droit de veto sur l'usage du quai. Votre réaction est étonnante, car voyez-vous, depuis des années, il nous arrive de distribuer des tracts devant les entrées de supermarché, comme Monoprix, et on ne nous a jamais fait de problèmes. Comme quoi, le plus mercantile des établissements n'est pas forcément celui que l'on croit.
- Ah, c'est facile de dire ça ... Screugneugneu ...
- Ecoutez, on va en rester là. Si vous considérez que nous n'avons pas le droit d'être ici, je vous invite à appeler la police. Ou bien, à défaut, vous nous envoyez vos gros bras. On verra bien ce qui se passera ..."


To be continued ...
Par paquito - Publié dans : Le naze de la semaine
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Samedi 2 mai 2009
Depuis quelques semaines, l'engouement printanier de la pétanque qui se manifeste quotidiennement sous mes fenêtres, pour ainsi dire, a été à ma grande surprise, l'occasion d'une observation anthropolgique tout à fait digne d'intérêt.

Dans mon quartier, les adeptes du cochonnet constituent un public jeune et mixte, plutôt éduqué, sujet idéal d'une réflexion sociologique originale sur cette discipline franchouillarde par excellence, loin de l'observation résignée et pathétique du retraité FN de base, telle que l'on peut la subir sur les places des villages provençaux.

D'ailleurs, je vous invite, comme moi, à devenir acteur à part entière et plus seulement spectateur de ce théâtre urbain, afin d'approfondir votre réflexion par la mise en pratique, qui au milieu des crottes de chien de la rambla du boulevard Richard Lenoir, qui sur les contre-allées empestant l'urine (canine?) de la place de la Nation.

Mais revenons au sujet. Ainsi, en observant hier au bord du canal, une partie aprement disputée qui opposait deux doublettes mixtes (deux jeunes couples hétérosexuels tout à fait dans la norme de la population du nord parisien), c'est un espace de méditation considérable qui s'offrit à moi, quelque part entre "la domination masculine" de Bourdieu et "de la guerre" de l'amiral Clausewitz.

Je vous le dis, la pétanque est un sport tout à fait singulier, pour ne pas dire exceptionnel, dans la mesure ou cette discipline peut, selon les joueurs, être pratiquée tour à tour comme un "jeu de cible" individuel ou comme un affrontement à la vie à la mort, de type "duel".
A la différence du tennisman, du footballeur, du pongiste ou du basketteur, le pétanquiste n'affronte pas directement un adversaire en essayant d'investir symboliquement son territoire ; il vise plutôt à conquérir un objet neutre et partagé, le cochon, dont une approche réussie, à l'instar du tireur à l'arc, du golfeur ou du lanceur de fléchettes, peut bien souvent ne pas être exclusive d'une performance simultanée de l'adversaire.

Le pétanquiste sera tour à tour "joueur d'adresse" dans un registre individuel et "guerrier duelliste" selon qu'il décide de pointer ou tirer, selon qu'il a décidé d'ignorer l'adversaire, en contournant ses boules pour rouler doucement vers le goret, ou bien de l'anéantir en dégommant ses boules et en cherchant le carreau.
Tiraillé entre ces deux postures, il alternera bravades et vantardises, dignes de la joute la plus mesquine ("tu serais pas gaucher, des fois?", "fanny au bar !", "si tu vois pas le goret, c'est normal, il est derrière ma boule") et expressions de solidarité et de compassion plus ou moins feintes ("y avait de l'idée", "dommage, tu l'avais pris en passant").

Evidemment, vous me voyez venir, car quiconque a déjà pratiqué ce jeu dans une configuration mixte, connaît la symbolique genrée de la discipline qui s'impose à chacun presque contre son gré, répartissant vulgairement les rôles dans l'équipe, entre mâles et femelles, comme on le fait encore trop souvent à la maison chez les couples traditionnels.

Bourdieu nous l'a dit dans "la domination masculine" : depuis le temps des cavernes, la guerre, c'est l'affaire des hommes, brutaux et gonflés de testostérone et de connerie. Les femmes, vulnérables et réfléchies, investies de la haute mission de la reproduction de l'espèce, restent au gîte, se chargent d'élever les enfants et le bétail, de soigner, de gérer les provisions et le budget. Bref, de préparer l'avenir pendant que leurs jules saccagent le présent.

Bourdieu aurait disserté sans fin sur la sociologie genrée de la pétanque mais, comme ce cher homme n'est plus de ce monde, je me hasarde immodestement à marcher dans ses traces pour prolonger les termes de sa pensée sur le gravillon de la promenade Eric Tabarly.

Autour du cochonnet, la femme soumise au macchisme de la société, est certes délivrée provisoirement de la corvée de lessive et de torchage des mômes, mais c'est pour rester sous la férule de son partenaire velu qui lui dictera immanquablement la tactique à adopter, lui réservant la tâche productive mais pourtant peu valorisée (dans l'échelle de valeurs des boulistes) de pointer.
Le mâle, lui, s'arrogera la prestigieuse mission de tirer (faire la guerre) et généralement de conclure la partie, se réservant la possibilité d'apparaître comme le sauveur, le fin stratège et l'ultime recours avant la catastrophe.


Si vous êtes passionné, et qu'il vous arrive de jouer en nocturne, n'oubliez pas votre "Cocholume", le cochonnet qu'on allume !

Voilà pour la doctrine, car dans la pratique, sauf à associer une débutante à un champion régional, vous constaterez souvent une réalité bien différente et cruelle pour "le patron" de l'équipe.
C'est le jeu de la femme qui apporte en général le plus de bénéfices à l'équipe (engranger des points ou limiter la casse, en jouant le cochonnet), alors que les bombardements approximatifs et vindicatifs de l'homme à l'encontre de "l'ennemi" ne produiront généralement que poussière de graviers, dans le meilleur des cas, et un bon vieux "cassage de barraque" (dégommer par erreur les boules de son propre camp) dans le pire.

Comme dans la hutte ou le F3 de HLM, la femme assure donc modestement et efficacement le fonctionnement du foyer pendant que l'homme gaspille son énergie au troquet, sur le terrain de foot ou en gueulant devant la télé.

Aussi, chers amis, je vous invite à combattre ensemble cette réalité macchiste, qui n'est pas une fatalité, autour du cochonnet et de quelques verres de pastis, en inversant les rôles avec vos partenaires du beau sexe (si, si, il est beau, je vous l'assure), voire en constituant des équipes unisexes. Autant d'amusement sûrement, et assurément moins de projectiles d'acier qui font plouf ! dans le canal ...











Par paquito - Publié dans : zusammen
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Dimanche 26 avril 2009

Chirac et Sarkozy, contrairement à ce que les grands médias de droite (pléonasme) voudraient nous faire croire, ne sont que les deux faces de la même pièce de monnaie. Et bien rouillée, en l'occurence, la pièce de monnaie ...

La mascarade de la rupture vis à vis du chiraquisme, défendue par Sarkozy pendant la campagne présidentielle, était aussi subtile qu'un sketch de Bigard, mais elle a quand même réussi à projeter dans les urnes du 6 mai 2007 les quelques millions de bulletins bleu foncé d'électeurs égarés, suffisants pour nous plonger dans l'abyme du sarkozysme. Va comprendre, Charles !

Ah mais non, ma brave dame, mon brave monsieur, l'inertie du chiraquisme n'allait plus être qu'un mauvais souvenir, on allait voir ce qu'on allait voir : Sarko, qui avait eu les poings liés au gouvernement de 2002 à 2007, allait enfin "réformer" tous azimuts et tambour battant, maintenant que le vieux Chichi ne l'entraverait plus ! ha ! ha ! ha ! Bonne nuit les petits ! Nounours va venir vous border avant d'éteindre la lumière.

Deux ans plus tard, tandis que la "réforme" à la sauce UMP révèle à ceux qui pouvaient en douter encore (vivaient-ils sur la planète mars ?) son goût amer de soupe à la grimace, dans la droite ligne de la loi sur les retraites de Raffarin ou de feu le CPE de De Villepin, un sondage accablant nous apprenait, la semaine dernière, ce qui dans un autre pays que le nôtre serait simplement inconcevable.
Accrochez-vous, ça c'est pas du buzz à la petite semaine : Chirac serait, selon 3 pelés et 2 tondus interrogés au téléphone entre "plus belle la vie" et "la star academy", la personnalité politique la plus appréciée des français.

Mais, il fait quoi au fait, Chirac, depuis mai 2007 pour être ainsi plébiscité ? Ben, euh ... rien.
Eh ben voilà, c'est justement pour çà que les gens l'aiment ... Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ; pas d'action, pas de critiques.

A la lumière de ce sondage consternant, l'oeuvre d'anéantissement de la conscience politique des français, façonnée par l'UMP depuis plusieurs années, prend toute sa dimension et semble parachevée.

En discréditant la notion de réforme, désormais associée à régression sociale, en multipliant les promesses non tenues et en galvaudant la parole présidentielle, en discréditant le parlement de Bruxelles et en enrayant le moteur franco-allemand de la construction européenne, en créant un écran de fumée permanent par son agitation médiatique, Sarkozy marche dans les traces de Chirac et inscrit le conservatisme et l'individualisme comme horizons indépassables de notre société.
Logique populiste implacable que la gauche n'est pas capable de réfuter dans l'arène médiatique : puisque la politique et l'action collective ne peuvent rien, résignons-nous dans la consommation de biens matériels inutiles, essayons d'enfoncer notre voisin, et pour se donner bonne conscience, constituons un petit héritage minable pour donner une chance de survie à notre progéniture.

Le style Sarkozy est différent de celui de Chirac, mais le résultat est le même : affaiblissement de l'Etat et des services publics, creusement des inégalités, privilèges des nantis, de préférence boursicoteurs et bailleurs plutôt qu'entrepreneurs, frayeur puis soulagement des petits vieux à coups d'effets de manche sur l'insécurité.

Le conservatisme politique n'est pas la défense du statu quo, ce serait trop beau, mais carrément l'aggravation des maux de la société, puisque dans ce contexte, les forces dominantes dans les champs social et économique peuvent, sans contraintes, affaiblir davantage les plus faibles.


En mai, fais ce qu'il te plaît ...

C'est la force mais aussi la faiblesse de ce système, car plus les faibles sont faibles, moins ils ont à perdre et plus ils sont hargneux et revenchards.

1789, 1848, 1871, 1936, 1945, 1968, ... En France, c'est ainsi qu'on écrit les plus belles pages de notre histoire, et j'ai l'intution que le prochain chapitre est déjà sous presse ...

 

 

Par paquito - Publié dans : zusammen
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Vendredi 27 mars 2009

Toujours délicat de retrouver une ancienne amie que l'on a pas vue depuis 10 ans, alors qu'on s'étaient séparés en pleine idylle. Ce séjour de quelques jours à Londres avait tout pour tourner au revival manqué, refaire les mêmes choses en moins bien ...

Heureusement, Londres a changé et moi aussi. L'amie qui nous accueille, elle, est égale à elle-même et c'est tant mieux. Mais que s'est-il passé depuis dix ans ?

Les docks ont continué leur mutation urbaine dédiée à la déesse livre sterling ; les tours ont poussé dans la City et les inégalités sociales se sont creusées ; les londonniennes friquées sont encore plus jolies et n'ont plus rien de commun avec les pauvres bougresses gavées à la malbouffe du nord du pays ; The End vient de fermer ses portes et le Ministry ne tient plus le haut du pavé ; maintenant c'est The Fabric qui fait la loi ; la Tate Modern est sortie de terre sur Southbank ; les transports sont encore plus chers et très performants ...

For sure, la vie est comme une BD du grand Roy, cruelle et sanglante. "WHAAM !", dans ta gueule.


Bref, le changement dans la continuité : from A to Z ...

Animals : la centrale thermique de Battersea ressemble à la pochette des Pink Floyd, mais laisse de marbre les commuters qui vont se déverser à Waterloo.
Brick Lane : c'est le quartier où les touristes vont s'encanailler pour humer l'atmosphère du Londres populaire et exotique. Pas de panique, on est pas dans les quartiers chelous de Brixton. Les restaus indiens ont pignon sur rue, bons, pas chers, et c'est très bien.
Clapham Junction : Londres est multipolaire, nous le savons. L'animation des rues de Clapham Junction est sympathique et vaut bien celle d'un autre quartier périphérique. La ville est partout.
Docklands : nan, on est pas retournés les voir, blasés que nous sommes.
Eye : le "London Eye", c'est une grande roue construite en dur sur la southbank rien que pour célébrer les JO 2012. De fait, elle est spécialement dédiée aux touristes lourdingues et pétés de thunes des pays de l'est. Y a des jours où on est contents d'être des loosers.
Fabric : THE place to be by night. On y reviendra prochainement.
Green park : là, on est vraiment chez les bourges.
Hide Park : euh ..., les bourges, toujours ...
IRA : c'est plus ce que c'était ; maintenant, on peut passer trois jours à Londres sans être emmerdé par une alerte à la bombe.
Jogging : à Londres, tout le monde court et prend soin de son corps. Entendez tous ceux qui ne sont pas obligés de cumuler trois petits boulots pour survivre. Nous, on se plie à la coutume alors, et le parc injustement méconnu de Battersea park nous accueille dignement avec sa promenade le long de la Tamise.
King's cross - St Pancras : maintenant, c'est dans cette gare internationale qu'on débarque depuis le Groland du sud. On arrive du sud de Londres, la gare est au nord de la ville, cherchez pas à comprendre ...
Lager : figurez-vous que le dernier chic dans les pubs est de consommer des bières étrangères, blondes de préférence : Foster's, 1664, Stella Artois (si, si !), Heineken, mais surtout pas de Tennent's ni de Mc Ewan's, c'est has been ...
Mind the gap : le tube est toujours aussi oppressant et vieillot, par contre l'information aux usagers est exceptionnelle. J'en connais un ou deux vers la Gare de Lyon qui devraient venir en stage chez Transport of London.
Neal's yard : c'est dans cette ruelle de Covent garden que se trouve la boutique de notre hotesse. Et c'est tout.
Oxford street : toujours à fuir ; là, rien n'a changé.
Picadilly Circus : toujours à fuir ; là, rien n'a changé.
Quinze : avant de nous foutre une rouste bien méritée il y a quelques jours à Twickenham, sachez tout de même que la Rose s'est faite étriper par le Poireau le week-end où nous nous trouvions à Londres. Forcément, on étaient morts de rire.
Rough trade : l'imposture, sauf si vous voulez vraiment vous ruiner en vinyls hors de prix, qu'il vous sera tout aussi simple de trouver moitié prix dans les boutiques d'occases de Camden Town.
Shopping : effondrement de la livre aidant, les "bonnes affaires" nous furent permises. 200 000 modèles différents de Tiger Onitsuka et des chaussures équitables en matériaux de récupération non polluants. Youpi !
Tate Modern : THE place to be by day. On y reviendra prochainement.
U : "U", c'est You. La société britannique s'américanise, inexorablement.
Venice : pas la grande, mais la petite, Little Venice. Un quartier résidentiel mignonnet avec plein de péniches fleuries accostées au Regent's canal. C'est le bonheur.
Whaam ! : le chef d'oeuvre pop de Roy Lichtenstein est encore plus beau en vrai.
X : le "X", dans le métro, çà veut dire "cross", comme dans "Charing cross" ou "King's cross". Futés les anglais.
Yard : cette unité de mesure n'a plus vraiment cours, tout fout le camp. Pensez qu'à cause de la crise financière, le dernier symbole du particularisme british va bientôt tomber avec l'abandon de la livre sterling. Si, si, c'est écrit : le fric, c'est plus fort que tout.
Zoo : le London zoo se trouve dans Regent's Park, non loin des villas somptueuses qui longent le canal. Là, on est plus chez les bourges, mais carrément chez les joueurs de foot ...

Allez, see U.

Par paquito - Publié dans : zusammen
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Mercredi 25 mars 2009

Dustin Hoffman fait partie de cette catégorie d'acteurs populaires qui passaient volontiers pour le gendre modèle dans la séance familiale du ciné du dimanche soir de mon enfance. Aujourd'hui, les 70 balais bien sonnés, Dustin incarnerait plutôt le grand père idéal, à la faveur d'un dispensable cachetonnage dans une nième comédie romantique qui ne changera pas la face d'Hollywood.

Il aura fallu que la dispensable ministre de la culture, Christine Albanel, décide de se faire mousser un peu devant les caméras l'autre jour en lui remettant la médaille des arts et des lettres pour que ma vision du personnage bascule complètement.

Au lieu de débiter les banalités de circonstance en ce type d'occasion, genre "merci beaucoup, je suis très ému, j'adore la France", l'ami Dustin s'est mis à fondre en larmes en nous parlant de son admiration pour François Truffaut, probable incarnation du meilleur du cinéma français de son point de vue. Il avait visionné "la Nuit américaine" la veille, et tout cela avait réveillé en lui ce sentiment d'injustice causé par la disparition précoce du cinéaste, et surement la perception du vide béant qu'il avait laissé dans le cinéma français.

Et là, je me suis dit, bon sang, mais c'est bien sûr, ce petit grand homme qui admire tant François Truffaut doit être lui-même admirable. Revisitons sa filmo.

Déjà, premier enseignement, Dustin a tourné avec presque tous les grands metteurs en scène américains de son temps, mais bizarrement, n'a que rarement tourné deux fois avec le même. Est-il un acteur si invivable au point qu'aucun réalisateur ne souhaite le revoir sur son plateau après une première douloureuse expérience, ou bien cet acteur a-t-il toujours cherché à apprendre et à se renouveler ? Je penche pour la seconde option.

Car Dustin a embrassé toute l'histoire moderne de l'Amérique dans sa filmographie, en militant toujours dans le bon camp : celui des réalisateurs qui bousculaient l'establishment et le conformisme américain. Tour de force, ce positionnement quasi constant auprès du cinéma critique ne l'a jamais coupé du grand public.

Compromis habiles des scénarios ou talent de la mise en scène et des acteurs, capables d'attirer le public sur un sujet dérangeant ?


Sur meetic, Marthe Keller aurait jamais flashé sur Dustin, vu qu'il mesure 20cm de moins qu'elle, mais heureusement, dans Marathon man, elle tombe amoureuse de lui car c'est pas une mauviette !

Tout commence par "le lauréat" et la libération des moeurs sur fond de relation adultérine avec une femme qui pourrait être sa mère : et un tabou de moins, un.
Puis "Little big man", la mauvaise conscience de l'Amérique et la réhabilitation des indiens enfin racontée comme il se doit au cinéma, bien avant que la mode du western moderne de Pollack et autres Eastwood ne viennent enfoncer les portes qui avaient été enfoncées par l'immense Arthur Penn.
"Les hommes du Président" et "Marathon man", deux réglements de comptes cinglants à l'amérique conservatrice des McCarthistes et de Nixon.
"Kramer contre Kramer" et "Tootsie", deux exercices de style où Dustin casse le machisme et endosse au sens figuré puis propre le costume de la femme américaine, non sans y laisser des plumes.
Enfin, pour clore cette sélection, "Macadam cowboy", rôle particulièrement émouvant dans lequel Hoffmann incarne un sublime minable, parasite d'un autre baltringue, gigolo péquenot, qui tous deux se cassent les chicots sur le rêve américain.

Le cinéma qui a été traversé par Dustin Hoffmann pendant 30 ans est un cauchemar américain, un cauchemar supportable et regardable en famille. Son empreinte n'en est pas moins profonde et préfigurait le cinéma sans concession de la nouvelle vague indépendante des Gus van Sant, Jarmush et autres Coen. Chapeau, le nain !






Par paquito - Publié dans : Le zami de la semaine
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Agenda

29/10 gui boratto @ social

30/10 ellen allien, kiki @ elysée
30/10 john acquaviva @ rex
30/10 kittin @ bataclan
30/10 gatasanta @ cannibale
31/10 jennifer cardini @ rex
06/11 claude vonstroke @ rex
06/11 paul nazca @ opa
13/11 dapayk & padberg @ rex
19/11 in flagranti @ batofar
21/11 chloé, superpitcher & sascha funke @ rex
27/11 mowgli @ rex

jusqu'au 31/10 joan mitchell @ giverny
jusqu'au 01/11 habiter écolo @ palais de chaillot
à partir du 14/10, pierre soulages @ beaubourg

Playlist

production
ellen allien, sool
gui boratto, take my breath away
villalobos, fabric 36
sascha funke, mango
chloé, the waiting room

DJ set
claude vonstroke, fabric 46
chloé, live at robert johnson
optimo, how to kill the dj
luke slater, fabric 32
ame, fabric 42
ellen allien, boogybytes 4
audion, fabric 27
luciano, fabric 41
john tejada, fabric 44
ellen allien, fabric 34

la track qui tue
stimming, one weekend

revival
stone roses, stone roses
earthling, radar

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