Mercredi 27 février 2008

Pélerinage ? Exploration ?
Révélation ? Confirmation ? Déception ?

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die  nacht ist vorbei, ein neuer tag beginnt, alles strömt, stadtkind
berlin, du gibst mir die kraft, bin teil von dir - stadtkind
 


je parie sur ... Affirmation


(à suivre ...)

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mercredi 20 février 2008
Ken Loach n’est pas un cinéaste militant, mais plutôt un militant qui fait du cinéma. Après la parenthèse lénifiante « Le vent se lève », notre gauchiste de service est revenu, à l’occasion de son dernier film, sur son terrain de prédilection, source d’une inspiration inépuisable : la crise sociale britannique.
 
Ce coup-ci, pas de « Snapper » dans le tiroir, pas de « Van » sur un parking désolé, point de « Navigators » déboussolés à recherche de leur voie (ferrée) ni de « Raining stones » qui tombent sur la tronche des pauvres bougres des Midlands.
 
Guère de poésie et d’efforts de mise en scène non plus, à la différence des précédents opus : la morale et le discours très démonstratifs de Ken Loach ne laissent rien repousser après leur passage et le spectateur est prié de prendre des notes.
 
J’ai pris des notes alors, et me voici au rapport.
 
Le vieux Ken assume de perdre en qualité artistique ce qu’il gagne en efficacité et originalité didactique : se placer délibérément du point de vue de l’exploiteur (–trice en l’occurrence), une mère célibataire qui devient chef d’entreprise immorale, pour mieux démont(r)er la perversité du système néo-libéral qui sévit actuellement en Grande-Bretagne, laboratoire depuis 30 ans de toutes les régressions sociales.
 
Ce parti pris narratif original nous révèle une évidence : la domination du profit sur l’humain ne fait pas que broyer la vie des ouvriers et employés disqualifiés et précaires exploités. Elle emporte avec elle les collaborateurs objectifs de cette machine, les petits auxiliaires de la grande casse sociale que sont les patrons de PME, ingénieurs de production, consultants cost-killers, commerciaux et managers de tout poil.
 
Dans ce grand marasme collectif et mondialisé (youpi !), ce nouveau clergé du dieu « Profit » ne va pas forcément se retrouver à la rue, divorcer ou devenir alcoolique, ou alors seulement au moment de la retraite. Mais avant cela, il perdra à coup son éthique personnelle, le respect de ses parents et de ses enfants, ses rêves de jeunesse et tout ce qui fait que la vie est belle ici bas.
 
Comment peut-on arriver à telle aliénation collective en démocratie ?
 
Un savant dosage paradoxal de conditionnement et d’encouragement à l’initiative pour réussir à exploiter son prochain en toute liberté permet ce remarquable tour de force. Les dictateurs sont largués ; l’avenir appartient nouveaux magnats des médias et de l’industrie.

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Les nouvelles mesures gouvernementales et les allègements fiscaux en faveur des entreprises vont permettre aux forces vives de la société de relancer la croissance hexagonale !

Dans leur immense prison mentale sans murs ni frontières, les insectes humains sont encouragés à user de toute leur ingéniosité pour optimiser la productivité de la fourmilière et asservir leurs congénaires : la grande usine produit du vent mais qu’importe, personne n’a le temps de se demander à quoi elle sert ou ne souhaite le faire, par peur de découvrir la vacuité de la réponse. Quitter la matrice n’est pas sans danger.
 
Oyez ! La tyrannie libérale est en marche, chers amis : remercions le chef de nous laisser encore, pour l’heure, le choix de la sauce à laquelle nous voulons être mangés.
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mercredi 6 février 2008

La France qui se réveille tôt ne vit pas de la rente boursière ni des revenus sans cesse croissants de son patrimoine immobilier.

La France qui se réveille tôt, même si ce n'est pas pour aller travailler, a besoin de prendre des forces et de lambiner quelque peu au lit avant d'aller affronter le pommeau de la douche et la connerie ambiante qui l'attend à l'extérieur.

Conscient de l'apreté de ce combat sans merci qui m'attend presque tous les matins, j'ai décidé d'appliquer scrupuleusement le précepte de ma tante Ursule pour pouvoir relever le défi énergétique tout en surveillant ma ligne : "petit-déjeune comme un roi, déjeune comme un prince et dîne comme un mendiant."

5 jours sur 7, le déjeuner de prince, c'est à la cantine de mon taf, et pour la modique somme de 4€, que ça se passe. C'est un menu plutôt pour prince déchu, mais çà a le mérite d'être fait maison et équilibré : je ne suis pas à plaindre.

Le soir, je suis à peu près dans les clous aussi, avec une domination sans partage de l'élément liquide : ce n'est pas toujours la soupe du pauvre hère, je l'avoue, car d'autres breuvages qu'il n'est nul besoin de réchauffer peuvent aussi offrir réconfort et apport calorique.

C'est donc le matin que le plus gros travail doit être produit. Je souhaite donc vous faire profiter de mon expérience pour vous suggérer un menu de petit déj au lit assez conséquent et gratifiant bien que relativement aisé à mettre en oeuvre.

Ce n'est pas une surprise, vous verrez que le paramètre temps est la clé de voute de tout l'édifice : maîtrisez-le et vous démarrerez votre journée comme un obus, prêt à en découdre avec tous les blaireaux qui croiseront votre chemin ; subissez-le et vous passerez la matinée sur la jente et les sinistres personnages qui vous guettent et vous cernent de toutes parts vous dicteront leur loi.

1. Réveillez-vous avec la radio, de préférence avec un programme de niveau intellectuel supérieur à la moyenne mais pas trop éliste : le 7 à 9 de France Culture animé par Ali Baddou et ses sbires convient parfaitement, avec pour débuter par exemple, le journal de 7h00.

2. Levez-vous énergiquement avant les premières choniques insipides de 7h10-7h20 : Corinne Lepage qui nous inflige son médiocre verbiage du lundi (mais elle est pas en campagne électorale au fait ?) ou la rubrique économico-internationale super-chiante de je sais plus qui les autres jours. Fuyez ce marasme pour vous réfugier dans la cuisine et faites dans l'ordre : griller votre pain et passer votre café (ou infuser votre thé, voire plus basiquement chauffer de l'eau pour mettre dans votre ricoré soluble comme votre serviteur).

3. Une fois votre boisson chaude versée dans votre tasse, le pain est théoriquement grillé : disposez-le immédiatement dans une petite assiette pour qu'il refroidisse avant d'étaler le beurre dessus.

4. Pendant que le pain tiédit, sortez du frigo : le beurre (tendre en barquette, pour plus de facilité à tartiner), du fromage et votre confiture préférée.

5. Joker : si vous appliquez déjà ma méthode depuis quelques semaines, vous êtes super en forme le soir et avez peut-être pu préparer la veille un "crumble express" (marque déposée) dans une verrine individuelle dont je vous donne la recette en fin d'article. Si oui donc, sortez-le aussi du frigo et faites le réchauffer au micro-ondes.

6. Pendant que le pain finit de refroidir, découper votre fromage en lamelles afin de pouvoir garnir une ou deux tartines (selon votre appétit).

7. Tartinez le beurre sur le pain et garnissez vos tartines avec le fromage et la confiture. Personnellement, je suis mono-maniaque de la confiture de figues, mais une autre confiture peut faire l'affaire. En revanche, à moins que vous ne soyiez complètement addict, je vous déconseille le miel qui est extrêmement fluide et coulera imanquablement en dehors de la tartine au bout de quelques instants ce qui est agaçant le matin.

8. Sortez le "crumble express" du micro-ondes et complétez le plateau avec quelques fruits secs : abricots ou figues. Comme j'ai déjà de la figue dans la confiture, je donne pour ma part la préférence aux abricots.

9. De retour dans votre chambre, lorsque vous vous asseyez dans votre lit avec votre plateau sur les genoux, il ne doit pas être plus de 7h25 : c'est le moment de se délasser et profiter de l'excellente chronique internationale d'Alexandre Adler, qui ne cesse de devenir de moins en moins réac (prodige !) et qui a toujours un jugement pertinent sur tout ce qui touche particulièrement ses dadas : Maghreb, Moyen-orient ou Russie.

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10. Pendant que vous dégustez le crumble, écoutez le journal de 7h30 qui vous permet de mieux appréhender les infos du jour, car à 7h00 vous n'étiez pas bien frais... Enchaînez avec les tartines pendant que Cécile de Kervazdoué nous récite (mollement) sa revue de presse internationale, bien trop souvent monothématique.

11. Vers 7h35-7h40, alors que vous vous apprêtez à conclure le petit-déj, remémorez-vous vos années de lycée en écoutant Jean-Gérard Slama nous lire sa dissertation de 1ère sur un sujet qui concerne toujours en principe l'invité du jour. Admirez son incroyable maîtrise de la thèse-antithèse qui devait immanquablement lui valoir des 16/20. Pas plus de 16 toutefois, car la synthèse de JGS est souvent faiblarde et ce n'est pas Ali Baddou, beaucoup plus conformiste à cette heure que sur le plateau de Canal le soir (quel contraste ! mais lequel est le vrai Ali ?), qui peut y changer quelque chose.

12. Il est 7h45, vous pouvez filer à la douche. Si vous êtes d'humeur badine, avant de partir au boulot, rigolez un bon coup en écoutant le clown de service (involontaire) alias Olivier Duhamel et ses incroyables imitations d'hommes et femmes politiques vers 8h20. Le fond n'a aucune importance, tout l'intérêt est dans ses intonations de voix : franchement tordant.

Voilà, avec çà, si vous avez pas une patate d'enfer, je me rue à la maison de la radio samedi matin sur le coup de 8h pour aller mendier une photo dédicacée à Alain Finkelkraut avant que les flammes de l'enfer ne m'engloutissent.


Bonus
Recette  du "crumble express" pour 2 personnes (2 verrines individuelles) : le crumble express se prépare en 10 mn top chrono et cuit en 15-20 mn supplémentaires.

t : mettez une poele de petite taille à chauffer sur le gaz, feu assez fort, et verser un trait d'huile dans la poêle. Mettez en même temps votre four à préchauffer, thermostat 7.
t + 30s : saisissez une pomme bio de l'AMAP Nation, votre épluche-légumes. coupez la pomme en 4, enlevez le trognon et pelez-la
t + 2mn : coupez chaque quart de pomme en 4 plus petits croissants d'1cm d'épaisseur en gros et versez dans la poele
t + 2mn 30 : dans un petit saladier, versez 3 cuillers à soupe bombées de farine, 1 cuiller à soupe bombée de sucre en poudre et un trait de canelle. Mélangez.
t + 4mn : sortez une plaquette rectangulaire de beurre doux du frigo, coupez une tranche d'environ un cm d'épaisseur que vous débitez en 4 ou 5 morceaux et mettez dans un ramequin.
t + 4mn 30 : mettez le beurre à fondre au micro-ondes, 30 sec à 500 W doivent le faire.
t + 5mn : retournez les pommes à moitié cuites dans la poele et baissez le feu à niveau moyen. Couvrez.
t + 5mn 30 : sortez le beurre du micro-ondes (il doit être liquide ou quasiment) et versez-le bestialement dans le saladier sur le mélange farine - sucre. Mélangez grossièrement avec une cuiller pour que toute la farine soit à peu près humidifiée par le beurre fondu. Coupez un peu les gros agrégats pour faire des petist agrégats d'1 cm de diamètre grand maximum. Réajustez avec un peu de beurre fondu ou de farine si trop sec ou trop humide (temps dédié à cette correction non compris dans le timing de la recette : vous vous êtes planté, vous êtes planté ...).
t + 7mn : sortez votre pot de miel et vos deux verrines (ou ramequins type verres à sangria)
t+ 7mn 30 : faites tourner un peu les pommes dans la poele et baissez à feu doux. Versez 2 cuillers à café de miel sur les pommes, mélangez un peu et couvrez.
t + 8mn 30 : retirez les pommes du feu, versez les pommes dans les verrines de sorte à laisser au moins 1cm et demi entre le niveau des pommes et le rebord
t + 9mn : versez la pate sur les pommes pour recouvrir complètement la surface de la verrine. Normalement çà doit tenir ...
t + 10mn : enfournez

Pendant la cuisson, vérifier la couleur de la pate au bout d'un quart d'heure : si elle est bien dorée, c'est prêt.
Sinon laissez encore 5mn en montant le thermostat à 8, ou alors en mettant carrément en position grill sur thermostat 10, pendant 1mn ou 2 maximum, mais alors en surveillant sinon c'est brûlé !!

 

par paquito publié dans : La recette du jour
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Samedi 2 février 2008

Dans le petit monde du clubbing, en ce début d'année à Paris, il était impossible d'échapper au buzz du "Social club", nouveau projet promu avec force articles dans la presse spécialisée et des tonnes de flyers disséminés dans tous vos bars préférés.

Anciennement "Tryptique", le Social Club n'a pas changé son sound system, ni son aménagement intérieur, si ce n'est la création de l'espace "fumeurs", cloître nauséabond de quelques mètres carré, désormais incontournable dans tous les clubs bien fréquentés qui souhaitent le rester.
Côté tarifs que ce soit à l'entrée ou au bar, pas d'évolution de politique commerciale à noter non plus.

Alors ?

Alors, le plus gros changement, c'est du côté du line up qu'il est intervenu avec une ambition clairement assumée de faire venir les stars et contester la suprématie du Rex sur ce plan.

Après un départ en fanfare en janvier, il sera intéressant de voir si le Social club parvient à maintenir cette politique et surmonter le handicap de la configuration biscornue de la salle, peu propice à drainer les foules et donc à amortir le cachet des grosses cylindrées.

En tout cas, ce qui est pris est pris et parmi les événements des premières semaines du Social, il faut saluer l'incroyable performance livrée la semaine passée par l'immense Carl Craig, un des derniers dieux de Detroit encore en activité.

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A Detroit, Pacman gobe des taz sur le techno boulevard ; à Paris, près du Social, on gobe des frites chez Dédé la frite

N'attendez de cet homme aucune extériorisation pendant qu'il oeuvre derrière les platines, ni même un sourire ... Carl est aussi froid que la techno minimale qu'il nous distille.
Froide mais pas autère, car le maître DJ sait la combiner comme personne avec quelques pépites soul totalement innatendues dans ce registre. Si mixer veut dire quelque chose, Carl Craig nous en donne la définition à travers cette alchimie imprévisible qui est la marque de son talent.

 Après 3 heures de set, la démonstration est impériale : grâce à ce lascar qui n'en finit pas de ne pas vieillir, nos jambes et notre cerveau en ont eu pour leur compte.

La star envolée, le floor se videra progressivement sur un fond de techno un peu énervée qui nous ramène à des ambiances de fin de soirée beaucoup plus classiques.
Quelques clubbers en goguette déboulent sur le coup de 5 heures tandis que la sosie de Minnie minaude avec ses gants blancs sur la piste. Je retrouve une très vieille connaissance, qui n'en revient pas que je le reconnaisse depuis notre rencontre à Benicassim 98 ! Quelques jeunettes s'essaient avec succès à ne pas tenir l'alcool ...

L'atmosphère du Tryptique flotte encore dans l'air et reprend ses droits, mais pendant 3 heures, la magie du Social est passée par là ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mercredi 23 janvier 2008

L'ami de la semaine est un ami de l'humanité toute entière.

Le père Patrick Desbois arpente inlassablement les plaines et les forêts ukrainiennes depuis plusieurs années. Il a décidé de creuser le sol ukrainien et la mémoire de quelques paysans, survivants de l'occupation nazie.

A cette époque, entre l'été 1941 et le printemps 1943, les nazis se livrèrent à l'extermination d'environ un million de juifs ukrainiens, en arrière du front sur lequel allait finir par se briser du côté de Stalingrad le fer de lance de la Wehrmacht.

Cet aspect de l'Holocaute, que l'exposition qui vient de s'achever au mémorial de la Shoah à Paris dénomme "la Shoah par balles", reste un volet méconnu de l'extermination des Juifs pendant la dernière guerre.

Aussi, le travail de fourmi accompli (et encore poursuivi aujourd'hui) par le père Desbois et son équipe mérite-t-il d'être reconnu à la hauteur de la connaissance historique qu'il apporte : des dizaines de témoignages d'habitants des villages et bourgades où l'extermination fut commise inlassablement par les bourreaux, des recherches dignes d'une opération de police scientifique de grande échelle sur les centaines de sites, ravins et fosses communes comblés et dissimulés par les nazis, afin de retrouver les preuves du massacre et dénombrer les victimes.

En révélant cette nouvelle facette de la barbarie nazie, le père Desbois ne fait pas qu'apporter une charge supplémentaire à l'épais dossier des atrocités de la Shoah. A côté de l'historien, se trouve avant tout l'humaniste qui réveille la mémoire de tout un pan d'humanité, offre enfin un souvenir et une sépulture à toutes ces victimes quasiment oubliées tant les traces de leur martyr furent scrupuleusement dissumulées.

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Quelque part en Ukraine, un témoin revient sur les lieux d'un massacre et guide le père Desbois dans ses recherches

A cet égard, aussi bien sur le plan de la qualité cinématographique que de la portée morale de l'oeuvre, les 4 ou 5 heures de vidéo tournées au fil des témoignages recueillis par le père Desbois n'ont pas la valeur de 5 mn du magistral "Shoah" de Lanzmann, reconnaissons-le.


Qu'importe, le travail du père Desbois révèle tout autre chose que le travail de Lanzmann, par son matériau principal, des témoignages relatifs aux camps d'extermination et au ghetto de Varsovie, ne pouvait pas aborder.

Je m'explique.

On a amplement décrit et analysé l'organisation hiérarchique et scientifique qui fût bâtie et dirigée d'une main de fer par Himmler dans le cadre de la "Solution finale". Ce processus, enclenché à l'été 1942, finit par mettre tout un appareil policier, militaire, industriel et administratif au service du meutre de masse, parfaitement rodé et à son plein régime à Auschwitz, après les "approximations" commises par l'encadrement nazi dans l'organisation des premiers camps du génocide.*

A la question : "comment une telle barbarie a-t-elle pu être commise par des êtres humains ?" on a su répondre par :

- d'une part, le poids de la hiérarchie militaire nazie et la crainte de l'autorité que chaque niveau pouvait inspirer au niveau inférieur chez les SS. C'est l'argument moralement inacceptable, bien que fondé sur une réalité, qui a soutenu la défense minable de nombreux criminels contre l'humanité (collaborateurs vichystes inclus) : "je devais obéir aux ordres". (Pouah ! rien que de l'écrire, ça me donne envie de vomir ...)

- d'autre part, le morcellement de la responsabilité du meurtre de masse entre de multiples intervenants parfaitement coordonnés, mais n'ayant chacun isolément qu'une prise limitée sur les événements et une vision partielle du processus d'extermination. C'est l'argument tout aussi minable qui fut opposé par certains à leur accusation : "si je n'avais pas été là, quelqu'un d'autre l'aurait fait et je ne pouvais rien empêcher à moi tout seul". Ca part du fonctionnaire qui recensait les juifs sur son registre en préfecture jusqu'au SS qui versait le zyklon dans la chambre à gaz. Re-pouah !

En résumé : une tyrannie qui impose les ordres les plus fanatiques et une industrialisation du processus qui demande à chacun de jouer son "petit rôle", indispensable au résultat final, mais ressenti comme "marginal" par rapport à l'ensemble de la chaîne.

Eh bien, ou veux-je en venir ? J'y viens ...

Le travail du père Desbois met la lumière sur une organisation génocidaire tout autre chez les SS et associés (Schutzpolizei et j'en passe) auteurs de la Shoah commise en Ukraine : ce que l'on pourrait appeler une "tyrannie libérale" (appréciez l'oxymore) qui laissa à chaque intervenant une grande liberté dans les moyens de parvenir à un objectif qui lui, au demeurant, n'était pas négociable ni libre d'interprétation.

Quelques exemples de lattitudes offertes aux auteurs des massacres de Juifs en Ukraine :
- réquisition ou non de villageois pour certaines basses oeuvres
- élimination ou non des témoins et des traces des exécutions
- méthodes d'exécution non normalisées
- méthode de spoliation, de récupération et de revente variables des biens et effets des victimes
- complicité plus ou moins active de collaborateurs antisémites ukrainiens

Rien de commun donc, avec les procédures codifiées avec un extrême cynisme dans les camps d'extermination situés en Pologne.

Alors bien sur, cette facette de la culpabilité de l'Allemagne nazie dans l'Holocauste est d'un autre ordre que celle que l'on conçoit quand on se réfère à Auschwitz.
Elle met bien davantage en cause, si c'était nécessaire de le démontrer à nouveau, la responsabilité individuelle de chaque intervenant impliqué dans ce processus criminel : il n'y avait pas un "monstre dément", Hitler, et une masse d'exécutants terrorisés, "coupables à l'insu de leur plein gré", dont le seul tort aurait été d'être disciplinés et un peu trop militaristes sur les bords.

Non, il y a eu une multitude d'acteurs responsables de leurs actes, certes conditionnés par une propagande d'Etat implacable, mais ayant chacun eu le choix de d'agir avec zèle ou non à son niveau de responsabilité. Et il y a bien eu en face, un certain nombre de personnes pour aller jusqu'au bout dans le refus de l'avilissement et s'opposer à la barbarie.

"Fin de la première époque" (si je peux oser cette paraphrase).

* voir "Shoah - première époque", sur la période 1941-42, qui décrit largement le fonctionnement peu conforme aux exigences de "productivité" d'Himmler dans les camps de Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka


Dans quelques jours, je vous parlerai d'une autre forme de "tyrannie libérale", moins monstrueuse et criminelle celle-là dans sa manifestation et ses conséquences humaines, bien entendu, mais terriblement insidieuse et d'actualité.
Pas de méprise et d'analogie douteuse sur le fond, entendons-nous bien, mais un  parallélisme en terme de "sociologie des organisations" qu'il sera peut-être intéressant de souligner en évoquant l'oeuvre d'un autre "ami de la semaine
".

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Samedi 5 janvier 2008

En cette période de l'année, chacun y va de son best of 2007. Chaque média, chaque émission de télé ou de radio nous inflige sa purge, et même au boulot, on fait une sorte de best of en présentant son bilan d'activité au boss ...

Alors pour ne pas rester en reste et pour ne pas vous décevoir, chers lecteurs et surtout lectrices, qui êtes de plus en plus nombreux à visiter mon blog, j'ai décidé de céder à cette mode dans un élan de conformisme assez inhabituel dans ces pages, vous me l'accorderez.

Mais best of de quoi au fait ?

De mes articles ? Nan, inutile, ils sont tous bons ...
Des commentaires ? Il n'y en a pas assez pour justifier un classement, et toutes mes commentatrices sont sûres de toute façon d'être sur le podium.
Des soirées ? Ah ..., ça chauffe ... oui, les meilleurs sets de l'année pour être précis. Enfin, uniquement ceux que j'ai vu, ce qui réduit d'emblée la prétention de mon classement et son objectivité.

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Tandis que le best of célèbre l'élite et la performance, la programmation des bêtisiers sur les grandes chaînes hertziennes les soirs de réveillon répond à un double objectif social en distrayant d'une part les personnes isolées, seules devant leur écran de TV, et en permettant d'autre part à des présentateurs et présentatrices dépourvus de talent d'accéder au prime time

Bon, assez de blabla.
Alors, y a eu du bon son en 2007 ? Un peu, ma nièce !  Mettez les boules quiès, ça va taper ...

Par ordre chronologique et donc sans hiérarchie à l'intérieur de cette liste, car quand on aime on ne classe pas :

Tobias Thomas @ nuits sonores, 16 mai
C'est sous des trombes d'eau ininterrompues que quelques dizaines de malades mentaux dont je faisais partie ont eu le bonheur d'assister à ce set dense et mélodique livré par un Tobias Thomas pas plus décontenancé que çà par la faible assistance. Exemple absolu de professionnalisme.
Un peu moins de professionnalisme en revanche, dans l'organisation du festival dont l'amateurisme a conduit à gâcher la prestation de plusieurs artistes de renom ce soir là, faute d'avoir prévu un espace abrité pour le dancefloor en plein air.
Dégât collatéral : sardineland pendant 5h dans la salle principale qui, elle, était abritée (ouf!).
Rappel d'une évidence : le ciel de Lyon en mai n'est pas celui de Barcelone en juin, ni de Benicassim en août.

Ellen Allien @ nuits sonores, 18 mai

Le déluge de l'avant-veille n'était plus qu'un mauvais souvenir pour les festivaliers, mais le sardineland était toujours d'actualité devant la scène principale des Subsistances pour écouter la belle Ellen.
Un minimum de jugeotte dans la programmation nous permit néanmoins d'éviter l'hécatombe par asphyxie puisque les deux stars de la soirée étaient sagement programmées de 3h à 4h30 (Ellen) puis de 4h30 à 6h (la Kittin), tranche horaire élitiste dans les festivals où beaucoup dorment déjà soit chez leur mère, soit dans leur vomi.
Résultat : le set le plus énergique et inventif d'Ellen Allien que j'avais entendu depuis longtemps, prévenue de sa tendance habituelle  à "se diluer" sur les sets plus longs.
Pour la Kittin, phénomène inverse et relative déception : en une heure trente, la féline à queue de cheval eut à peine le temps de se chauffer et de trouver le juste équilibre entre mix et chant (pas grave, on s'est rattrapés à Brest).

Jennifer Cardini @ kill the dj, 27 juin
Un set à la fois énergique et pas bourrin qui cloturait de 3h à 6h en gros, une soirée kill the DJ post-Pulp un peu exceptionnelle au Point Ephémère, où Chloé avait ouvert le bal. Pour ma gouverne, une mufflée également exceptionnelle dont je ne suis pas tout à fait fier, mais qui ne m'a pas empêché pour autant d'apprécier le doigté de Jennifer, qui s'installe définitivement dans la cour des grands en 2007.

miss Kittin @ astropolis, 2 août
La miss a beaucoup tourné cette année en France, mais ne jouons pas nos blasés car il se pourrait que le rythme de ses prestations se distende en 2008. Je l'avais loupée au Rex au printemps, j'avais été frustré par la faible durée de son set à Lyon, je fus comblé par sa présence aux platines et au micro et par la chaleur qu'elle sut développer dans la salle conviviale du Vauban à Brest. Euh ..., au fait, Caroline, on te préférait quand même avec les cheveux courts ...

Ivan Smagghe & Chloé @ astropolis, 3 août
Tout comme celle de Kittin, cette prestation a déjà été chroniquée dans ces pages, donc je ne m'étendrai guère sur le sujet. Soulignons tout de même l'excellente endurence du tandem qui a tenu les manettes de minuit au petit matin dans une ambience torride, au sens propre comme au sens figuré.

Amon Tobin @ astropolis, 4 août
Une performance d'Amon Tobin en France fait partie de cette catégorie de miracles et de purs moments de bonheur qui passent relativement inaperçus dans le buzz hexagonal des musiques électroniques, davantage occupé à idolâtrer quelques versaillais versatiles au sommet de la hype.
Pourtant ce set fut inclassable, virevoltant, dérangeant, créatif, intemporel, à l'image de l'excellente production de son auteur, que je ne peux que vous conseiller de réécouter sinon de découvrir.

Agoria @ astropolis, 4 août
A la teuf au manoir de Keroual, Agoria décide de se dédoubler : live puis dj set. Le live est un exercice nouveau pour lui, mais le dj set, çà il connaît et nous, on se lasse pas. En plus, il pleut même pas et les mecs chargés qui comatent dans le parc sont même pas recouverts de boue. C'est-y pas le paradis, çà ?

Superpitcher @ kill the dj, 29 septembre
Au milieu d'un plateau de choix, le blondinet a enflammé le Cabaret sauvage et a occulté Chloé et Ivan Smagghe, pourtant en bonne forme ce soir là. Une leçon impériale de mix en deux heures top chrono dont vous retrouverez la chronique dans ces pages.

Justice @ tsugi, 24 octobre
Depuis leur piètre prestation à Astro, comparable à du sous- 2 many DJs sur le retour (c'est dire ...), les deux gendres idéaux de Justice me devaient une revanche et me prouver que leur réputation d'as du mix n'est pas totalement usurpée. A la surprise générale de moi-même, ce fut chose faite ce soir-là à la Loco pour la première soirée Tsugi, devant une assemblée pré-pubère pour cause de veille de congés scolaires (un mercredi ..., quel blaireau, j'aurais dû y penser !).
Damned je suis fait ! Me voilà contraint à mettre au rencard mes préjugés et mon mauvais esprit anti-versaillais pour reconnaître l'excellence du son lourd mais érudit du tandem "Barbu et Barbu", magnifié par le sound system de la Loco. Bien joué les gars, je suis votre obligé.

Sascha Funke & Kiki @ rex, 15 novembre
Le mois de novembre au Rex club ressembla à un feu d'artifice de 30 jours ininterrompus où le meilleur le disputa à l'excellent. C'est peu dire qu'on s'est particulièrement gavés avec quelques sets mémorables, dont ce duo marathonien des deux frères ennemis de Bpitchcontrol.
Point d'orgue de la soirée, les deux dernières heures qui donnent lieu au vrai ping-pong des familles, où chaque DJ répond plage par plage à son comparse : Sascha a la moustache qui tue, Kiki porte un de ces atroces polos finlandais dont il a le secret, la vitre de la cabine du Rex est ouverte et nous, ben on est tout contents !


Ben voilà ce best of touche à sa fin, comme on dit à la télé : c'était ma sélection imparfaite et partiale de l'année 2007. 
Y a plus qu'à faire mieux en 2008 les petits, je vous donne rendez-vous pour un nouveau best of l'année prochaine, ou alors ptet' que non ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 30 décembre 2007

Grâce à son statut de suppléante de l'AMAP du 19è (une AMAP qui a un maraîcher, elle ...), ma coach m'a amené l'autre soir toute une cargaison de légumes d'hiver : des patates, des carottes, du céleri rave, des oignons et ... un OVNI : une courge avec une drôle de tête, la courge butternut.

Comme la plupart de ses congénaires de type courge, la courge butternut se prépare essentiellement en soupe. Conseil amical de ma coach en légumes bio pour cette préparation : mettre du lait de soja (moi, ce sera de la crème fraiche) et une épice.

Avec toute la modestie qui me caractérise, je peux vous dire que le résultat est pas mal :

1. La courge est difficile à découper et à éplucher à cause de sa peau très dure. Faites pas votre chochotte et coupez-moi ça en cubes de 3 à 4 cm de côté, que vous bennerez dans une casserole.

2. Recouvrez d'eau : dans le doute, pas trop car si à l'arrivée, la soupe vous paraît trop épaisse, il suffit de rallonger avec de l'eau (ou du lait), alors que si elle est trop liquide, vous devrez faire réduire, je vous fais pas un dessin ... Mettez à chauffer en couvrant la casserole.

3. Temps de cuisson : en gros 30 mn, le temps que la courge commence à bien se déliter quand on la toutouille avec une cuiller.

4. Mixez la mixture au mixer (3 fois "mix" en 5 mots, vous noterez ...) jusqu'à ce que ce soit bien homogène. Rallongez avec de l'eau ou du lait donc selon votre goût. Salez.

5. Ajout d'une épice : moi, j'ai choisi de la coriandre (en poudre), disons une cuiller à café rase pour 1l de soupe, mais je pense que du cumin peut bien le faire aussi. Le curry me semble inadapté à la saveur de la butternut, en revanche.

6. Ajouter en gros une cuiller à soupe de crème fraiche pour 50 cl de soupe (si vous n'avez pas rallongé au lait), sinon je vous conseille moins ...

recette-soupe-courge-butternut.JPG

Accompagnement :

- Quelques lamelles de céleri rave cru qui, avec leur légère amertume, répondent très bien à la saveur sucrée de la butternut (la soupe a un peu un goût de chataîgne, c'est fou !).
- Pain bio de l'AMAP Nation (en cours de constitution) préparé par William, le paysan-boulanger de la Brie
- En fin de repas, un vieux reste de livarot et de comté avec des abricots secs et quelques noisettes vous caleront définitivement.
- Set de table orange pour renforcer la cohérence chromatique de l'ensemble.
- Ambiance : écoute de "Chromophobia" de Gui Boratto, ou visionnage de "Travail d'arabe", une excellente comédie douce amère de Christian Philibert.

par paquito publié dans : La recette du jour
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Samedi 29 décembre 2007
Comme je me le faisais dire encore très récemment à l'heure du thé, les meilleures soirées sont souvent celles sur lesquelles on aurait pas misé un cachou : cette évidence mérite d'être rappelée ici je pense, à travers le récit de la dernière soirée Divine au Rex, le week-end dernier.

Cette virée du samedi avait en effet tout pour être foireuse : piètre mise en jambes avec des bars bellevillois déserts et pénurie de complices, pour cause de préparation mentale collective à la dinde de Noël. Bref, rien n'engageait à la soirée délirante ...

Mais voilà, j'avais une revanche à prendre sur l'avant-veille où la tôlière de BPC nous avait fait faux bond boulevard Bonne Nouvelle, et ma curiosité naturelle (...) fit le reste en me poussant à aller vérifier de visu tout le bien qui était écrit dans le Rexorama sur les protagonistes du jour.

Bien m'en prit !

En première page du menu, un petit tour de chauffe avec une valeur sûre des warm up, l'ami Ai, un temps vieux routier des débuts de soirée Panik. Ce garçon, aussi sympathique derrière ses platines qu'autour du bar, nous avait déjà placé sur un bon braquet sur le coup des 1h et quelques, grâce à une sélection house tonique à souhait, quand il dut laisser la place au live de Clara Moto.

La jeune Clara est modeste et réservée, mais ne vous y trompez pas : sa technique de live est déjà pleine d'assurance et de maîtrise. Sa production n'est pas du genre à incendier le dancefloor, reconnaissons-le, mais allez savoir pourquoi, l'audience du Rex se trouva rapidement envoutée par la jolie autrichienne et pas qu'à cause de son minois.

Après avoir essayé (en vain) de comprendre les rudiments de la technique de Clara, grâce à la possibilité toujours offerte au Rex de zieuter ce qui se passe sur l'estrade dédiée aux lives, mon chemin me faisait enfin croiser la star de la soirée, en train de se mettre en condition pour son set autour du bar.
Clo-clo Vonstroke fait son mètre quatre-vingt-cinq et son quintal facile, mais il est beaucoup plus jovial en vrai que sur les photos et vous met à l'aise en un clin d'oeil : ah ! ces ricains ...

Ses galettes aussi nous ont mis à l'aise : pas de faux rendez-vous avec Vonstroke, c'est une garantie. Au résultat, 2h de set millimétrées avec un son house festif et pointu qui mit toute la salle sur orbite. Claude a pas fait le voyage depuis Detroit pour rien et s'est fait plein d'amis ce soir là au Rex qui en redemanderont, c'est certain.

Cette chaude ambiance se poursuivit gentiment avec le retour de DJ Ai pour conclure la soirée, pendant que mes nouvelles connaissances du jour, Amélie et Julien, tentaient de me saoûler au Jägermeister, une sorte de Génépi bavarois assez douteux.

jagermeister.jpg
Who's afraid of Jägermeister?

Mais malgré l'effet de ce breuvage, jusqu'au bout je restais concentré sur le son, suffisamment lucide pour tenir une conversation en anglo-clubbing (l'anglais qu'on essaie de parler dans les clubs avec 90 Db dans la chetron) et tirer au clair ce que bricole Clara entre Graz et Barcelone ...

Y a des soirs comme çà, où on a l'impression de faire partie d'une grande famille avec quelque chose qui flotte dans l'air qui réunit les clubbers, les DJs, les touristes en goguette et le staff du club : le bon son sûrement, à moins que ce soit l'effet mystérieux du Jägermeister ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Jeudi 27 décembre 2007
... de vouloir faire un monde meilleur, mon bon monsieur ! 

J'ai comme une boule à l'estomac, là, alors mieux vaut ne rien dire de plus.

Benazir-Bhutto.jpg
Mohandas Karamchand, Martin Luther, Salvador, Olof, Anouar, Yitzhak, Indira, Bénazir...
to be continued
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Samedi 22 décembre 2007

Le Monde et la Minc team sont un peu ébranlés ces jours-ci, mais que les citoyens du Sarkoland se rassurent : le quotidien français "de référence" peut changer de direction, il n'en restera pas moins réac à souhait.

C'est par pur hasard qu'un article daté du 22 septembre dernier tiré de l'auguste publication et consacré à la biennale de Lyon m'est tombé sous le nez cette semaine, alors que je m'en revenais justement d'un week-end placé sous le thème de l'art contemporain, dans les deux cités rivales de St-Etienne et Lyon.

Dans ce domaine, justement, les deux rivales étaient diablement complémentaires cet automne et la rétropective très vulgarisatrice du MACSEM, organisée à l'occasion des 20 ans de l'institution, faisait parfaitement écho à la sélection très actuelle et déstructurée de la biennale.

Sur cette biennale tant controversée cette année, que lisions-nous donc dans les colonnes du journal de référence ?
"Une biennale sans foi ni choix" (ha ! ha ! on dirait un jeu de mots de l'Equipe, ça commence bien ...). Bien m'en avait pris, je n'avais pas lu cet article qu'une personne chère pourtant m'avait délicatement communiqué en sachant que je projetais une excursion chez les gônes. Etait-ce pour me décourager ... ?

Assez de digressions, revenons à la tribune des réacs. "Sans foi ni choix" : so what ? Pourquoi faut-il avoir la foi ? faut-il faire des choix coûte que coûte dans chacun de nos actes, qui plus est dans la création artistique, pour que l'on sache bien dans quelle case nous ranger ?

L'art contemporain ne cherche-t-il pas justement à prendre le pouls de son époque ? Notre monde, malgré les gesticulations diplomatiques du nain, n'est-il pas justement sans foi ni choix (ni loi) ?
Ben oui, c'est ce que confirme brillamment l'excellent et touffu supplément qui avait été consacré à l'événement culturel lyonnais par les Inrocks en septembre, et qui était généreusement distribué aux visiteurs de l'expo : merci les amis, y a au moins un journal qu'a bossé dans ce pays.

vigier-a-la-biennale.jpg
Qu'est ce que l'oeuvre ? Le résultat (une représentation par exemple) ou le processus de création dans toute sa durée et son imperfection ? Question essentielle que nous rappellent Annie Vigier et Franck Apertet, en donnant à voir aux visiteurs de la biennale le "spectacle" des 4 mois de répétition de leur nouvelle composition, assez déshabillée. Les critiques du Monde trouvent tout çà très convenu. Moi, je suis inculte dans un monde encore plus inculte alors je dis bravo !

Après avoir remis en cause et réglé son compte à l'approche classique de l'art au cours du XXème siècle, l'art contemporain semble aujourd'hui se remettre en cause radicalement, à travers la production des jeunes et moins jeunes créateurs invités cette année à Lyon.
Diversification des formes et uniformisation des concepts semblent aller paradoxalement de pair, et on ne sait bien plus ce qu'est une oeuvre au sortir de cette expo, tout comme on ne sait plus trop ce qu'est la société quand on sort de chez soi, ni ce qu'est la liberté d'expression quand on fait un détour par un kiosque ou qu'on allume la télé.

Alors voilà, je vous déconseille la lecture du Monde et vous recommande plutot de vous faire votre propre opinion si vous le pouvez, en allant visiter la production hétérogène de cette biennale, jusqu'au 6 janvier.

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Agenda

07/06 villalobos @ welove ...
07/06 dusty kid @ social
12/06 axel bartsch & losoul @ rex
12/06 jennifer cardini @ social
14/06 henrik schwarz @ rex
28/06 ben watt & mle caro @ rex
28/06 renato ratier @ nouveau caz'

tous les premiers vendredis du mois au Chéri(e), John Jastszebki, un ptit gars sympa

du 14 au 17 août, Astropolis 2008 avec carl craig, dave clarke, ed banger
(detroit, londres, versailles : cherchez l'intrus)
 

Playlist

production
villalobos, fabric 36
sascha funke, mango
chloé, the waiting room
gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
fairmont, coloured in memory

DJ set
jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
tobias thomas, fur dich
M.A.N.D.Y., fabric 38
erlend oye, dj kicks
audion, fabric 27

la track qui tue
compuphonic & kolombo, emotion

revival
josh wink, don't laugh (chloé @ rex)
inner city, big fun (jennifer @ rex)
davina, don't you want it (efdemin @ nuits sonores)

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