Vendredi 14 décembre 2007

L'amie de la semaine s'appelle Corinne Maier. Cette essayiste a indéniablement de l'aplomb et développe un humour féroce pour convaincre le lecteur désabusé et cynique (son coeur de cible) de ses thèses plus politiquement incorrectes les unes que les autres.

Mais l'amie Corrine ne fait pas dans la provocation gratuite pour le seul plaisir de faire rire en choquant. Son discours décapant est étayé par une analyse sociologique pertinente qui parlera davantage, reconnaissons-le, aux lecteurs de Charlie qu'aux abonnés du Figaro.

Dans ce registre, Bonjour paresse, commis il y a 3 ou 4 ans, avait déjà défrayé la chronique et décoiffé les aficionados du CAC 40. Néanmoins, l'humour second degré l'emportait nettement sur la rigueur scientifique de l'essai et ce pamphlet m'avait semblé somme toute plus distrayant que convaincant dans son propos.

Mais Corinne s'est bonifiée à l'occasion de son dernier opus que je vous recommande particulièrement à l'approche des fêtes, histoire d'avoir enfin une bonne raison pour vous engueuler avec la famille ou les amis. Rassurez-vous, citer du Maier entre le foie gras et les huitres ne risque pas de gâcher plus que cela les sacrosaints repas de famille lénifiants du 24 et autres réveillons soporifiques du 31 : quand on a déjà une jambe de bois, on ne risque pas la panari à l'orteil.

No kid, paru il y a près d'un an donc, a tout pour mettre le feu aux poudres au milieu du conformisme ambient : il renforcera les adultes immatures dont je fais partie dans leur conviction de ne pas procréer (ou du moins de ne pas en assumer les conséquences multi-décennales) tandis que les malheureux parents trentenaires ou quadras qui méritent toute ma commisération pour leur terrible aliénation, s'offusqueront de s'entendre ainsi révélée sur la place publique l'abomination honteuse de leur martyr permanent au lieu d'accepter notre empathie légitime (à Corinne, à moi et à tous ses lecteurs).

Corinne Maier n'est pas antinataliste par ur égoïsme : c'est là une des forces de sa démarche, puisqu'elle est paradoxalement une "maman aimante". Certes, elle confie en introduction que si c'était à refaire, elle n'engendrerait pas probablement ses deux chères têtes blondes, mais son discours est davantage fondé sur une analyse sociologique et économique, qui n'est pas sans rappeler les thèses des promoteurs de la décroissance, que sur une rancoeur qui puiserait sa source dans les affres de la crise de la quarantaine.

Liberté et culture plutôt que libéralisme et accumulation de biens : le propos n'est pas nouveau, mais le cadre choisi ici pour l'illustrer (le mode de vie aliénant et stressant induit par la parenté dans la société actuelle) est assez détonnant.

Résumons. Enfanter est un refuge conformiste face à la perte d'illusions de notre époque et, philosophiquement, un médiocre échappatoire à l'angoisse de la mort pour la plupart d'entre nous qui ne sommes plus croyants. Inversement, assumer de ne pas vouloir être parent, c'est être hors norme à une époque où il devient de plus en plus difficile de l'être et la réprobation moralisatrice que l'on doit essuyer dans ce cas (surtout si on est une femme) n'est pas très différente de celle qui touche les SDF volontaires, les feignants de tout poil, les adonnés à une addiction et autres anti-hygiénistes, ou encore les réfractaires à la consommation dans leur forme la plus radicale.

Selon que vous vous situez d'un côté ou l'autre de la frontière (réellement ou potentiellement, comprendre : déjà parent ou désireux de l'être), No kid vous amusera ou vous choquera, mais dans les deux cas, je crois que ce livre vous inquiètera. A une époque où l'on nous infuse des revivals très dispensables à toutes les sauces (encore un des symptômes d'une société à bout de souffle et en mal de créativité), No kid nous fait prendre conscience implacablement du grand retour en force des valeurs portées par le tryptique nauséabond "travail, famille, patrie".

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Poussette "Slalom", coque et nacelle incluses pour seulement 799€. A quand, le biberon profilé en titane ?

Pour aller plus loin dans l'analyse, forts de cette nouvelle lucidité, un petit visionnage des 4 heures du Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls pourra nous être du meilleur profit.
Pour défendre l'antithèse de No kid, tout de même, car du sacrifice de l'adulte peut aussi naître légitimement la joie de l'existence de l'enfant puis de l'adulte, je vous conseillerai par exemple, la lecture ou relecture condensée et néanmoins joussive de la Métaphysique des tubes, à mon humble avis le meilleur roman de loin de la batcave azimutée de Belleville.
Quant à la synthèse, elle sera propre à chacun d'entre nous, bien évidemment, et pourra varier d'un jour à l'autre, en fonction de notre réaction de l'instant face à divers stimuli, comme par exemple passer devant une école à l'heure de la sortie des classes ou faire ses courses dans un supermarché ...

No kid ou Quarante raisons de ne pas avoir d'enfant - Corinne Maier

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Morceaux choisis :

"Depuis quelques années, les parents débordés ont trouvé une solution : la garde alternée. (...) C'est une sorte de mi-temps familial. D'accord, cela exige que le couple se sépare préalablement, mais c'est un détail par rapport à ce à quoi on échappe. (...) Et puis, l'égalité, çà se paye ; le partage égalitaire des tâches ne s'accomplit réellement que si le couple se sépare."

"L'enfant est une sorte de nain vicieux, d'une cruauté innée (Michel Houellebecq)."

"Rien de plus limité que la conversation du parent sidéré parce qu'il a réussi à créer un être humain. Aussi, lorsque l'enfant paraît, les amis disparaissent"

"Au royaume de la marchandise, l'enfant est dans son élément. Ce que promeut le capitalisme, toujours plus d'objets (...) difficiles à recycler, des biens interchangeables, vite obsolètes et renouvelés à l'infini, c'est exactement ce qu'il veut. Tant qu'il y aura des enfants, le monde absurde dans lequel nous vivons aura de l'avenir."

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Dimanche 18 novembre 2007
Michael Mayer fait partie de ces bons amis qu'on est toujours ravi de revoir parce que l'on sait que chaque nouvelle rencontre, bien que différente, tient toujours ses promesses.

A la faveur de l'excellente programmation du Rex de ce mois (nous y reviendrons) le boss de Kompakt était donc de service la nuit dernière sur le bd Bonne Nouvelle pour une session de plus de 6 heures en compagnie de sa camarade d'écurie, l'inévitable Jennifer Cardini.

C'est l'art subtil du DJ de trouver cet équilibre si fragile entre cohérence du son, afin de ne pas décevoir son public, et variations d'ambiances, afin d'éviter l'effet routinier. Dans ce registre, Michael fut tout à son aise hier en mixant une sélection excessivement rythmique qui se démarquait pourtant des sonorités minimales les plus en vogue.
Flirtant parfois avec le son lourd et pesant qui caractérise certaines productions de Kompakt, Mayer sut toutefois, au fil de ses 4h de set en solo, éviter le piège du bourrinage-matraquage qui aurait fini par anesthésier la salle.

Mais c'est la fin de la nuit qui à mes yeux révéla le grand talent du maître en plus de sa convivialité et de son caractère festif.
Sur le coup des 6h00, Mayer réussit à faire basculer avec maestria le set de l'ambiance électro musclée dans laquelle il nous maintenait depuis une heure ou deux vers le final éclectique convenu, inévitable désormais dans les "grosses" soirées.

Une transition fulgurante menée en un petit quart d'heure qui marque définitivement la différence entre un DJ qui travaille réellement le son et la vulgate des pousse-galettes qui juxtaposent les hits dans le genre "j'ai pas d'oeillères, j'aime toutes les musiques et le morceau se suffit à lui-même" (à déclamer avec l'accent belge ou versaillais, selon votre envie).

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Après 6h de set, la crêpe au nutella vous requinque en moins de deux, à condition d'aimer çà bien entendu ...

Michael Mayer ne fait pas les banquets et mariages et il nous dicte sa leçon en 3 galettes pour réussir l'exercice imposé :
- 1er temps, prenez un standard house des années 80, rendez-le presque méconnaissable en distordant le son à outrance et en le mixant avec le premier morceau de minimal qui vous passe sous la main. Vous n'avez jamais imaginé qu'on pouvait infliger çà à Jaydee et à son Plastic dreams mythique et c'est bien normal.
- 2ème temps, exhumez EBTG et son Missing des chaumières, filtrez le chant et plaquez tout ça sur un bon son électro bien saturé. Vous savez plus sur quoi vous dansez, mais vous dansez.
- 3ème temps, préparez l'atterrissage et annoncez la couleur à votre public avec un bon Inner City des familles acidifié comme il se doit. Sur la piste, un ou deux jeunots soupirent, mais les trentenaires vous adorent car vous venez de leur faire perdre 15 ans, et avec la manière en prime.

Vous avez pris des notes ? Plus en état ?

Allez, ouste ! dehors sur le trottoir, la marchande de crêpes fait aussi chauffer ses galettes : à ce qu'il paraît, elle mixe le gruyère et le nutella comme personne ...
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mardi 13 novembre 2007

A mon grand âge, j'ai plutôt tendance à préméditer mes sorties en club, mais il m'arrive encore parfois de partir sur des plans téméraires à l'instinct, comme l'autre vendredi.

Tout a basculé après une bonne montée en régime au Chéri(e) où un quatuor de DJ en herbe avait bien décrassé les enceintes, à coup d'électro assez énervée (en tout cas, le patron lui était assurément énervé à cause du boucan). Dans ce contexte propice à l'action, difficile de ne pas essayer de transformer l'essai.

Rien de fulgurant à l'agenda a priori, alors j'interroge à tout hasard le gazier à côté de moi sur l'hypothèse Nouveau Casino, où j'avais tout de même noté une programmation électro aus Hamburg. Désapprobation de mon voisin, mais je m'en fous : dans le teuton tout est bon, alors en route pour la rue de la soif ...

Au fil des ans, la rue Oberkampf n'a cessé de s'enfoncer : naguère rue d'ateliers d'artisans, il y a 10-12 ans, rue des bars branchés, puis rue des touristes, aiguillés à grands coups de Lonely Planet, et finalement, rue des pochetrons et de tout ce qui vole pas bien haut.
Moi qui ai vécu dans ce quartier il y a une dizaine d'années, je m'y sens de plus en plus étranger, si ce n'était le magasin kitsch de "L'auto-école", qui survit miraculeusement dans cet environnement hostile de bars keglau, et me rappelle à mes vertes années, snif ...

Au milieu de cette cour des miracles, le Nouveau Casino est un lieu improbable, plein de contrastes : le meilleur y cotoie le pire, et cette soirée n'allait pas déroger à la jurisprudence.

2h00 et pas de queue à l'entrée ... Y a personne ?
Si, si, c'est déjà bien garni, mais la porte du NC est du genre courant d'air : t'as plus de chances de te faire refouler à l'entrée du Macdo. Bon, c'est toujours ça de pris, d'autant que le tarif est toujours friendly.

On est déjà presque en hiver, et qui dit hiver dit vestiaire, même pour moi qui suis jamais assez couvert, comme dirait ma mère (ça rime, vous avez remarqué ?).
Premier contraste : le vestiaire est aussi inorganisé que les physios sont débonnaires. C'est la feinte : dans cette boîte, la queue est à l'intérieur, pas à l'extérieur. Allez, je positive, car qui dit queue dit promiscuité, et qui dit promiscuité dit convivialité ...

Une fois à mon aise, deux options s'offrent à moi : la piste ou le bar. Curieusement, j'opte pour le bar (ha ! ha ! quel humour j'ai ce soir). Le bar du NC est un bar de club comme on les aime : pas trop cher, bien placé en bord de piste, ce qui permet de profiter de l'ambiance tout en attendant sa conso, et enfin tenu de mains de maître par le staff, de mains de maîtresse, devrais-je dire.
La balance penche à nouveau du bon côté (2-1 si vous suivez), mais rien n'est encore joué dans ce match entre le cool et le naze, car les épreuves à plus fort coefficient restent à venir.

Test suivant, le son : l'avantage d'une boîte moche mais compacte comme le Nouveau Casino, genre bunker en forme de cube, c'est que c'est assez facile d'avoir un gros son bien homogène. Ben les mecs s'en sont pas privés, et c'est concluant.

Sur la piste, si le son mérite un satisfecit, je n'en dirais pas autant de la fréquentation ... Ben oui, c'est la rançon du laxisme de la porte diront certains ; c'est le quartier diront d'autres. Les deux, à mon avis.
Résultat, une densité record de balourds assez inégalable dans la nuit parisienne, au milieu desquels pourtant ,se sont égarées quelques brochettes de gens sympas qui semblent ignorer le voisinage et s'amuser comme il faut. C'est le paradoxe de l'endroit, me demandez pas de l'expliquer.

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Autrefois, la rue Oberkampf était célèbre pour ses ateliers et son artisanat ; aujourd'hui, les spécialités locales sont plutôt le renard et la pizza.

Côté line up, c'est du tout bon : agréable surprise procurée par cette petite bande de jeunots hambourgeois du label Smallville, pas maladroits en live comme aux platines. Je soulignerais pour ma part les deux lives très convaincants de Lawrence et de Pantha du Prince, percutants et fluides. Le score reste donc plutôt favorable ...

Son pointu aux platines, lourdeur sur le floor, je me demande quand même où je suis ... Pour ne pas voir le désastre, je ferme les yeux.
Quand je finis par les réouvrir, une nouvelle surprise m'attend : j'aperçois le mec avec qui j'ai discuté au Chéri(e) et qui m'avait dit de pas venir ici ! En vlà un qu'a de la suite dans les idées ...

L'heure avance et comme souvent, le rapport de force sur le floor s'équilibre : les lourds les moins résistants cuvent ou sont rentrés à la niche ; les plus tenaces ont pêché du gros. Quoi qu'il en soit, ça libère de l'espace et l'esprit festif reprend peu à peu ses droits, d'autant que nos amis prussiens continuent sur leur lancée comme des grands.

A 6h, les chiottes sont ignobles, mais la clientèle reste digne. Le match est joué : l'esprit cool l'emporte d'une courte tête, après une rencontre très disputée.
On a beau faire le mariole, quelque chose me dit que je vais rester un moment sur l'avantage psychologique de ce succès à l'extérieur plutôt étriqué. C'est dit : la prochaine fois, je prévoirai des renforts avant de retouner défier Oberkampf et ses affreux ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Vendredi 2 novembre 2007

Cette semaine, difficile pour moi de me séparer de mon nouvel ami canadien, Fairmont aka Jake Fairley. Faites moi confiance, si vous écoutez son nouvel opus, intitulé Coloured in memory, celui-ci risque de rester gravé dans votre  mémoire (jeu de mots, ha ! ha ! ...) pendant un petit moment.
 
Le missile inter-continental Gazebo, catapulté d'outre St-Laurent il y a plus d'un an, est encore tout chaud sur les floors européens que l'ami Fairmont décide d'envoyer la seconde couche : Coloured in memory vous mettra au tapis (de votre salon dans lequel vous resterez cloîtrés), otages volontaires de cette galette enchantée.

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Ici Sarko, là-bas Fairmont : c'est décidé, je demande la nationalité canadienne ...

Pas vraiment bâti pour le dancee floor, mais pas ambient non plus, à la fois mélodieux et expérimental, enrichi de quelques plages chantées avec parcimonie et justesse, cet album est tout bonnement du grand art made in Border Community.

Une bonne paire de pantoufles, du sirop d'érable et Fairmont dans le bouzin : l'automne parisien va avoir des faux airs d'hiver canadien et c'est bien !

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Vendredi 26 octobre 2007
Eh oui les amis, j'ai eu beau pas mal bavasser ces derniers mois sur les récents sets de Chloé, il faut aujourd'hui, avec le recul, lui rendre hommage pour la réussite éclantante de la soirée de promo de son nouvel album au cabaret sauvage, il y a un mois de cela (je sais je suis un peu lent à la détente).

Déjà le lieu, original et très fonctionnel, était parfaitement adéquat à une bonne fiesta. De surcroit, bar ultra-accessible et efficace : on est tout de suite dans de bonnes conditions ...

Côté line up, passons sur le mini concert rock de service du trio moyennement bien nommé Battant, qui semble abonné aux soirées kill the DJ. Allez, résolution de l'automne : ne plus dire de mal des concerts de rock (enfin pas trop).

Non, rapidement les choses sérieuses commencèrent avec la prestation tant attendue du blondinet Superpitcher, délégué par Kompakt pour l'occasion. On s'attendait à du bon : on a eu du très bon ...
Ce garçon n'a pas usurpé sa réputation et tient le haut du pavé en set autant qu'en production : deux heures de mix qui progressent inexorablement vers la mise à feu du floor. A 2h00 et des brouettes, la soirée était déjà gagnée.

Après la confirmation de la star , vint la bonne surprise d'un trio méconnu qui ne devrait pas le rester : Rework  nous gratifia d'un live d'une heure aussi rafraîchissant et tonique qu'une baignade dans le Neckar. Un son house-tek gonflé aux amphets et une chanteuse tout à son affaire.
On pense à Vive la fête, avec plus de tension et moins d'autodérision. Ma voisine me confirme l'impression, on est d'accord ...

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D'aucuns prétendent que la chanteuse de Rework puise son énergie dans ses nattes magiques ...

Après ces bonnes choses, Chloé et Yvan Smagghe, puissances invitantes de la soirée, n'avaient plus qu'à tirer les marrons du feu et dérouler sur près de 3 heures un set soutenu par un son plus techno qu'électro tout à fait percutant.

Chers lecteurs et lectrices ne m'en voulez pas si je ne commente pas davantage cette dernière prestation, mais je dois bien avouer qu'à ce moment avancé de la soirée, sponsoring en bière aidant, je n'avais plus toute mon acuité d'analyse ...

Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous à la prochaine Kill the Dj, nous nous y croiserons sûrement ...



par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 14 octobre 2007

Am-stram-gram, café chérie, île enchantée, point éphémère ?
Un vendredi soir entamé sous le signe de l'improvisation qui, après quelques errements du côté de Chateau d'eau, se solde par une sage résolution : dans le doute, passe au Chérie ...

Vu de l'extérieur déjà, ça a l'air de bien pulser. Au fond du bar, un grand garçon nommé Rémi vient de lâcher les platines au profit d'une djette qui semble déjà très concentrée sur son set.

Double coup de bol : comme je l'apprendrai plus tard, Rémi passait du rock (ça, c'est fait) ; sa comparse, elle, enchaîne sur de l'électro sympathique comme tout. En plus, l'amie Gatasanta, c'est son nom, a de l'allure : quand tout va, tout va ...
Une heure passe comme un charme dans cette ambiance tonique et raffinée : "électrobass colorée" dit le programme du Chérie, affaire de spécialistes ...

Quoi qu'il en soit, ça commence à se trémousser sagement quand Gwen, l'autre égérie de la soirée, s'installe derrière la sono.
Gwen a l'air de vouloir passer à la vitesse supérieure : on la suit volontiers sur une électro un peu plus cadencée, pendant que le reste du trio se désaltère avec son fan club.

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En 1982, Schumacher explose la tronche de Battiston et Karen Cheryl dépouille le dancefloor avec son hit  "Oh Chéri, Chéri !"

La fin de la prestation du trio, qui émarge chez le naissant label Date recordings, se fait dans un espèce de ping pong foutraque relativement alcoolisé : bon, on est au Chérie, autant dire entre amis ... En plus, le tôlier est pas trop stressé de l'horloge, ce qui permet d'allonger un dernier verre et de taper la discute avant la fermeture.

Sur le trottoir, Jourdain et Bogotà se mélangent un peu dans mes neurones légèrement embrumés. L'effet de l'altitude sans doute ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 14 octobre 2007

Le naze de la semaine, c'est l'être humain soit disant civilisé : tous ceux qui produisent et consomment sans se soucier des impacts environnementaux ainsi que tous ceux qui ne le font pas encore, mais aspirent à le faire ...

Je me contente cette semaine de vous livrer in extenso une interview parue dans le Monde du 14/10 sur la menace de disparition des abeilles et les conséquences à en attendre. Accablant, évidemment ...

Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA

Un monde sans fruits ni légumes ?
LE MONDE | 13.10.07 | 14h10  •  Mis à jour le 13.10.07 | 14h10

Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?

Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.

Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).

S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?

Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?

Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.

Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.

Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?

Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.

Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.

Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?

Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.

Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.

Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne. Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?

Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.

Propos recueillis par Catherine Vincent

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Samedi 6 octobre 2007
Thérapie du jour :

Réécouter The queen is dead avec la dévotion que ce chef d'oeuvre mérite
N'écouter que le son sur le titre d'ouverture, éponyme de l'album
Admirer le flow de l'homme à la banane la plus rock de l'histoire sur Frankly, Mr Shankly
Lire et apprécier la poésie des paroles de I know it's over
Ne penser à rien sur Never had no one ever
Laisser son coeur chanter sur Cemetry gates
Lire et apprécier la poésie des paroles de Bigmouth strikes again
Rêvasser sur The boy with the thorn on his side
Apprécier le jeu d'une des guitares les plus agiles du rock sur Vicar in tutu et, par association d'idées, avoir une pensée fugace pour Mind Bomb de The The
Lire et apprécier la poésie des paroles de There is a light that never goes out
Penser à une personne qui vous est chère sur Some girls are bigger than others
S'étonner de l'incroyable densité de ces 10 chansons dont la durée cumulée n'est que de 37'
Admirer la pose d'Alain Delon tirée du Clan des siciliens sur la pochette, ainsi que la remarquable alliance du fon vert foncé et du vieux rose des caractères
Se dire qu'on devrait écouter plus souvent Belle and Sebastian, Mazzy star et Cat power
Renouveler l'ensemble de l'opération jusqu'à connaître par coeur les paroles de There is a light that never goes out
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Vendredi 5 octobre 2007
"Dig !"
Kézako ?

Le monde de ceux qui aiment la musique se divise en deux catégories : ceux qui ont vu "dig!" et ont découvert l'oeuvre du Brian Jonestown Massacre (BJM pour les avertis) et ceux qui le verront un jour et se diront "quelle crasse j'étais !".

Dig ! est un film documentaire qui au fil de 7 années de reportage suit les parcours divergeants du BJM et de son leader Anton Newcombe, d'une part, et des Dandy Warhols, d'autre part : au départ, la même effervescence ; à l'arrivée, créativité et radicalité vs habilité et compromission avec le music business.

Certains penseront : "oh, non ! encore du rock sur ces pages ! t'es vraiment un vioc qui fait semblant d'aimer la techno". Qu'importe, tel Anton je vous conchie (pour rester poli) : le génie et la subversivité dépassent les frontières de genre, j'assume ma tendance revival rock indé du moment.

Au fait.

Anton Newcombe est un ami, oui, mais un ami infréquentable et dérangeant, embarrassant, qu'on n'accueillerait pas volontiers sur son canapé convertible de salon. C'est l'anti White Stripes, l'anti Vincent Delerm, l'anti M, l'anti Dandy Warhols évidemment, l'anti bon client des Inrocks, l'anti caution des ados et post-ados, l'anti réconciliateur intergénérationnel des repas de famille.

Anton Newcombe est un génie musical qui maîtrise plusieurs dizaines d'instruments acoustiques tout en s'intéressant au numérique, c'est un tyran à la tête de son groupe, ou plutôt de ses groupes éphémères, en comparaison duquel Robert Smith passe pour un démocrate scandinave, il fait de la musique de façon prolifique et instinctivement et se fiche du succès commercial, il est hors mode et non avant ou après la mode.

A l'heure où j'écris ces lignes, Anton Newcombe est surement en train de casser la gueule à son bassiste sur la scène d'une salle minable du Missouri aux 3/4 vide car il lui reproche (avec mauvaise foi) de jouer faux, à moins qu'il ne soit en train de cuver ou de se coltiner son n-ième bad trip à l'héro dans je ne sais quel squat moisi.

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Brice Hortefeux n'entendra probablement jamais parler du BJM et c'est bien fait !

Anton Newcombe est l'exigeance et l'intransigeance perdues du rock, il est quasi-inconnu et pauvre aujourd'hui, et sera peut-être célèbrissime dans 20 ou 50 ans, à moins qu'on ne l'oublie à jamais et il s'en fout. Il est le meilleur de l'Amérique, inspiré par le pire de l'Amérique.

J'en arrête là car on ne parle pas de cet ami : on le regarde éberlué, on l'écoute subjugué, on le déteste et on l'aime tour à tour, à travers "Dig!" ou dans ses inombrables albums introuvables ... d'urgence !
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mercredi 3 octobre 2007

Comme mon fan club me relance de façon assez explicite ces derniers temps, je me résouds à donner des gages de bonne volonté et reprendre le clavier.

Le naze de la semaine est un bon réac des familles comme on trouve actuellement à tous les coins de plateau télé. En l'occurrence, ce soir, c'est chez Taddéi que ça se passait, lieu de rassemblement pourtant moins courant que d'autres émissions du service public pour la nouvelle droite décomplexée autoproclamée intello.

Le naze de la semaine avait pourtant pas mal commencé : après avoir épinglé Mariani au sujet de son amendement (ok c'est pas dur) et débité quelques banalités de circonstances, je ne déplorais toujours rien d'affligeant après 1/4 de blabla, à cette heure avancée de faible audience où le dérapage est tout de même facile.

Et puis, tout à coup, la vautre, la bonne vieille glissade qui fait mal et qui laisse un gros blanc sur le plateau.
Je m'explique : lorsqu'on évoque la difficulté qu'a aujourd'hui l'Europe à accepter l'immigration des pays du Sud et en particulier de l'Afrique, l'expert Marc Weizmann nous livre l'explication qui tue le débat :

" Il faut quand même reconnaitre que le sud de la méditerrannée et les pays du Maghreb sont une région violente, où les rapports entre les gens sont très durs, très violents".

Réponse polie d'un interlocuteur sur le plateau :

"Ne faut-il pas s'interroger sur l'ogirine de cette violence, la responsabilité de la colonisation ?" et je complète intérieurement : "et aussi sur la façon dont l'occident à géré jusqu'à présent la post-colonisation et soutenu les dictateurs de tout poil ?"

Au lieu de s'écraser, réponse arrogante de notre nouvel apôtre du choc des civilisations, sur le mode relativisme pro-colonialiste :
"Parce qu'avant la colonisation, c'était le paradis ?"

Avec des répliques comme çà, c'est sûr, Alexandre Adler et Hubert Védrine peuvent aller se rhabiller et remiser leurs chroniques vachement compliquées. Là, y a un mec qu'a tout pigé.

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"Nan c'est quand même vrai qu'on est vachement plus civilisés de ce coté de la Méditerrannée.
- Allez, Roger, tu nous remets la même chose ?"


Allez, je siffle la fin de la récré.

Rappelons que l'Europe, modèle de gestion pacifiée des différents entre les peuples, c'est quand même :
- des siècles de tyrannie et de guerre stupides genre guerre de 7 ans, guerre de trente ans, guerres napoléoniennes et tutti quanti qui ont affamé et mis le continent à feu et à sang pendant des générations ;
- la mise en pratique en 14-18 de la guerre industrielle à l'échelle d'un continent : 8 millions de morts ;
- forte de ce succès, comme ça manquait un peu de pertes civiles et d'expérimentation technique, cette bonne vieille Europe, grâce à l'immagination débordante de son peuple le plus cultivé, innove 20 ans après en inventant l'extermination de masse, le génocide industriel et tout ce qui s'ensuit, et entraîne au passage l'Asie et le Pacifique dans le merdier : entre 40 et 50 millions de morts (pardonnez l'approximation).

D'accord, tout ça c'est vieux, ça date de 60 ans, pas moins, alors plus récemment (depuis qu'on est civilisés) signalons :
- les guerres nationalistes en Yougoslavie, match aller en 91-93 et revanche en 95-98 : 500 000 victimes.
- chez nos nouveaux amis russes, 400 000 victimes civiles en Tchéchénie.

Mais, bon on vous croit Mr Weizmann, ça doit être vrai ce qu'on dit, les africains sont dangereux et l'homme du Sud est vraiment très beaucoup violent.

Quand même, y a des jours où j'ai aucun scrupule à pas payer la redevance ...

 

 

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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tous les premiers vendredis du mois au Chéri(e), John Jastszebki, un ptit gars sympa

du 14 au 17 août, Astropolis 2008 avec carl craig, dave clarke, ed banger
(detroit, londres, versailles : cherchez l'intrus)
 

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gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
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gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
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