Chers lecteurs et lectrices (en fait, surtout lectrices pour le moment ...), vous l'attendiez tous : voici venue l'heure de briser le naze de la semaine et inaugurer cette rubrique.
A l'instar de la première zamie de la semaine, qui n'était pas une zamie comme les autres, le premier naze de la semaine se doit d'être exceptionnel, je dirais même fondamental (pour ce blog).
Vous l'avez deviné, le méga-naze de la semaine c'est JDB !
Mais, pourquoi me direz-vous tant de rancoeur à l'encontre de ce personnage ?
Eh bien, et c'est là qu'un effort exceptionnel de synthèse doit être produit, tant les raisons de ne plus supporter JDB pullulent, JDB est une PLAIE.
Pour nous autres, trentenaires bien sonnés qui, bercés dans notre adolescence par un rock indé qui avait encore quelque chose à raconter, avons pris dans les années 90 un aller-simple vers
la house, la techno et tout ce qui s'ensuit, le discours de JDB est une scorie, un anachronisme pathétique.
JDB n'est pas le seul, me direz-vous, à ne pas aimer fondamentalement les musiques électroniques et à proner une soit-disant supériorité intrinsèque du rock et de tout ce qui se joue avec un
"vrai" instrument (de préférence en sueur, camé et bourré) sur la techno.
C'est vrai, les baltringues qui nient la puissance de la techno et qui la ramènent sans cesse sur l'énergie éternellement renouvelable du rock sont légion. Ils pourrissent les mariages et
anniversaires de leurs amis, nous prennent pour des toxicos, adorent les vraies valeurs et accessoirement la culture populaire version sarko.
Mais JDB n'est pas n'importe lequel de ces prosélytes :
- JDB sévit abondamment dans les colonnes d'un journal culturel hebdomadaire qui reste malgré tout une référence
- JDB ringardise irrémédiablement ce journal malgré les efforts désespérés et louables de ses malchanceux associés
- pire, JDB est aigri et insulte qui a osé enlever ses oeillères et n'est pas resté scotché comme lui dans les années 90 sur la médiocrité des Oasis et consorts.
Un peu d'histoire :
Nous sommes en 94 ou 95, je ne sais plus, et les Inrocks, puisqu'il s'agit d'eux, abandonnent leur ligne éditoriale réservée exclusivement au rock pour se diversifier : non pas vers les autres
courants musicaux émergeants, ne vous faites pas d'illusions ! non, principalement vers le cinéma, la littérature, les arts plastiques, etc ..
SI l'on regarde la contribution à la presse culturelle dans son ensemble, le résultat est plutôt bon, d'autant que Serge Kaganki, pour ne citer que lui, reste une sommité en matière de
critique cinématographique. Entre Télérama, moraliste, Les Cahiers, élististes, et Positif, complaisant, le terrain est facile à conquérir.
Les Inrocks offrent une publication pluri-disciplinaire vivifiante qui s'enrichit rapidement d'articles et interviews sur des sujets de sociétés ou politiques tout à fait pertinents.
Mais ce succès d'ensemble masque l'obsolescence croissante de la critique musicale du journal, qui s'enfonce lentement dans le ressassement stérile des références poussiéreuses des héros
rock d'antant et ce, malgré les efforts louables et désespérés de quelques résistants clairvoyants. Je citerais de mémoire Laure Narlian et Ivan Smagghe notamment, qui défendront la vitalité
des scènes rap et techno de l'époque dans les quelques cm2 que leur concède JDB et sa team.
La sortie de route est irréversible, on ne refait pas le chemin à l'envers. Les inrocks publient leur compil de 100 titres de la décennie ("le must des 10 ans", ou je sais plus quoi ...), et
le constat est accablant : à part un vieux Pump up the volume de Marrs, archi-connu et exhumé de la fin des années 80, aucune ouverture sur la house et la techno, ni même la jungle ou
l'abstract hip-hop pourtant en plein bouillonnement. Chacun sa route, comme dit l'autre ...

En 1995, alors que Timeless de Goldie nous fait changer d'époque, JDB nous parle des beuveries de Liam et Noel Gallagher
Et alors, me direz-vous ?
Les inrocks ont été à coté de la plaque pendant 10 ans : certes.
Aujourd'hui ils rament pour recoller le peloton, grâce à quelques recrues de qualité : grand bien leur fasse ainsi qu'à leurs lecteurs.
Eh bien, ce n'est pas tout. La contre-révolution est toujours vivace et le côté obscur contre-attaque, JDB en tête.
Sa nouvelle arme ? La récupération de la vague Justice, MSKFRTtructruc, et autres productions électro-rock honorables, mais qui ne sauraient concentrer pour autant à elles seules l'avenir de
l'électro, comme LA fusion ultime avec les restes moisis d'un rock qui n'en finit pas de mourir. Pronostic aussi foireux en matière de production que de DJ Set.
Non, JDB : une fois de plus, vous avez tout faux.
Le purisme ne signifie pas "purin" (je cite : on appréciera la richesse sémantique du journaliste professionnel) ni même autisme pour employer un terme plus respectable, bien que ne
fournissant pas de jeu de mots ...
Les 2 gendres idéaux du moment nous font des sets éclectiques et toniques, c'est entendu. Le filon est bon, nous le connaissons : les Daft et les 2 Many DJs ont tracé cette voie il y a un
certain temps déjà.
Exigence et cohérence d'un son, fluidité d'un mix, tout cela a un sens et fait mouche pour qui veut s'abandonner à la puissance de la techno. On peut faire vibrer un dance floor autrement
qu'en juxtaposant des hits de la décennie passée (qui pourraient enrichir la futur compil décennale des Inrocks, bien sûr).
Pour comprendre cela, peut-être, il aurait fallu il y a 10 ans s'intéresser à Goldie, Garnier et Mills et parler d'autre chose que de la guéguerre Oasis - Blur.
JDB, vous avez toujours été vieux.
Vous restez, égal à vous même, une balise, que dis-je, un phare sur les eaux de la critique musicale. Contre vents et marées, vous pointez la direction dans laquelle il ne faut surtout pas
aller.
Merci, tout compte fait. Sans vous, on va pouvoir continuer à s'amuser !