Le naze de la semaine se fait un paquet de thune. Il est actionnaire d'un grand groupe agro-alimentaire multinational dont le nom commence par un U. Il doit siéger de temps en temps dans un
conseil d'administration où l'on débat de la meileure façon de maximiser les profits de telle ou telle filiale en réduisant les coûts de production, tant qu'à faire.
Ce naze ne se contente pas d'exploiter ou mettre au chomedu les salariés de tous pays (unissez-vous !) et c'est là que je quitte ma casquette de gauchiste pour prendre celle de l'écolo de
service, car en prime il fout la planète en l'air.
En effet, avec ses congénères au look J2M d'opérette, il a eu voilà 3 ans une brillante idée :
- soit une entreprise française appartenant au susdit groupe multinational, qui jouit d'un quasi monopole (75% de parts de marché) sur le territoire français en vendant d'excellents cornichons
ultra-croquants fabriqués et récoltés près de cheu vous, ma brave dame, dans le 89 précisément, terre d'excellence du cornichon.
- soit donc ce gros naze qui apprend au détour d'un couloir qu'en Inde, les p'tits n'enfants ont l'immense talent de faire pousser les mêmes cornichons ultra-fins, pour des clopinettes, vous vous
en doutez. Et les coûts de transports me direz-vous ? Foutaises : au prix de la main d'oeuvre chez Mother India, la cargaison de cornichons en question pourrait bien faire le tour de la
planète 3 fois, qu'elle arriverait encore chez vous à meilleur prix que celui du pébour de St Florentin.
- soit donc une machine implacable qui se met en marche : les cultivateurs de cornichons du cru sont priés de vendre leurs extra-fins ailleurs. Il n'y a pas de débouché hors de France pour
l'extra-fin alors ceux qui ne mettent pas la clé sous la porte font du gros cornichon, bien dégueu comme ceux qu'on mange dans les pays du nord, et vendent leur production à une boite d'import
export autrichienne qui arrose l'Europe de l'Est et du Nord justement.
- donc, les cargaisons arrivent d'Inde dans le blédos de l'Yonne pour être préparées dans l'usine de conditionnement qui a survécu au plan génial du cost killer de mes deux, pendant que
les cornichons récoltés dans le coin filent en camion vers l'Autriche puis la Pologne et autres contrées avides de cucurbitacées.
Bilan social : la cata
Bilan écologique : la cata
Bilan culturel (le savoir-faire des pébours du coin) : la cata
Les petits oignons blancs sont la garantie d'une soirée raclette réussie
Ca pourrait s'arrêter là, mais depuis, le naze a discuté avec un autre naze des coûts de conditionnement des cornichons et ils ont décidé de délocaliser fissa aussi l'usine du 89, ainsi qu'un
paquet d'autres au passage (dont je vous épargne la liste) appartenant à la même géniale multinationale.
Voilà, c'est une histoire assez banale, j'en conviens, mais pour tenir le rythme d'un naze par semaine, faut bien exploiter les plus gros filons ....