Partager l'article ! Obsolète: La déflagration de la catastrophe nucléaire japonaise (en cours) n'avait pas encore résonné sur nos écrans et dans nos transistor ...
La déflagration de la catastrophe nucléaire japonaise (en cours) n'avait pas encore résonné sur nos écrans et dans nos transistors, que déjà, il y a quelques semaines, une interrogation profonde sur notre modèle de développement basé sur la surproduction et la surconsommation traversait les médias français.
La cause de cette prise de conscience soudaine : l'impact inattendu de plusieurs documentaires saisissants diffusés récemment, dont "prêt à jeter : l'obsolescence programmée", axé sur le gaspillage des biens de consommation industriels, "manger est-il dangereux pour la santé ?" où l'on voyait la journaliste Isabelle Saporta dénoncer les excès de l'agriculture intensive ou encore "notre poison quotidien", dernier morceau de bravoure de Marie-Monique Robin, enquêtrice implacable déjà citée sur ce blog.
Dans les librairies, coup de promotion bien réussi, il faut l'admettre, la même Isabelle Saporta créait le buzz au moment du salon de l'agriculture avec son accablant "livre noir de l'agriculture", peu après la sortie retentissante mais plus confidentielle de l'ovni docu-fiction de Jonathan Safran Foer "Faut-il manger les animaux" (Eating animals, en VO, ce qui ne veut pas dire la même chose).
Ici, coulait une rivière ... Le Ghana est devenu la décharge à ciel ouvert de tous nos appareils électroménagers et informatiques (extrait de "prêt à jeter" diffusé sur Arte)
Alors ? Que penser de ce salutaire, bien que tardif, déferlement d'informations sur ce que les écolos et autres promotteurs de la décroissance, véritables Cassandre de service voués aux gémonies des allégro-pragmatistes, dénoncent depuis des lustres ?
Phénomène de mode boboïsant bientôt oublié, ou prémices d'une révolution en marche ?
Il est possible d'être optimiste car, sans aller jusqu'à adhérer au concept de décroissance, une frange croissante de la population semble aujourd'hui plus sensible aux thèses de la sobriété.
Pour l'alimentation, entre l'agriculture intensive, couplée à la chimère des OGM, et le grand bond en arrière vers les techniques manuelles de culture dignes de l'ancien régime, il existe une troisième voie qui est l'orientation massive vers une alimentation non ou très peu carnée.
Voilà donc la solution pour nourrir la planète entière sans la détruire et sans empoisonner agriculteurs et consommateurs.
Le prix à payer ? renoncer à se baffrer comme des américains, troquer le hamburger indigeste pour la soupe de potiron et le chicken nuggets farineux pour la salade de lentilles.
Au passage, notons le formidable impact bénéfique sur la consommation énergétique que ce changement dans notre alimentation induirait, car il faut bien moins de pétrole et d'électricité pour obtenir une calorie à base d'alimentation végétale bio que pour une calorie de barbaque moisie (et je ne vous parle pas de l'emploi et de l'assurance maladie qui diraient merci aussi).
Lien entre alimentation et énergie, voilà une transition toute trouvée sur la question de la dépendance au nucléaire : de la même façon, avons nous seulement le choix entre le modèle pronucléaire actuel avec cette massive épée de Damoclès sur la tête, et le retour à la lampe à huile et à la charrette à bras ?
Non, car il y a la troisième voie, qui s'appuie sur le renouvelable certes, mais plus encore sur l'énergie la plus efficace et non polluante de toutes, celle qu'on ne consomme pas et donc qu'on n'a plus besoin de produire, le Négawatt.
Isolons, recyclons, mettons des pulls, arrêtons d'acheter des objets inutiles et nous pourrons nous cultiver et nous distraire beaucoup plus intelligemment pour le même prix et moins de kW.
Evidemment, si on lit Edgard Morin au coin du feu au lieu de regarder Patrick Sébastien sur son Ipad, ou si on va pique-niquer en vélo au lieu de faire le kéké en 4x4 à Parly 2, on risque de ne plus du tout voter de la même façon au bout d'un certain temps !
Et c'est là que le bât blesse car la horde de nains de la pensée qui nous gouverne verrait son pouvoir confisqué. Vous me voyez venir, la lutte ne fait que commencer et la bataille de 2012 ne sera pas le moindre des enjeux ...