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Je vous le dis : les américains se foutent de notre gueule ...
Voici désormais une dizaine d'années au bas mot qu'on nous inflige en prime time la fameuse série des "Experts" distillant la même thèse douteuse : voyez comme aux US on est balèses, notre système judiciaire est au poil, et grâce à quoi ? grâce aux flics les mieux équipés du monde !
Mais pas équipés en flingues et en grosses burnes, comme du temps de dirty Harry et Bullit : nan, l'époque n'est plus aux hommes d'action, mais aux hommes de réflexion. Les condés d'outre Atlantique ont troqué leurs magnums contre des microscopes, des ordinateurs et des fioles avec des mouches et des scarabées qui grouillent à l'intérieur.
D'ailleurs, si ces héros n'avaient pas la vocation du "serve and protect", qui au LAPD, l'autre au LVPD, ou encore au NYPD, ils taferaient sûrement tous à Cape Canaveral, en train d'envoyer des fusées sur Saturne.
Et du coup, avec ces as de la science, au service de l'ordre et de la justice, y a plus un criminel qui passe au travers des mailles du filet, et corollairement, plus un innocent qui risque de se faire exécuter par erreur.
Bon, allez les enfants, c'est l'heure, j'éteins la télé et revenons à la réalité.
La réalité, c'est que le système pénal US, basé sur le témoignage foireux, est une vraie machine à fabriquer de l'erreur judiciaire. Le dernier exemple tragique, celui de Cornelius Dupree, innocent, seulement libéré à 51 ans, après 30 ans de zonzon parce qu'enfin, on s'est décidé, allez savoir pourquoi, à lui faire un test ADN.
Faut croire que le test ADN devait coûter trop cher, ou bien que les belles lois démocratiques de ce magnifique état du Texas ne prévoyaient pas cette possibilité, même quand le type clame son innocence depuis des décennies.
Le problème, c'est que les juges ont trop de pouvoir dans ce pays, c'est Hortefeux qui l'a dit ...
Mais ne nous moquons pas trop des ricains, car chez nous aussi, on aime bien se raconter des histoires à la télé sur notre police d'élite, qui a bien étudié les techniques de Grisom et ses sbires et a plein de sous pour son matos de pointe dans son labo, vu que la sécurité est la priorité du gouvernement, faudrait pas l'oublier.
Les sous-clones franchouilllards du barbu du Nevada, s'appellent "R.I.S." et ces fortiches nous démantèlent tout un réseau de proxos albanais en une heure, juste grâce à un poil de balayette retrouvé dans les chiottes d'un squat de la porte d'Auber. Trop forts !
Dans le monde de R.I.S., les gendarmes n'oublient pas de faire les perquises et les prélèvements sur les lieux du crime, pas comme dans l'affaire du petit Grégory, et les commissariats sont bien équipés de caméras, pour filmer les témoignages des enfants, pas comme à Outreau.
Mais la France restera toujours un pays d'artistes, même en matière d'erreurs judiciaires : la culture de l'aveu, extorqué à coups de gardes à vue et d'intimidations musclées, fait son oeuvre et nous produit de bien plus beaux innocents jetés en prison qu'aux Etats-Unis.
Ce pauvre Dupree peut aller se rhabiller, lui qui a croupi au trou les plus belles années de sa vie juste parce qu'une mémé myope ou raciste (ou les deux ?) a reconnu sa tronche au milieu de 5 autres blackos dans le sommier. C'est d'un banal ! Il vendra pas plus de 100 000 bouquins avec son histoire.
En France, grâce aux méthodes persuasives de notre police et au défaut de présomption d'innocence inscrit dans la loi, on sait faire avouer n'importe quelle ignominie à un gamin de 16 ans à moitié attardé ou à la femme du notaire.
Sur TF1, les amerloques sont peut-être les meilleurs, mais dans la vraie vie, c'est nous les patrons !