Nous sommes rue de l'Arbre sec, à deux pas des Terreaux et le soleil tape dur. Les DJ aussi. Il est à peine 18h et le marseillais Bastard Beat envoie du lourd.
Les passants rue de la Ré, à quelques dizaines de mètres de là, reviennent de leur shopping rue Herriot (bourge, le shopping) et dégustent les 80 db dans les oreilles. Mais le passant lyonnais s'en fout.
Le passant lyonnais en a vu d'autres depuis que la nouvelle municipalité arrivée au pouvoir en 2001 a décidé de transformer la ville : musée d'art contemporain et relance de la biennale, tramways, vélov, aménagement des berges du Rhône et du sud de la presqu'île ... et depuis 2002, création des Nuits Sonores, premier festival français (et de loin) de musiques électroniques qui, à chaque édition, investit davantage la ville.
Le riverain de la rue de l'Arbre sec ne manifeste pas non plus de mauvaise humeur. Ou alors il est absent, parti loin de la ville à la faveur des 5 jours du plus beau pont de l'année.
Les commerçants de la rue sont à leur affaire et font leurs affaires : bars, restaus, crêperie, saladerie, tout le monde s'est transformé en débit de boisson ambulant et sert la bière sur le trottoir. Les cuistots et plongeurs pakistanais font relâche ; le patron charrie les fûts de pression.
Après Bastard beat, les DJ locaux reprennent les manettes : Onark et sa coupe de footballeur de la Bundesliga (tendance ...), puis Rico, le plus vieux DJ lyonnais encore en activité (en fait, j'en sais rien, mais je prends pas beaucoup de risque à l'affirmer).
Rico en a fait passer des galettes sur ses platines, on s'en doute ; il a du voir passer aussi un paquet de binouzes dans son gosier. Rico nous fait un petit son house minimale gentil comme tout avec des beaux vinyls comme on les aime et il a le sens de la fête.
NC et moi, on commence à enrichir dangereusement le barman du 103 installé juste en face de la scène. La faute à Rico ... Faut dire qu'on est pas les seuls à tiser et on a vite fait de renverser la moitié de son verre sur son voisin. Heureusement, certains ont des provisions, comme la gentille avignonaise (eh oui) à côté de nous qui nous fait goûter son rosé dans sa bouteille en plastic : infect (le rosé) et adorable (la proprio du rosé) ...
En plus, vlà t-y pas que les occupants de l'appart au 4ème étage au-dessus du dancefloor nous déversent un torrent d'au moins une centaine de ballons sur la tête. C'est-y pas mimi ?
La rue exhulte. Soit c'est préparé à l'avance, et ça force le respect d'avoir préparé tout çà, soit c'est improvisé et alors, ça force le respect d'avoir décidé d'utiliser les ballons mis en réserve pour le mariage du cousin et les avoirs gonflés fissa. Tout le monde se pose la même question dans la rue. Je penche pour la première option, donc ça force le respect.
L'heure tourne et nos deux complices de la soirée nous rejoignent : ils ont pas fait le voyage pour rien. D'autant que la jeune et belle Clara prend possession des platines avec son ordinateur moderne et tout et tout.
Eh oui, Clara fait partie de cette jeune génération de DJ qui mixe directement à partir des morceaux numérisés sur leur Mac et utilisent un logiciel qui permet de maniper des platines réelles virtuelles (si vous voyez ce que je veux dire).
Inutile de vous prendre pour des flans, vous le savez, Clara, je l'ai à la bonne. Rapport à sa grande modestie et à notre petite discute d'il y a 5 mois juste avant noël au Rex, où elle nous avait gratifié d'un bon live en warm up du grand Claude Vonstroke. Mais bon, les discussions amicales c'est une chose, le son c'est le son donc jugeons sur pièces.
Verdict, la petite Clara est aussi bonne en DJ set qu'en live : sélection originale en évitant les sentiers battus de la minimale, son profond et festif. Elle ira loin, je parie ma chemise.
Nous aussi avec les amis ce soir là, pendant qu'on écoutait Clara, on a jeté des bases pour l'avenir. Point d'orgue d'un week-end où l'amitié fut aussi présente que la fête. Y a plus qu'à ...
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