Dimanche 18 mai 2008
Samedi 10 mai, dernière journée des Nuits sonores.

Nous sommes rue de l'Arbre sec, à deux pas des Terreaux et le soleil tape dur. Les DJ aussi. Il est à peine 18h et le marseillais Bastard Beat envoie du lourd.

Les passants rue de la Ré, à quelques dizaines de mètres de là, reviennent de leur shopping rue Herriot (bourge, le shopping) et dégustent les 80 db dans les oreilles. Mais le passant lyonnais s'en fout.

Le passant lyonnais en a vu d'autres depuis que la nouvelle municipalité arrivée au pouvoir en 2001 a décidé de transformer la ville : musée d'art contemporain et relance de la biennale, tramways, vélov, aménagement des berges du Rhône et du sud de la presqu'île ... et depuis 2002, création des Nuits Sonores, premier festival français (et de loin) de musiques électroniques qui, à chaque édition, investit davantage la ville.

Le riverain de la rue de l'Arbre sec ne manifeste pas non plus de mauvaise humeur. Ou alors il est absent, parti loin de la ville à la faveur des 5 jours du plus beau pont de l'année.

Les commerçants de la rue sont à leur affaire et font leurs affaires : bars, restaus, crêperie, saladerie, tout le monde s'est transformé en débit de boisson ambulant et sert la bière sur le trottoir. Les cuistots et plongeurs pakistanais font relâche ; le patron charrie les fûts de pression.

Après Bastard beat, les DJ locaux reprennent les manettes : Onark et sa coupe de footballeur de la Bundesliga (tendance ...), puis Rico, le plus vieux DJ lyonnais encore en activité (en fait, j'en sais rien, mais je prends pas beaucoup de risque à l'affirmer).

Rico en a fait passer des galettes sur ses platines, on s'en doute ; il a du voir passer aussi un paquet de binouzes dans son gosier. Rico nous fait un petit son house minimale gentil comme tout avec des beaux vinyls comme on les aime et il a le sens de la fête.

NC et moi, on commence à enrichir dangereusement le barman du 103 installé juste en face de la scène. La faute à Rico ... Faut dire qu'on est pas les seuls à tiser et on a vite fait de renverser la moitié de son verre sur son voisin. Heureusement, certains ont des provisions, comme la gentille avignonaise (eh oui) à côté de nous qui nous fait goûter son rosé dans sa bouteille en plastic : infect (le rosé) et adorable (la proprio du rosé) ...

En plus, vlà t-y pas que les occupants de l'appart au 4ème étage au-dessus du dancefloor nous déversent un torrent d'au moins une centaine de ballons sur la tête. C'est-y pas mimi ?
La rue exhulte. Soit c'est préparé à l'avance, et ça force le respect d'avoir préparé tout çà, soit c'est improvisé et alors, ça force le respect d'avoir décidé d'utiliser les ballons mis en réserve pour le mariage du cousin et les avoirs gonflés fissa. Tout le monde se pose la même question dans la rue. Je penche pour la première option, donc ça force le respect.

L'heure tourne et nos deux complices de la soirée nous rejoignent : ils ont pas fait le voyage pour rien. D'autant que la jeune et belle Clara prend possession des platines avec son ordinateur moderne et tout et tout.
Eh oui, Clara fait partie de cette jeune génération de DJ qui mixe directement à partir des morceaux numérisés sur leur Mac et utilisent un logiciel qui permet de maniper des platines réelles virtuelles (si vous voyez ce que je veux dire).

D'autres photos et vidéos du set de Clara Moto : http://www.wat.tv/video/clara-moto-with-rico-exciters-m1wj_m1vv_.html

Inutile de vous prendre pour des flans, vous le savez, Clara, je l'ai à la bonne. Rapport à sa grande modestie et à notre petite discute d'il y a 5 mois juste avant noël au Rex, où elle nous avait gratifié d'un bon live en warm up du grand Claude Vonstroke. Mais bon, les discussions amicales c'est une chose, le son c'est le son donc jugeons sur pièces.

Verdict, la petite Clara est aussi bonne en DJ set qu'en live : sélection originale en évitant les sentiers battus de la minimale, son profond et festif. Elle ira loin, je parie ma chemise.

Nous aussi avec les amis ce soir là, pendant qu'on écoutait Clara, on a jeté des bases pour l'avenir. Point d'orgue d'un week-end où l'amitié fut aussi présente que la fête. Y a plus qu'à ...






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Mardi 6 mai 2008

Pour la troisième et dernière virée de notre séjour Berlinois, l’alternative était simple : retourner sur les sentiers que nous avions déjà battus ou bien découvrir de nouveaux lieux.

L’option retenue fut finalement de mixer les deux options : après un shopping convenu mais néanmoins profitable sur Kastanienallee, il fallut se rendre à l’évidence : les soupes et les sourires des serveuses du Morgenrot nous tendaient les bras. Pourquoi les ignorer ?

Ce soir là, au Morgen, samedi oblige, c’était la foule et happening « théatral » en prime.
Mais, quand notre voisin de table décida de se gratter nonchalamment les cheveux au-dessus de notre corbeille à pain, c’en fut trop, et nous décidâmes d’aller voir au Republik si le son était toujours aussi bon.

Arrivés là-bas, surprise : décidément Berlin est imprévisible et la programmation des bars relativement éclectique, ce qui enchante EG (sa fibre Inrocks) mais moi, m’exaspère …
En l’occurrence, on tombe sur une espèce de team improbable aux platines qui nous commet un revival costumé des Beatles, mais plutôt dans le genre rogatons oubliés que standards des 4 de Liverpool. En plus, la technique de Djing est du niveau de celle de mon petit neveu quand il se met en tête de me faire écouter les meilleurs morceaux de la Star’Ac sur sa micro-chaîne Ankyo.

A part çà, le lieu est toujours aussi convaincant et la bière abordable. Après avoir siroté une bière pour admirer la coupe Godefroy de Bouillon du « DJ », avec EG, on est raccord : il faut savoir partir et quitter le nid douillet pour découvrir de nouveaux horizons et, à Berlin, on le sait bien, l’horizon est à l’Est.

Les quelques flyers ramassés le midi au petit déjeuner (schön !) attirent notre attention sur ce qui semble être la Mecque du clubbing populaire à l’Est : Maria am Ostbahnhof (MAO pour les affranchis …).
Déjà, le nom déchire : c’est autre chose que le « loft », le « private », l’« underground » ou je ne sais quelle connerie du genre. En plus, c’est pratique, on sait où c’est : à Ostbahnhof !

Le plateau a l’air d’excellente tenue bien que ne recelant pas de stars internationales, mais une kyrielle de newcomers ou seconds couteaux de Mobilee et Kompakt principalement … Comme la suite le prouvera, ces petits gars talentueux ne sont guère connus à l’étranger car ils se concentrent sur le marché domestique, et on les comprend !

Bon, Ostbahnhof, ok : un coup de S-bahn et nous voilà, mais le secteur est grand et il n’est pas très facile de se repérer au milieu des vieux hangars, squats, friches, nouveaux bureaux ; pas tout à fait l’urbanisme du quartier latin …

Un des flyers indiquent que la boîte se trouve au niveau d’un pont ( !) : voilà un indice qui n’a pas non plus échappé à une troupe de jeunes locaux tout aussi perdus que nous. L’honneur est sauf.
C’est là que l’instinct festif d’EG fait la différence : suffit de suivre deux trois gaziers un peu allumés et il y a fort à parier qu’ils nous mèneront à la terre promise. Ok sur le principe, sauf qu’on a essayé déjà la même technique y a un quart d’heure et on s’est retrouvé au mauvais endroit : eh oui, fillette, t’es pas à Paris là ! Ici des clubs, y en a des tétrachiées !

Enfin, ce coup-là, ça marche et on se retrouve à l’entrée d’une sorte de blockhaus immense avec marqué Maria dessus, çà aide.
Y a deux queues à l’entrée : une avec du monde et une déserte. Nous, on va à celle où y a du monde, on se dit que l’autre doit être réservée aux invits et on a pas envie de se faire ramasser comme la veille au Watergate, parce qu’on fait trop touristes.
Ben c’est loupé, la queue où y a du monde, c’est celle des invitations (pas dures à pécho les invitations on dirait) et l’autre, c’est celle des pigeons qui doivent payer. Comme tout ça nous est expliqué très gentiment par l’armoire à glaces qui fait l’entrée, on s’exécute de bonne grâce.

"Achtung !" qu'y a écrit sur le mur : tu m'étonnes ! on rentre pas au Maria impunément ; pour les couche-tôt, je conseille plutôt le Buddha bar.

Le tiqueson nous réserve une petite surprise : 13€ ! Ben c’est pas donné mon neveu, pour une boîte prétendument populaire !
Ben oui, mais y a deux scènes, et le line up dure jusqu’à midi. Ah ok ! l’after est incluse … Et EG d’en profiter pour me refaire un petit cours sur les afters parisiennes, sacrée EG !

Heureusement les tarifs du bar nous rassurent tout de suite : les consos sont données ! C’est déjà ça de pris.

Il est pas très tard, genre à peine une heure, et y a déjà du peuple sur l’immense dancefloor de la scène principale. Tous les jeunes fondus de tek sont là, dansant comme si c’était la dernière soirée de leur vie, mais sans faire n’importe quoi non plus : bon esprit. Schön Geist.

Sur la scène, c’est le jeune prodige de Kompakt, Axel Bartsch, qui met le feu au club avec une joie communicative qui n’enlève rien à la précision de son set. Sélection originale et efficace où l’on reconnaîtra au passage l’excellent « Rock ‘n roll » produit par le jeune DJ.

Après deux heures de set, c’est l’écurie Mobilee qui déboule, Pan Pot en tête. Son très puissant : c’est la tuerie.
Pendant que Pan Pot envoie du lourd, parlons un peu de la salle : minimaliste mais fonctionnelle avec quelques gradins en arrière du dance floor principal, une seconde scène assez intimiste, des bars avec des barmen en nombre suffisant et des chiottes propres et judicieusement réparties. On pourrait y passer tout le week-end …

On pourrait, mais on ne va pas le faire … C’est ce que je rappelle à EG d’ailleurs, sur le coup de 6h, littéralement survoltée depuis l’excellente prestation live de Paul Brtschitsch.
J’avoue que suis assez chaud aussi de mon côté, porté par l’incroyable ambiance qui règne dans le lieu. Le miracle berlinois se produit devant nos yeux ébahis de parisiens : les gens sont déjantés mais se comportent de façon irréprochable : pas de blaireaux agressifs ni de dragueurs maladroits. Ave Maria ! On est au paradis !

Peu avant 7h, faut bien se résoudre à décamper car demain (tout à l’heure), on libère la piaule à midi : une tentative désespérée de négociation d’EG auprès du réceptionniste de l’hôtel n’y changera rien : 4h30 de sommeil, point barre. Ici on rigole pas avec le check out.
C’est peut-être mieux comme çà : grâce à une nuit courte mais réparatrice, le dernier après-midi du dimanche nous aura permis d’approfondir la visite de la ville et de se ressourcer un peu, au lieu de comater comme des loques.

On a passé 4 jours à Berlin, mais on a l’impression d’en avoir vécu 10 !

En montant dans le nachtzug de 21h vers Paris, mon plan est déjà arrêté : je reviendrai.

 

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 13 avril 2008

Deuxième jour à Berlin et forcément, la pression monte : après une première journée concluante, on se dit qu'il faut continuer sur la lancée à la faveur du week-end. Pas de problème, avec EG on relève le gant ! Berlin, c'est chez nous !

Et pour bien commencer la journée, rien de tel qu'un excellent früstück dans un petit café bio-branchouillo-sympathique qui se trouve à deux pas de l'hostel. Soyons clair, ce petit restau sur Warschauer Str. où des jeunes filles piercées et néanmoins charmantes vous servent des petits sandwiches délicieux et des patisseries à se taper le cul par terre est un must ! En plus, y a 50 sortes de thé bio différentes pour accompagner tout çà, évidemment à prix sehr sympatisch : la joie vient du ventre.

Après la nourriture, nous avons rendez-vous avec la culture. Le Hamburger Bahnhof Museum est la mecque de l'art contemporain à Berlin, dans un cadre architectural tout à fait remarquable et on se régale : les grands classiques américains (Warhol, Liechtenstein, Judd, Stella, Wesselmann, Flavin) sont là et aussi la fine fleur locale (Beuys, Bäselitz, Kiefer, A.R. Penck, Richter). 
 
Les préliminaires diurnes étant passés, le choix de la soirée nous réserve un fichu dilemne : le Watergate, club soit disant ultra-branché donnant sur la Spree, avec quelques valeurs montantes de la scène minimale berlinoise dont la prometteuse Ada, ou bien l'institution Berghain/Panoramabar qui accueille notre Garnier national pour un set all night long.

Géographiquement, tout ça est a peu près dans le même périmètre. Bien que situé dans Kreuzberg, le Watergate se trouve à une encablure de Friedrichhain, de l'autre côté de la Spree ; le Berghain, lui est planqué au milieu d'une espèce de zone industrielle à moitié désaffectée à deux pas d'Ostbahnhof. Ca se tient.

Bon, du coup, le before dans les bars de Friedrichhain s'impose de façon assez évidente : le quartier est réputé pour ça, mais reconnaissons-le, y a pas que du top. On finit par trouver notre bonheur au Kunstliche Beatmung, dont la déco est assez originale, classieuse sans être pédante. Les consos sont pas chères (quelle surprise) et la DJette chauve qui officie aux platines se débrouille pas mal dans un genre indéfinissable, techno-rock-banghra.

Entre Ada et Garnier, on choisit la nouveauté, normal, mais avant de foncer vers le Watergate, ravito vite fait bien fait au take away indien du coin de la rue ! La sauce qui accompagne les beignets est trop sucrée mais les tenanciers du boui-boui sont super gentils.

Arrivés devant la porte du Watergate, il est a peine une heure et y a pas foule. Et là, coup de théâtre ! Refoulés ! EG et moi ! on aura tout vu ! nous faire çà à nous, le duo infernal du clubbing à qui aucune porte ne résiste ! Cherchez pas le pourquoi du comment, ça le mérite pas : pas assez habitués, et tout le tralala, les mêmes conneries qu'à Paris.
Le mythe berlinois en prend pour son grade, mais on se console quand même en se rappelant que cette boîte est du genre jeunesse dorée dixit le guide (pas si mal, le guide) et voilà, on est vendredi, tout çà, va savoir ...
La prochaine fois, on boycottera, na ! à moins qu'on y retourne un mercredi, jour de semaine théoriquement qui semble bénéficier d'une excellente programmation dans ce club, à en croire les flyers.

En attendant, on est bredouilles et il est plus d'une heure ! Repli stratégique vers le Berghain à un quart d'heure de là, où une queue de 3/4h sous la pluie battante nous attend. EG fait toujours sa rebelle brestoise habituée aux embruns et n'a prévu ni capuche, ni pébroque ! Bravo !
Ca avance doucement, mais sûrement : des troupeaux de touristes un peu naïfs, français, italiens, espagnols, se font gentiment refouler, attirés probablement par la tête d'affiche, les pauvres !
Nous, on est pas mécontents, ça fait de la place, vu que ça a déjà l'air blindé, mais en même temps vu le vent qu'on s'est pris juste avant, c'est pas ce soir qu'on va jouer les marioles. Profil bas ...

Avec EG, on assure le coup : concentration optimale devant le physio, attitude modeste et détachée. 10 ans de pratique... Ouf ! aucun souci finalement pour entrer : ici, il suffit de pas être bourré et de pas débouler en minibus.

Une fois à l'intérieur, on est pas déçus du voyage, à commencer par le ticket d'entrée : 10€ pour Garnier, ça le fait. Staff ultra professionnel et poli au contrôle et aux vestiaires. On est pas chez les blaireaux.
Question configuration des lieux, le club occupe les deux derniers étages d'un bâtiment industriel qui en compte quatre, et c'est une ancienne brasserie. Avant on y fabriquait de la bière, maintenant, on la picole, la boucle est bouclée... hé! hé!

D'habitude, il semble qu'il y ait deux scènes différentes sur les deux étages, mais là, pour la venue de l'enfant prodige de l'Hacienda, seul l'étage principal est ouvert. Du coup, le floor est complètement blindé. Le bar immense occupe presque la moitié de la salle, face aux platines, ici aussi de plein pied. Un espèce de couloir glauque jalonné de petits réduits de 2m sur 2 longe la salle : ces réduits devaient être des locaux techniques du temps de la brasserie et on trouve encore sur les murs des cadrans et autres instruments industriels bizarres ...

Bon tout çà, c'est bien gentil, mais le bar de la salle principale est inaccessible. Heureusement, mon flair me guide vers le bar "off", où il n'y a qu'une seule barmaid, mais quelle barmaid ! Nan, elle est pas du tout sexy, mais par contre, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi efficace à un bar. Respect ! Du coup, on est encore partis pour picoler ce soir ...

Et si on transférait l'ambassade de France à Berlin au Berghain ? Seul problème, refourguer à un prix décent l'horrible blockhaus de Pariserplatz, qui a coûté un bras au contribuable ...

Aux platines, un événement majeur, presque un miracle, se produit : ce bon vieux Lolo se transcende et nous livre un set comme il en avait le secret il y a quelques années, avant de tomber dans la mode "éclectique-mou du genou-j'aime toutes les musiques".

Allez savoir pourquoi, est-ce le fait d'être à Berlin, référence électro du moment, qui l'incite à retravailler les fondamentaux auprès d'une assistance qui ne le voit pas aussi souvent que le public parisien ? Quoi qu'il en soit, on est finalement tombés sur le bon cheval ce soir, avec un excellent set techno-house à la fois actuel, exigeant et dansant : Garnier, homme de la synthèse.

A 6h, EG et moi on a notre compte, fatigués mais ravis d'avoir retrouvé notre ami de 15 ans. Pour relancer la passion dans un vieux couple : rien de tel qu'un petit séjour à l'étranger, pas vrai ?


Adresses :
Früstück (dont j'ai oublié le nom) sur Warschauer Str.,côté Est, 100m au sud de Grünberger Str., sandwichs et patisseries maison et bio, de 2€ à 3€
Kunsliche Beatmung, Simon Dach Str., bière 2€
Watergate, Falckenstein Str. (juste à coté du pont, au bord de la Spree), tarifs non connus, et pour cause ...
Berghain/Panoramabar, am Wriezener Bahnhof (impasse donnant sur la Strasse der Pariser Kommune), entrée 8-10€, bière 3€









par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Dimanche 30 mars 2008

Le nachtzug de 20h40, qui s'était ébranlé une dizaine heures auparavant en gare du Nord, longeait la Spree d'ouest en est. Cette arrivée matinale à Berlin annonçait la couleur.
Si nous n'étions pas descendus dans les quartiers cossus du Zoologische Garten ou du Tiergarten, ni même dans le nouveau centre ville conquis sur l'ancien no man's land, du côté de Hauptbahnhof ou de Friedrichstrasse, c'est bien que nous voulions aller là où la ville vibre et se réinvente chaque jour, à l'est de l'Est. Ostbahnhof, terminus.

Ostbahnhof, auf wiedersehen, nous nous reverrons, c'est certain. En attendant, direction nos pénates pour aussitôt en repartir et explorer la ville. Le tribut au parcours convenu du touriste doit toujours être payé quand on visite une ville : ne pas se surestimer ni avoir pitié de ses pieds.

Pour le premier soir aussi, soyons modestes et révisons nos classiques : un jeudi, Prenzlauer Berg et la soirée au Weekend fourniront un sas de décompression des plus honnêtes pour deux parisiens qui n'ont pas encore pris toutes leurs marques. On ne passe du village à la ville sans prendre quelques précautions.

Comme souvent dans ces circonstances, où l'on a tendance à planifier et prédire ce qui va se passer, le choc viendra d'où on ne l'attendait pas.

Mais avant le choc, ce fut le réconfort, procuré par un délicieux et modique menu bière-soupe-houmos servi dans le bar "alternatif" Morgenrot. Ici, le staff est plus qu'aimable et pas du tout speedé : nous découvrirons bientôt que cette attitude est la norme à Berlin. Sas de décompression ...

Avec une excellente Zuppe et un litre de bière dans le cornet, nous voilà prêts à nous échauffer : justement, le bar dénommé Der Republik, réputé pour sa déco originale et un son décapant, se trouve à quelques pas de là. Imaginez un apart de 15m sur 30 au premier étage d'un immeuble des années 60 en vilain béton, transformé en bar doté de dizaines de sièges et banquettes bordéliquement disposées avec un sound system de club. Le son, dispensé par deux jeunes DJ, est une house minimale des plus érudites et toniques. Avec EG, on sait tout de suite qu'on va rester un petit moment dans ce lieu dont on a toujours rêvé à Paris, d'autant que le bar affiche des prix sympathiques : ici aussi c'est la norme. Sas de décompression ...

L'alcool aidant, s'ensuivit une discussion vaine entre la plus grande clubbeuse de Paris et moi sur le fait de savoir si on pouvait exporter le concept de ce lieu dans la ville lumières. Question à laquelle il fut initialement répondu oui, sous réserve de s'installer à l'extérieur du périph et sans voisins grincheux tout en arrivant à drainer une clientèle substantielle, donc après réflexion, la réponse fut finalement : non. Notre idée folle de projet de bar électro à Paris avait vécue.  Sas de décompression ...

A Berlin, même Mireille Mathieu a la vibe

Vlà-t-y pas qu'il est une heure du mat et grand temps de gravir les 12 étages qui séparent le sol froid d'Alexanderplatz du dance floor du Weekend, boîte mythique implantée en haut d'une tour de bureaux, avec vue panoramique sur Berlin Est et tout et tout ...
Un liftier nous accompagne dans l'ascenseur et EG hallucine. Moi, je connais et sans me la jouer blasé, c'est plutôt d'entendre parler espagnol et italien tout autour de moi qui me fait flipper : les touristes j'aime bien, surtout quand moi aussi j'en suis un, mais on est à Berlin, nicht war ?

Arrivé en haut, une confirmation : ce club vaut vraiment le détour avec son immense bar central, ses banquettes noires qui longent les vitres panoramiques et surtout, ses platines de plein pied avec la scène, qui permettraient quasi de choisir les disques à la place du DJ dans sa musette et de boire dans son verre. Impensable à Paris. Quand on sait que les plus grandes stars de la scène électro allemande se produisent régulièrement ici, ça laisse rêveur. Sas de décompression ...

Côté programmation, les deux larrons de l'écurie BPC, Paul Kalkbrenner et Zander VT, ne nous laisseront pas un souvenir impérissable, mais qu'importe. Dès le premier soir nous avons déjà ressenti l'immense décalage horaire qui sépare les nuits parisienne et berlinoise.

Ce n'est qu'un début. Rien ne sera désormais tout à fait pareil.


Adresses :

Odyssee Hostel, Grünbergerstr., U-Bahn Frankfurter Tor ou S-Bahn Warschauerstr. 20€/p chambre double, lits individuels, 15€/p dortoir
Morgenrot, Kastanienallee, U-Bahn Eberswalderstr. bière (50cl) 1,50€, soupe 3€
Der Republik, Papelstr., U-Bahn Eberswalderstr. bière (50cl) 3€
Weekend, 5, Alexanderplatz (tour Sharp), entrée 8-10€, alcool 4€
par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mardi 25 mars 2008

Chers amis, ne vous impatientez pas car avant de vous narrer notre épopée berlinoise (à ma complice de clubbing et à moi, il faut bien un mois pour s'en remettre), je me dois de vous annoncer par le menu ce qui nous attend dans 6 petites semaines à la confluence des eaux vertes du Rhône et des eaux ocres de la Saône.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, après la branlée mémorable subie par mister Gomina aka le roi des thés dansants de la place Bellecour, la seconde excellente nouvelle en provenance de cette bonne ville de Lyon en ce début mars fut l'annonce tant attendue du programme des Nuits Sonores 2008.


Les lyonnais sauront toujours accueillir comme il le mérite le nouvel arrivant débarqué fraîchement dans la cité des gônes

Fidèle à mon habitude, je ne serai ni exhaustif ni objectif dans ma sélection de soirées et performances soniques. Mais bon, ce n'est pas grave car rien ne garantit de toute façon que j'irai réellement là où je l'annonce.


Mercredi 7 mai
boycott (malgré moi) de l'inauguration car c'est sur invitation : halte aux privilèges !
Mais, dès 23h, pour la modique somme de 27€, programmation tip top limite mainstream à la première des grosses soirées du festival.
Cette année, les grands raouts se passent à l'usine SLI. C'est dans le 9ème, autant dire à dache : espérons que la délocalisation permettra d'assurer étanchéité et néanmoins confort du public, bref tout l'inverse de l'an passé.
Donc dès 23h, la jeune miss Caro, que j'ai connu toute petite en train de mixer au bar Ourcq, ouvrira les hostilités. Rappelons son excellente performance en apéro sonore l'an passé rue de l'arbre sec. Eh ben voilà, elle prend du grade et c'est tant mieux !
A 1h, j'ai noté Hervé AK, dj français signé chez Kompakt qui aura la redoutable tâche de chauffer le bouzin avant que la méga star internationale Jeff Mills ne turbine de 3h à 6h. 3h de set c'est bien : le gars Jeff est toujours généreux ; espérons qu'il soit en prime un peu plus inspiré et novateur que lors de sa dernière prestation au Rex.
Une soirée "stars des années 90" décidément, car pendant ce temps, c'est Underworld, en duo ou en trio, je sais plus, qui fera son come back tant attendu en live de 2h30 à 4h30. Puis, encore un live pour finir en beauté, avec une des grandes révélations de l'année 2007 largement vantée dans ce blog, l'ami Fairmont avec sa chemise de bucheron canadien.

Jeudi 8 mai
Le jeudi, veille de jour ouvré, traditionnellement, c'est le off du festival, avec des soirées gratos dans des boites et tout un tas de prestations inégales dans différents lieux introuvables et improbables.
Ma suggestion : plutôt que de claquer 20 boules pour aller écouter 3 anciennes gloires de la house newyorkaise à la piscine du Rhône, je vais tenter si j'ai le temps les Jardins de l'ELAC, à Perrache, où ça va balancer du minimal de 16h à 23h pour pas un kopeck.
Puis, le soir, 3 programmations en club sortent du lot :
Primo, une soirée à la Chapelle, boîte inconnue au bataillons des francs tireurs parigots, qui se trouverait sur les pentes de Fourvière ou pas loin, avec deux dJ berlinois mystérieux, hé hé ...
Deuxio, une soirée Jungle à la Marquise, avec la réputée Elisa do Brasil, histoire de se faire un sauna ;
Tertio, le buzz du jour, la soirée du Ninkasi Kao près de Gerland, avec un live de 2h à 3h (déjà décrié à l'avance) de Môssieur Gui Boratto, précédé de Hervé AK, son comparse de Kompakt. Dilemne s'il en est : prendre le risque d'aller s'engluer dans l'émeute pour au final être déçu par le trop attendu prodige brésilien, ou alors snober, en se disant qu'il sera toujours meilleur sur ma platine de salon et attendre (un bail à mon avis) qu'il vienne mixer au Rex ... Je balance.

Vendredi 9 mai
Disons le clairement, friday is THE day. Faudra se couper en deux voire en trois.
Pour moi et mes fans (si ils viennent pas, je les déshérite), ça devrait commencer fort dès l'apéro à la Piscine du Rhône, où pour le symbolique écot de 7€ nous pourrons méditer sur les arrangements acoustiques et mélodiques de l'Apparat band avant de guincher sur les galettes du non moins teuton et talentueux Efdemin.
Pendant ce temps, les adeptes de la scène house hexagonale et les fauchés pourront trouver une alternative tout à fait crédible à une encablure de là dans le 7è, en écoutant la revenante Roussia et l'inusable Jack de Marseille notamment.
Sur le coup de minuit, direction l'usine SLI, si elle est encore debout, pour se fader un ping pong marathon de messieurs Garnier et Agoria prévu de 23h à 5h30. Si l'ami Lolo confirme les dispositions très inspirées dans lesquelles nous l'avons trouvé il y a un mois au Berghain à Berlin, cette affaire pourrait nous valoir quelques grands moments car en face, avec Agoria, y aura du répondant.
Pendant ce temps, plan B, mais quel plan B, les férus de son abstract hip hop et hip hop tout court pourront successivement profiter du son érudit de DJ Krush, Antipop Consortium et enfin DJ Food.

Samedi 10 mai
Le samedi devrait être en grande partie consacrée au coma, reconnaissons-le. Mais en début de soirée, un événement de pure grâce que nul être humain normalement constitué ne devrait manquer se produira du coté de la rue de l'arbre sec, pour le désormais classique apéro sonore du bas des pentes. Sensation de cet apéro de 21h à 23h, la charmante, sympathique et talentueuse Clara Moto, récente révélation d'Infiné, nous fera l'honneur de sa visite et nous prouvera, je l'espère, qu'elle est aussi agile en mix qu'en live. Autant dire que mon carnet d'autographes est déjà fin prêt pour l'occasion.
S'il nous reste quelques forces et quelques deniers aussi, on ira peut-être faire le triplé à l'usine machin où une programmation certes moins réputée que la veille, mais à mon avis tout aussi solide, conclura les nuits : aux cotés du trio parisien Pilooski, Chloé et D'Julz, on remarquera le live d'Henrik Schwarz ou le set de Pedro de chez Cadenza.


Ben voilà, les petits, y a plus qu'à espérer que tout çà soit aussi bon en vrai que sur le papier (et surtout que la pluie nous lache un peu cette année!)

 

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mercredi 27 février 2008

Pélerinage ? Exploration ?
Révélation ? Confirmation ? Déception ?

DSCF1846-1-.JPG
die  nacht ist vorbei, ein neuer tag beginnt, alles strömt, stadtkind
berlin, du gibst mir die kraft, bin teil von dir - stadtkind
 


je parie sur ... Affirmation


(à suivre ...)

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Samedi 2 février 2008

Dans le petit monde du clubbing, en ce début d'année à Paris, il était impossible d'échapper au buzz du "Social club", nouveau projet promu avec force articles dans la presse spécialisée et des tonnes de flyers disséminés dans tous vos bars préférés.

Anciennement "Tryptique", le Social Club n'a pas changé son sound system, ni son aménagement intérieur, si ce n'est la création de l'espace "fumeurs", cloître nauséabond de quelques mètres carré, désormais incontournable dans tous les clubs bien fréquentés qui souhaitent le rester.
Côté tarifs que ce soit à l'entrée ou au bar, pas d'évolution de politique commerciale à noter non plus.

Alors ?

Alors, le plus gros changement, c'est du côté du line up qu'il est intervenu avec une ambition clairement assumée de faire venir les stars et contester la suprématie du Rex sur ce plan.

Après un départ en fanfare en janvier, il sera intéressant de voir si le Social club parvient à maintenir cette politique et surmonter le handicap de la configuration biscornue de la salle, peu propice à drainer les foules et donc à amortir le cachet des grosses cylindrées.

En tout cas, ce qui est pris est pris et parmi les événements des premières semaines du Social, il faut saluer l'incroyable performance livrée la semaine passée par l'immense Carl Craig, un des derniers dieux de Detroit encore en activité.

detroit_techno_map.jpg
A Detroit, Pacman gobe des taz sur le techno boulevard ; à Paris, près du Social, on gobe des frites chez Dédé la frite

N'attendez de cet homme aucune extériorisation pendant qu'il oeuvre derrière les platines, ni même un sourire ... Carl est aussi froid que la techno minimale qu'il nous distille.
Froide mais pas autère, car le maître DJ sait la combiner comme personne avec quelques pépites soul totalement innatendues dans ce registre. Si mixer veut dire quelque chose, Carl Craig nous en donne la définition à travers cette alchimie imprévisible qui est la marque de son talent.

 Après 3 heures de set, la démonstration est impériale : grâce à ce lascar qui n'en finit pas de ne pas vieillir, nos jambes et notre cerveau en ont eu pour leur compte.

La star envolée, le floor se videra progressivement sur un fond de techno un peu énervée qui nous ramène à des ambiances de fin de soirée beaucoup plus classiques.
Quelques clubbers en goguette déboulent sur le coup de 5 heures tandis que la sosie de Minnie minaude avec ses gants blancs sur la piste. Je retrouve une très vieille connaissance, qui n'en revient pas que je le reconnaisse depuis notre rencontre à Benicassim 98 ! Quelques jeunettes s'essaient avec succès à ne pas tenir l'alcool ...

L'atmosphère du Tryptique flotte encore dans l'air et reprend ses droits, mais pendant 3 heures, la magie du Social est passée par là ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Samedi 5 janvier 2008

En cette période de l'année, chacun y va de son best of 2007. Chaque média, chaque émission de télé ou de radio nous inflige sa purge, et même au boulot, on fait une sorte de best of en présentant son bilan d'activité au boss ...

Alors pour ne pas rester en reste et pour ne pas vous décevoir, chers lecteurs et surtout lectrices, qui êtes de plus en plus nombreux à visiter mon blog, j'ai décidé de céder à cette mode dans un élan de conformisme assez inhabituel dans ces pages, vous me l'accorderez.

Mais best of de quoi au fait ?

De mes articles ? Nan, inutile, ils sont tous bons ...
Des commentaires ? Il n'y en a pas assez pour justifier un classement, et toutes mes commentatrices sont sûres de toute façon d'être sur le podium.
Des soirées ? Ah ..., ça chauffe ... oui, les meilleurs sets de l'année pour être précis. Enfin, uniquement ceux que j'ai vu, ce qui réduit d'emblée la prétention de mon classement et son objectivité.

Les-Rois-du-betisier.jpg
Tandis que le best of célèbre l'élite et la performance, la programmation des bêtisiers sur les grandes chaînes hertziennes les soirs de réveillon répond à un double objectif social en distrayant d'une part les personnes isolées, seules devant leur écran de TV, et en permettant d'autre part à des présentateurs et présentatrices dépourvus de talent d'accéder au prime time

Bon, assez de blabla.
Alors, y a eu du bon son en 2007 ? Un peu, ma nièce !  Mettez les boules quiès, ça va taper ...

Par ordre chronologique et donc sans hiérarchie à l'intérieur de cette liste, car quand on aime on ne classe pas :

Tobias Thomas @ nuits sonores, 16 mai
C'est sous des trombes d'eau ininterrompues que quelques dizaines de malades mentaux dont je faisais partie ont eu le bonheur d'assister à ce set dense et mélodique livré par un Tobias Thomas pas plus décontenancé que çà par la faible assistance. Exemple absolu de professionnalisme.
Un peu moins de professionnalisme en revanche, dans l'organisation du festival dont l'amateurisme a conduit à gâcher la prestation de plusieurs artistes de renom ce soir là, faute d'avoir prévu un espace abrité pour le dancefloor en plein air.
Dégât collatéral : sardineland pendant 5h dans la salle principale qui, elle, était abritée (ouf!).
Rappel d'une évidence : le ciel de Lyon en mai n'est pas celui de Barcelone en juin, ni de Benicassim en août.

Ellen Allien @ nuits sonores, 18 mai

Le déluge de l'avant-veille n'était plus qu'un mauvais souvenir pour les festivaliers, mais le sardineland était toujours d'actualité devant la scène principale des Subsistances pour écouter la belle Ellen.
Un minimum de jugeotte dans la programmation nous permit néanmoins d'éviter l'hécatombe par asphyxie puisque les deux stars de la soirée étaient sagement programmées de 3h à 4h30 (Ellen) puis de 4h30 à 6h (la Kittin), tranche horaire élitiste dans les festivals où beaucoup dorment déjà soit chez leur mère, soit dans leur vomi.
Résultat : le set le plus énergique et inventif d'Ellen Allien que j'avais entendu depuis longtemps, prévenue de sa tendance habituelle  à "se diluer" sur les sets plus longs.
Pour la Kittin, phénomène inverse et relative déception : en une heure trente, la féline à queue de cheval eut à peine le temps de se chauffer et de trouver le juste équilibre entre mix et chant (pas grave, on s'est rattrapés à Brest).

Jennifer Cardini @ kill the dj, 27 juin
Un set à la fois énergique et pas bourrin qui cloturait de 3h à 6h en gros, une soirée kill the DJ post-Pulp un peu exceptionnelle au Point Ephémère, où Chloé avait ouvert le bal. Pour ma gouverne, une mufflée également exceptionnelle dont je ne suis pas tout à fait fier, mais qui ne m'a pas empêché pour autant d'apprécier le doigté de Jennifer, qui s'installe définitivement dans la cour des grands en 2007.

miss Kittin @ astropolis, 2 août
La miss a beaucoup tourné cette année en France, mais ne jouons pas nos blasés car il se pourrait que le rythme de ses prestations se distende en 2008. Je l'avais loupée au Rex au printemps, j'avais été frustré par la faible durée de son set à Lyon, je fus comblé par sa présence aux platines et au micro et par la chaleur qu'elle sut développer dans la salle conviviale du Vauban à Brest. Euh ..., au fait, Caroline, on te préférait quand même avec les cheveux courts ...

Ivan Smagghe & Chloé @ astropolis, 3 août
Tout comme celle de Kittin, cette prestation a déjà été chroniquée dans ces pages, donc je ne m'étendrai guère sur le sujet. Soulignons tout de même l'excellente endurence du tandem qui a tenu les manettes de minuit au petit matin dans une ambience torride, au sens propre comme au sens figuré.

Amon Tobin @ astropolis, 4 août
Une performance d'Amon Tobin en France fait partie de cette catégorie de miracles et de purs moments de bonheur qui passent relativement inaperçus dans le buzz hexagonal des musiques électroniques, davantage occupé à idolâtrer quelques versaillais versatiles au sommet de la hype.
Pourtant ce set fut inclassable, virevoltant, dérangeant, créatif, intemporel, à l'image de l'excellente production de son auteur, que je ne peux que vous conseiller de réécouter sinon de découvrir.

Agoria @ astropolis, 4 août
A la teuf au manoir de Keroual, Agoria décide de se dédoubler : live puis dj set. Le live est un exercice nouveau pour lui, mais le dj set, çà il connaît et nous, on se lasse pas. En plus, il pleut même pas et les mecs chargés qui comatent dans le parc sont même pas recouverts de boue. C'est-y pas le paradis, çà ?

Superpitcher @ kill the dj, 29 septembre
Au milieu d'un plateau de choix, le blondinet a enflammé le Cabaret sauvage et a occulté Chloé et Ivan Smagghe, pourtant en bonne forme ce soir là. Une leçon impériale de mix en deux heures top chrono dont vous retrouverez la chronique dans ces pages.

Justice @ tsugi, 24 octobre
Depuis leur piètre prestation à Astro, comparable à du sous- 2 many DJs sur le retour (c'est dire ...), les deux gendres idéaux de Justice me devaient une revanche et me prouver que leur réputation d'as du mix n'est pas totalement usurpée. A la surprise générale de moi-même, ce fut chose faite ce soir-là à la Loco pour la première soirée Tsugi, devant une assemblée pré-pubère pour cause de veille de congés scolaires (un mercredi ..., quel blaireau, j'aurais dû y penser !).
Damned je suis fait ! Me voilà contraint à mettre au rencard mes préjugés et mon mauvais esprit anti-versaillais pour reconnaître l'excellence du son lourd mais érudit du tandem "Barbu et Barbu", magnifié par le sound system de la Loco. Bien joué les gars, je suis votre obligé.

Sascha Funke & Kiki @ rex, 15 novembre
Le mois de novembre au Rex club ressembla à un feu d'artifice de 30 jours ininterrompus où le meilleur le disputa à l'excellent. C'est peu dire qu'on s'est particulièrement gavés avec quelques sets mémorables, dont ce duo marathonien des deux frères ennemis de Bpitchcontrol.
Point d'orgue de la soirée, les deux dernières heures qui donnent lieu au vrai ping-pong des familles, où chaque DJ répond plage par plage à son comparse : Sascha a la moustache qui tue, Kiki porte un de ces atroces polos finlandais dont il a le secret, la vitre de la cabine du Rex est ouverte et nous, ben on est tout contents !


Ben voilà ce best of touche à sa fin, comme on dit à la télé : c'était ma sélection imparfaite et partiale de l'année 2007. 
Y a plus qu'à faire mieux en 2008 les petits, je vous donne rendez-vous pour un nouveau best of l'année prochaine, ou alors ptet' que non ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Samedi 29 décembre 2007
Comme je me le faisais dire encore très récemment à l'heure du thé, les meilleures soirées sont souvent celles sur lesquelles on aurait pas misé un cachou : cette évidence mérite d'être rappelée ici je pense, à travers le récit de la dernière soirée Divine au Rex, le week-end dernier.

Cette virée du samedi avait en effet tout pour être foireuse : piètre mise en jambes avec des bars bellevillois déserts et pénurie de complices, pour cause de préparation mentale collective à la dinde de Noël. Bref, rien n'engageait à la soirée délirante ...

Mais voilà, j'avais une revanche à prendre sur l'avant-veille où la tôlière de BPC nous avait fait faux bond boulevard Bonne Nouvelle, et ma curiosité naturelle (...) fit le reste en me poussant à aller vérifier de visu tout le bien qui était écrit dans le Rexorama sur les protagonistes du jour.

Bien m'en prit !

En première page du menu, un petit tour de chauffe avec une valeur sûre des warm up, l'ami Ai, un temps vieux routier des débuts de soirée Panik. Ce garçon, aussi sympathique derrière ses platines qu'autour du bar, nous avait déjà placé sur un bon braquet sur le coup des 1h et quelques, grâce à une sélection house tonique à souhait, quand il dut laisser la place au live de Clara Moto.

La jeune Clara est modeste et réservée, mais ne vous y trompez pas : sa technique de live est déjà pleine d'assurance et de maîtrise. Sa production n'est pas du genre à incendier le dancefloor, reconnaissons-le, mais allez savoir pourquoi, l'audience du Rex se trouva rapidement envoutée par la jolie autrichienne et pas qu'à cause de son minois.

Après avoir essayé (en vain) de comprendre les rudiments de la technique de Clara, grâce à la possibilité toujours offerte au Rex de zieuter ce qui se passe sur l'estrade dédiée aux lives, mon chemin me faisait enfin croiser la star de la soirée, en train de se mettre en condition pour son set autour du bar.
Clo-clo Vonstroke fait son mètre quatre-vingt-cinq et son quintal facile, mais il est beaucoup plus jovial en vrai que sur les photos et vous met à l'aise en un clin d'oeil : ah ! ces ricains ...

Ses galettes aussi nous ont mis à l'aise : pas de faux rendez-vous avec Vonstroke, c'est une garantie. Au résultat, 2h de set millimétrées avec un son house festif et pointu qui mit toute la salle sur orbite. Claude a pas fait le voyage depuis Detroit pour rien et s'est fait plein d'amis ce soir là au Rex qui en redemanderont, c'est certain.

Cette chaude ambiance se poursuivit gentiment avec le retour de DJ Ai pour conclure la soirée, pendant que mes nouvelles connaissances du jour, Amélie et Julien, tentaient de me saoûler au Jägermeister, une sorte de Génépi bavarois assez douteux.

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Who's afraid of Jägermeister?

Mais malgré l'effet de ce breuvage, jusqu'au bout je restais concentré sur le son, suffisamment lucide pour tenir une conversation en anglo-clubbing (l'anglais qu'on essaie de parler dans les clubs avec 90 Db dans la chetron) et tirer au clair ce que bricole Clara entre Graz et Barcelone ...

Y a des soirs comme çà, où on a l'impression de faire partie d'une grande famille avec quelque chose qui flotte dans l'air qui réunit les clubbers, les DJs, les touristes en goguette et le staff du club : le bon son sûrement, à moins que ce soit l'effet mystérieux du Jägermeister ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Mardi 13 novembre 2007

A mon grand âge, j'ai plutôt tendance à préméditer mes sorties en club, mais il m'arrive encore parfois de partir sur des plans téméraires à l'instinct, comme l'autre vendredi.

Tout a basculé après une bonne montée en régime au Chéri(e) où un quatuor de DJ en herbe avait bien décrassé les enceintes, à coup d'électro assez énervée (en tout cas, le patron lui était assurément énervé à cause du boucan). Dans ce contexte propice à l'action, difficile de ne pas essayer de transformer l'essai.

Rien de fulgurant à l'agenda a priori, alors j'interroge à tout hasard le gazier à côté de moi sur l'hypothèse Nouveau Casino, où j'avais tout de même noté une programmation électro aus Hamburg. Désapprobation de mon voisin, mais je m'en fous : dans le teuton tout est bon, alors en route pour la rue de la soif ...

Au fil des ans, la rue Oberkampf n'a cessé de s'enfoncer : naguère rue d'ateliers d'artisans, il y a 10-12 ans, rue des bars branchés, puis rue des touristes, aiguillés à grands coups de Lonely Planet, et finalement, rue des pochetrons et de tout ce qui vole pas bien haut.
Moi qui ai vécu dans ce quartier il y a une dizaine d'années, je m'y sens de plus en plus étranger, si ce n'était le magasin kitsch de "L'auto-école", qui survit miraculeusement dans cet environnement hostile de bars keglau, et me rappelle à mes vertes années, snif ...

Au milieu de cette cour des miracles, le Nouveau Casino est un lieu improbable, plein de contrastes : le meilleur y cotoie le pire, et cette soirée n'allait pas déroger à la jurisprudence.

2h00 et pas de queue à l'entrée ... Y a personne ?
Si, si, c'est déjà bien garni, mais la porte du NC est du genre courant d'air : t'as plus de chances de te faire refouler à l'entrée du Macdo. Bon, c'est toujours ça de pris, d'autant que le tarif est toujours friendly.

On est déjà presque en hiver, et qui dit hiver dit vestiaire, même pour moi qui suis jamais assez couvert, comme dirait ma mère (ça rime, vous avez remarqué ?).
Premier contraste : le vestiaire est aussi inorganisé que les physios sont débonnaires. C'est la feinte : dans cette boîte, la queue est à l'intérieur, pas à l'extérieur. Allez, je positive, car qui dit queue dit promiscuité, et qui dit promiscuité dit convivialité ...

Une fois à mon aise, deux options s'offrent à moi : la piste ou le bar. Curieusement, j'opte pour le bar (ha ! ha ! quel humour j'ai ce soir). Le bar du NC est un bar de club comme on les aime : pas trop cher, bien placé en bord de piste, ce qui permet de profiter de l'ambiance tout en attendant sa conso, et enfin tenu de mains de maître par le staff, de mains de maîtresse, devrais-je dire.
La balance penche à nouveau du bon côté (2-1 si vous suivez), mais rien n'est encore joué dans ce match entre le cool et le naze, car les épreuves à plus fort coefficient restent à venir.

Test suivant, le son : l'avantage d'une boîte moche mais compacte comme le Nouveau Casino, genre bunker en forme de cube, c'est que c'est assez facile d'avoir un gros son bien homogène. Ben les mecs s'en sont pas privés, et c'est concluant.

Sur la piste, si le son mérite un satisfecit, je n'en dirais pas autant de la fréquentation ... Ben oui, c'est la rançon du laxisme de la porte diront certains ; c'est le quartier diront d'autres. Les deux, à mon avis.
Résultat, une densité record de balourds assez inégalable dans la nuit parisienne, au milieu desquels pourtant ,se sont égarées quelques brochettes de gens sympas qui semblent ignorer le voisinage et s'amuser comme il faut. C'est le paradoxe de l'endroit, me demandez pas de l'expliquer.

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Autrefois, la rue Oberkampf était célèbre pour ses ateliers et son artisanat ; aujourd'hui, les spécialités locales sont plutôt le renard et la pizza.

Côté line up, c'est du tout bon : agréable surprise procurée par cette petite bande de jeunots hambourgeois du label Smallville, pas maladroits en live comme aux platines. Je soulignerais pour ma part les deux lives très convaincants de Lawrence et de Pantha du Prince, percutants et fluides. Le score reste donc plutôt favorable ...

Son pointu aux platines, lourdeur sur le floor, je me demande quand même où je suis ... Pour ne pas voir le désastre, je ferme les yeux.
Quand je finis par les réouvrir, une nouvelle surprise m'attend : j'aperçois le mec avec qui j'ai discuté au Chéri(e) et qui m'avait dit de pas venir ici ! En vlà un qu'a de la suite dans les idées ...

L'heure avance et comme souvent, le rapport de force sur le floor s'équilibre : les lourds les moins résistants cuvent ou sont rentrés à la niche ; les plus tenaces ont pêché du gros. Quoi qu'il en soit, ça libère de l'espace et l'esprit festif reprend peu à peu ses droits, d'autant que nos amis prussiens continuent sur leur lancée comme des grands.

A 6h, les chiottes sont ignobles, mais la clientèle reste digne. Le match est joué : l'esprit cool l'emporte d'une courte tête, après une rencontre très disputée.
On a beau faire le mariole, quelque chose me dit que je vais rester un moment sur l'avantage psychologique de ce succès à l'extérieur plutôt étriqué. C'est dit : la prochaine fois, je prévoirai des renforts avant de retouner défier Oberkampf et ses affreux ...

par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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Agenda

07/06 villalobos @ welove ...
07/06 dusty kid @ social
12/06 axel bartsch & losoul @ rex
12/06 jennifer cardini @ social
14/06 henrik schwarz @ rex
28/06 ben watt & mle caro @ rex
28/06 renato ratier @ nouveau caz'

tous les premiers vendredis du mois au Chéri(e), John Jastszebki, un ptit gars sympa

du 14 au 17 août, Astropolis 2008 avec carl craig, dave clarke, ed banger
(detroit, londres, versailles : cherchez l'intrus)
 

Playlist

production
villalobos, fabric 36
sascha funke, mango
chloé, the waiting room
gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
fairmont, coloured in memory

DJ set
jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
tobias thomas, fur dich
M.A.N.D.Y., fabric 38
erlend oye, dj kicks
audion, fabric 27

la track qui tue
compuphonic & kolombo, emotion

revival
josh wink, don't laugh (chloé @ rex)
inner city, big fun (jennifer @ rex)
davina, don't you want it (efdemin @ nuits sonores)

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