Dimanche 1 juin 2008
Tous les jours, j'ai rendez-vous avec Jennifer. Plus précisément avec son dernier mix, récemment publié chez Kompakt et intitulé Feeling strange. Jusqu'à présent nous ne sommes pas posé de lapin.

Grâce à cet opus d'une grande sensibilité, Jennifer Cardini se débarasse définitivement de l'image un peu dure qui lui collait encore à la peau (tatouée) : réputation forgée depuis 10 ans à coups de sets percutants de fins de soirée déversant leurs flots de techno minimale allemande.

Disons-le sans détours : Feeling strange est un tableau de maître, une construction parfaitement équilibrée, organisée autour de 3 morceaux de bravoure dont Jennifer nous fait l'offrande inattendue : l'entêtant On the run de Khan, le bien nommé Emotion de Compuphonic & Kolombo qui vous fera chavirer à coup sûr et, vers la fin du mix, l'authentique chef d'oeuvre de Principles of geometry, A moutain for president.
L'ouverture et la conclusion du set sont également d'un haut niveau, assurées par deux perles inestimables, éclairées par les voix sensuelles de Justine Electra et d'Apparat.
Les autres plages ne connaissent pas la médiocrité : un peu plus orientées dancefloor, elles apportent aussi leur lot d'émotion et assurent la cohérence d'un set souvent mélancolique mais toujours lumineux.

Voilà pour la sélection. Mais Jennifer réalise également des prouesses dans la technique de mix : larges recouvrements des harmoniques et rythmiques des morceaux qui remettent en cause la notion même de track, extrême doigté dans les variations d'atmosphères. Grâce à Jenni, mixer veut encore dire quelque chose.


Devant les platines, JC sait tout faire, y compris réparer les prises RCA et les jacks qui partent en couille, comme l'autre soir lors d"une soirée qui restera surement le plus beau plateau des 20 ans du Rex (en compagnie de Chloé, Dapayk & Padberg et Ellen Allien).

Jennifer a gravi rapidement les échelons ces derniers temps, grande parmi les grands, désormais tête d'affiche dans les grosses soirées et festivals, ou partenaire de la fine fleur de l'électro dans sa résidence mensuelle au Rex.

Il lui reste une dernière étape pour obtenir la pleine reconnaissance de son talent : un nouvel album de production qui constituerait, aux côtés des récents albums de Chloé et Caro, le dernier joyau des 3 drôles de dames parisiennes. J'attends ...


jennifer cardini, feeling strange (kompakt)
1 Sometimes I´m Sad For A Few Seconds (Robert Lippok Remix) Static (starring Justine Electra) 2 Love Love Love Yeah (Chloé Remix) Rework 3 Drac Adam Kroll 4 All By Myself Joeski 5 M-04 Maurizio 6 Place To Be (Daniel Stefanik Remix) Lawrence 7 May I ? ( Quarion Remix) Jamie Lloyd 8 Takemussa (Dub) Soha 9 Manipulation Johnny D 10 On the Run (Kaos Mix) Khan 11 Zone The Hacker and Eric Borgo 12 So Let It Be House Mike Dunn 13 Emotion Compuphonic & Kolombo 14 The Vineyard (Peter Ford Remix) Florence Eevo 15 Fed on Youth False 16 Blackbody Alex Smoke 17 Eclipse Onur Özer 18 Missing Billie Reinhard Voigt 19 A Mountain For President Principles of Geometry 20 Push Lusine 21 Arcadia (Video Edit) Apparat
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Samedi 5 avril 2008

Chers lecteurs, je vous ai laissés il y a quelques jours au milieu d'un suspense insoutenable : quelles sont les dernières révélations fracassantes de Marie-Monique Robin dans "le Monde selon Monsanto" ? Que nous réserve l'inique loi en cours d'examen à l'assemblée sur les OGM et qu'est-ce que peut faire l'opposition ?

Eh bien ! bande de larves !!
J'espère que vous n'avez pas attendu la suite de mon article comme un plant de soja transgénique attend sa giclée de Roundop quotidienne !
Normalement, à cet instant, vous avez dû déjà visionner le docu de Marie-Mo, lire la presse sur le débat parlementaire, envoyer un message de soutien aux députés verts qui sont en première ligne à l'assemblée et, le cas échéant, coincer votre député UMP dans une ruelle sombre pour lui parler du pays !

Rassurez-vous, je m'emporte un peu là, mais si c'est pas encore fait, vous pouvez encore vous rattraper et je vais pour cela vous donner quelques éléments supplémentaires pour vous motiver ...


Ainsi, nous en étions à la longue liste des enseignements factuels fournis par le documentaire de MMR ...
Je voulais vous parler un peu du tiers-monde car, comme chacun sait, le Sud est souvent le laboratoire de l'occident pour tester toutes sortes de calamités industrielles ou militaires et du coup, en regardant de ce côté, on peut avoir une idée de ce qui nous attend dans un avenir assez proche. Euh..., un peu comme les mutants dans la piscine de Minority Report qui voient les crimes se produire à l'avance et qui préviennent Tom Cruise pour qu'il aille arrêter les méchants qu'ont encore rien fait ! Trop classe !

Bref ...

12. La firme Monsanto se livre depuis plusieurs années à l'acquisition massive des compagnies, anciennement nationales, qui commercialisent les semences conventionnelles dans de nombreux pays du tiers-monde (Afrique, Amérique Latine, Asie).
Quand on sait que Monsanto détient par ailleurs une position quasi monopolistique sur le marché des semences transgéniques à travers le monde, on ne peut que constater la forte concentration des activités de vente de semences, conventionnelles ou transgéniques, dans les mêmes mains de la firme.

13. En Inde, Monsanto a conquis la plus grande part du marché des semences de coton, grâce au "coton BT" vendu comme ne nécessitant pas de traitement pesticide contre de nombreux parasites grâce à la manipulation transgénique dont il a fait l'objet. Néanmoins, de nombreux paysans indiens sont conduits au sur-endettement et à la faillite en raison, d'une part, du prix élevé des semences Monsanto qui augmente leurs charges et, d'autre part, de rendements constatés, inférieurs à ce qu'ils escomptaient. Il faut noter en outre que ces paysans "passés" à la culture OGM ne sont pas dispensés pour autant de procéder à un certain nombre de traitements pesticides coûteux, malgré le bénéfice théorique du BT.
La région de l'Inde où l'on cultive massivement le coton connaît actuellement un drame humain et social sans précédent avec une recrudescence de suicides de paysans ruinés et un exode rural massif vers les bidonvilles des métropoles indiennes.

14. Au Mexique, la culture des OGM, et notamment celle du maïs transgénique Monsanto, n'est pas autorisée par les pouvoirs publics. En revanche, la consommation de maïs transgénique importé des Etats-Unis est possible et le prix de commercialisation de ce dernier est largement inférieur à celui du maïs local.
Les agronomes de l'administration mexicaine ont constaté que de nombreux plants, issus des innombrables variétés de maïs du pays, avaient été contaminés sur une grande partie du territoire. Cette contamination, due à la simple dissémination accidentelle de grains de maïs transgéniques dédiés à la consommation menace l'inestimable réserve de biodiversité que constituent les variétés autochtones de maïs mexicain.

15. En Argentine et au Paraguay, hausse de la demande mondiale en "agro-carburants" aidant, une grande partie de la surface agricole est aujourd'hui occupée par le soja transgénique Monsanto. L'expansion des surfaces dédiées à cette culture semble irrésistible alors que dans le même temps les petites exploitations qui produisent une agriculture vivrière disparaissent.
Alors que l'Argentine a été le premier pays d'Amérique du Sud à accepter la culture des OGM, le Paraguay voisin avait jusqu'il y a peu proscrit ce type de culture. Mais la dissémination "naturelle", et peut être aussi l'introduction frauduleuse de plants de maïs transgéniques dans le pays, ont abouti rapidement à une proportion de maïs Monsanto telle que les autorités paraguayennes ont été obligées d'entériner cet état de fait et autoriser la culture des OGM sur leur territoire.
Dans ce pays, les quelques fermes traditionnelles qui tentent de survivre au milieu de "l'océan du soja transgénique" sont durement touchées par la pollution causée par l'usage intensif des herbicides déversés sur les champs voisins de leurs cultures.
Les ouvriers agricoles des grandes exploitations de soja travaillent avec une protection rudimentaire contre les produits toxiques qu'ils manipulent et les populations des fermes ou villages riverains des plantations sont également exposées et menacées sur le plan sanitaire.


Retour en France. La semaine passée, le gouvernement a soumis au parlement un loi censée traduire les principes arrêtés par le Grenelle de l'environnement en matière de contrôle de la culture des OGM.
En fait, cette loi entérine et autorise la culture d'OGM en plein champ à côté des cultures conventionnelles en vertu d'un principe de liberté équivalente des agriculteurs de produire avec ou sans OGM. Ce principe est un sommet d'hypocrisie puisque même les plus modérés des observateurs (dont cette chère Corinne Lepage) conviennent que la culture en plein champ d'OGM aboutira rapidement à une contamination progressive et irréversible des cultures conventionnelles.
Il n'y a donc dans cette loi aucune garantie de "liberté de cultiver sans OGM". C'est tout bonnement la fin des cultures conventionnelles sur le modèle paraguayen et la mise sous tutelle économique des agriculteurs sur le modèle indien ou nord-américain (avec force procès au besoin de la firme Monsanto, qui revendiquera des royalties sur ses brevets à l'encontre des récalcitrants) qui se profilent à moyen terme. A plus court terme, c'est l'existence des labels "agriculture biologique" qui ne peuvent tolérer que quelques traces d'OGM dans leurs produits qui est condamnée.

Pour endormir l'opinion, le gouvernement s'abrite derrière deux arguments fallacieux.
Primo, cette loi serait dictée par Bruxelles, le bouc émissaire de service toujours utilisé par la droite pour faire passer ses lois scélérates : foutaises, de nombreux pays européens ne prennent heureusement pas les mêmes dispositions actuellement, et quand bien même, la France a toujours su refuser d'appliquer les directives européennes, telles que Natura 2000 ou les réglementations sur la chasse, quand il s'agissait, par exemple, de servir la soupe aux lobbies chasseurs.
Secondo, les accords du Grenelle seraient préservés et Borloo plus écolo qu'écolo en vertu du moratoire prononcé par Sarko sur le Monsanto 810 (le fameux maïs). Mais la portée de cette décision est limitée à ... 6 mois.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement et la sémillante NKM, secrétaire d'Etat à l'écologie et vice-présidente de l'UMP (et aussi maire de Longjumeau, mais ça n'a rien à voir, sauf démontrer que c'est superwoman cette femme, trois jobs en même temps ...) ne contrôlent pas leur majorité. Ainsi, le progressiste groupe UMP du Sénat n'a pas trouvé mieux que d'alourdir le texte du gouvernement en assouplissant les quelques dispositions qui pouvaient constituer un semblant de régulation de la culture des OGM. La version de la loi qui est sortie du Palais du Luxembourg pour être débattue à l'assemblée est tellement inique et régressive par rapport aux accords du Grenelle que plusieurs parlementaires UMP se sont élevés et opposés publiquement à celle-ci dont le sénateur Legrand.


Les faucheurs volontaires d'OGM, emmenés par José Bové, leader syndical paysan, Noël Mamère, député Vert et Gérard Onesta, député européen et vice-président Vert du parlement européen, ont été condamnés à plusieurs reprises à des peines de prison (allant jusqu'à de la prison ferme pour Bové) et à des amendes individuelles s'élevant à 100.000€.
La firme multinationale Monsanto a été condamnée par le tribunal de Lyon à une amende de 15.000€ pour publicité mensongère concernant le faux caractère biodégradable de l'herbicide Roundup.


Consolation : alertés par les associations écolo et le mouvement des "faucheurs volontaires" d'OGM, les députés verts et quelques députés PS éclairés sur le sujet, dont les excellents députés Martin (Gers) et Delphine Batto (Deux-Sèvres, chez Ségo), ont réussi à fédérer et mobiliser l'ensemble du groupe PS dans une guérilla d'amendements qui a permis d'obtenir quelques résultats intéressants. Entre autres, adoption d'un amendement défensif sur les terroirs AOC et obtention d'un vote solennel (vote individualisé) de la loi à l'assemblée, ce qui permettra de faire prendre ses responsabilités à chaque député UMP et NC.

A l'heure où j'écris ces lignes, la messe est dite. Le formidable système démocratique de la 5è république aura eu raison de l'opinion des 80% de citoyens qui sont opposés à la culture en plein champ et à la consommation des OGM, des promesses foireuses de Sarko issues de la mascarade du Grenelle, de l'opposition massive transpartisane d'une majorité d'élus locaux et des craintes de plusieurs centaines de parlementaires de la nation.

Allez, désespérez pas les petits ! pour vivre en bonne santé et élever vos enfants en les préservant des pollutions pesticides et des allergies, il vous reste encore les îles Kerguelen et la Papouasie Nouvelle-Guinée ...


 

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mardi 1 avril 2008

L'amie de la semaine pourrait bien malheureusement être l'amie de l'année, voire de la décennie, voire ...

Je l'ai vue hier, de mes yeux, vue ! A l'assemblée nationale, cool ! Une tonique quadra, ou quinqua (allez je sais pas, pardonnez-moi chère amie), mais ce qui m'a impressionné chez elle, c'est pas sa charmante personne, c'est son film qu'on nous a projeté, bien sûr.

Cette amie (des restes) de l'humanité s'appelle Marie-Monique Robin et à son corps défendant, elle vient, entre autres effets colatéraux, de ringardiser définitivement tous les réalisateurs de films catastrophistes à la mode politique fiction - complot planétaire - big menace sur la planète genre "attention, ça va chier dans le ventilo, bientôt on sera tous foutus".

Aussi, à l'heure où je vous écris, je viens de vachement m'avancer dans mon futur déménagement en foutant à la benne ma collec de vidéos fantastiques d'horreur qui font flipper : Alien ? tu repasseras ; Projet Blair witch ? ha! ha! ha! même pas peur ; l'armée des 12 singes ? pourquoi pas les Bisounours pendant qu'on y est ?

Allez! là, je rigole, j'essaie de détendre l'atmosphère ..., mais je me mens à moi-même. En fait, j'ai le cafard à donf ...

Ben voui, le problème avec Marie-Mo, c'est qu'elle bosse pas pour Hollywood. Elle fait ni dans la fiction, ni dans le futur qui se passera quand on se baladera sur les anneaux de Saturne ou quand les poules auront des dents. Nan, plus modestement, elle a décidé de faire dans le présent, façon vrai de vrai, documentaire quoi ...

Le film de Marie-Mo est passé à la télé, en prime time, et a déjà fait un tabac.

Dans les milieux avertis j'entends. Spectateurs d'Arte (2%), écolos (5%, si on met bout à bout le score des trois candidats aux présidentielles - beau résultat collectif soit dit en passant), lectorat des Inrocks (1%), ce qui nous met encore loin des 8%, l'intersection entre ces trois catégories étant non négligeable.
Ajoutons quelques traces d'audimat intéressées professionnellement par le sujet : journalistes, parlementaires et autres corporations exotiques... Si y a une personne sur 10 dans ce pays qu'a vu ce film ou qui sait de quoi il cause, c'est le bout du monde !

Je ménage le suspense, vu que le scénario est d'enfer et vous fera faire plein de cauchemars ! Pas tous les jours qu'on tient une histoire comme çà.

Bon, je crache le morceau : çà s'appelle "le Monde selon Monsanto".

Là, quand j'écris M-O-N-S-A-N-T-O, je serre les fesses déjà : Monsanto, c'est une firme superpuissante qu'a des armées de juristes qui surveillent tout ce qui se dit et s'écrit sur elle sur cette planète pour "défendre ses intérêts". Un mot de travers, et mon blog est interdit illico et je me retrouve convoqué au tribunal dans le Missouri ! Brrrrr..., il est peut-être déjà trop tard ... Allez savoir !

Comme j'ai envie de vous garder comme lecteurs, cher amis, je vais adopter une super-stratégie pour pas être convoqué par l'attorney du comté de Montcul : je vais citer le film de Marie-Mo, hé! hé!
Vu que son film a pas été censuré et qu'à ma connaissance, elle a pas encore été condamnée à payer une amende de 12 milliards de dollars, j'ai ma chance !

Des faits, rien que des faits :

1. Monsanto détient aujourd'hui 90% du marché des semences de plantes transgéniques cultivées dans le monde, elle est le leader mondial des biotechnologies et contrôle de nombreux brevets qui obligent les paysans à acheter à prix élevé des nouvelles semences à chaque saison car il n'ont pas le droit de conserver des semences issues des produits Monsanto.
Chaque année, Monsanto gagne plusieurs centaines de procès intentés à des agriculteurs américains, accusés d'avoir réutilisé des semences Monsanto ou ayant des plants Monsanto dans leurs champs prétendus conventionnels. A l'issue de ces procès, de nombreuses exploitations sont conduites à la faillite.
Comme la contamination d'un champ conventionnel par un champ OGM "voisin" est possible, il est très difficile pour les paysans américains qui font du conventiel de pouvoir garantir le zéro-OGM dans leurs champs.

2. Monsanto est la firme qui produit et commercialise l'herbicide le plus vendu dans le monde, Roundup. Roundup est utilisé par de nombreux paysans dans le monde qui cultivent des plantes transgéniques Monsanto qui ont été génétiquement modifiées pour résister aux herbicides les plus puissants justement, dont le Roundup.

3. Monsanto a été condamnée par les tribunaux pour publicité mensongère car elle prétendait dans les publicités et sur les emballages que Roundup était biodégradable, ce qui est faux. En France, Monsanto a été condamnée à une terrrrrible amende de ... 15 000 € pour cette infraction.

4. Avant cela, Monsanto a déjà été condamnée plusieurs fois aux Etats-Unis pour avoir dissimulé des informations prouvant des pollutions et pour avoir causé des maladies et infirmités diverses à des riverains de ses installations industrielles.
Le cas le plus connu est l'affaire d'Anniston où plusieurs centaines de citoyens américains ont obtenu réparation en millions de dollars (!) pour une pollution extrêmement grave sur le plan sanitaire. Néanmoins, aucune condamnation à de la prison n'a été prononcée à l'encontre des responsables de cette pollution, dirigeants d'une filiale de Monsanto.

5. Pendant la guerre du Viet-Nam, Monsanto a produit et fourni à l'armée américaine les quantités industrielles de dioxyne, composant de base de l'"Agent Orange", puissant défoliant déversé sur la jungle viet-namienne, qui ont causé de nombreuses victimes chez les populations civiles viets et chez les soldats américains exposés. Aujourd'hui encore, de nombreux enfants naissent au viet-nam avec des malformations qui sont la conséquence de cette pollution massive à la dioxyne. La responsabilité morale de ce désastre incombe bien entendu au gouvernement des Etats-Unis de l'époque.

6. Il y a quelques années, un scandale a éclaté au Canada suite aux révélations de plusieurs scientifiques qui ont dénoncé la menace sanitaire constituée par l'utilisation d'hormones de croissance bovine sur les vaches laitières, produit développé et promu par la firme Monsanto.
Les maladies développées par les vaches laitières et les substances indésirables retrouvées dans le lait issu de ce procédé (pus lié aux maladies des vaches, fortes concentrations d'antibiotiques, miam!) ont convaincu les autorités canadiennes d'interdire l'utilisation de cette hormone sur leur territoire.
L'Europe s'est alignée sur la position canadienne. En revanche, les autorités américaines, via la FDA, qui juge de la conformité sanitaire des aliments et médicaments aux Etats-Unis, continuent à autoriser l'utilisation de ce produit sur leur territoire.

7. Pendant la période 1987-1992, où George Bush sénior fut successivement vice président puis président des Etats-Unis, Monsanto a investi des sommes considérables afin de développer et promouvoir les biotechnologies basées sur l'utilisation alimentaire des OGM. Une vidéo, tournée lors de la visite de G. Bush dans un laboratoire Monsanto, montre le président de la firme manifester auprès du vice-président des Etats-Unis "son impatience face aux contrôles tatillons réalisés par la FDA et le ministère de l'Agriculture" sur la technologie des OGM. Peu après l'arrivée au pouvoir de G. Bush, la firme Monsanto a obtenu les autorisations tant attendues et a pu conquérir le marché intérieur américain des semences transgéniques.

Décidément, le fiston atteindra jamais la cheville de son papa : dans quelques décennies, ses caprices d'enfant sur le protocole de Kyoto et le réchauffement climatique pèseront pas bien lourd comparés au coup de maître de Senior sur les OGM !

8. Un ancien responsable scientifique de la FDA reconnaît qu'un des premiers produits alimentaires à base d'OGM commercialisé par Monsanto aux Etats-Unis a causé plusieurs dizaines de victimes.

9. Plusieurs responsables de la FDA ont antérieurement et/ou successivement à leurs fonctions dans cet organisme, été employés soit chez Monsanto, soit dans des cabinets d'avocats ou de conseil dont Monsanto était un des principaux clients, dont un certain Monsieur Taylor, grand manitou de la FDA qui avait en charge le programme d'évaluation sanitaire des OGM Monsanto. 

10. L'ancien ministre de l'agriculture sous le premier mandat Clinton reconnaît avoir essuyé un refus massif du reste du gouvernement, aligné sur le ministre du commerce extérieur, lorsqu'il a demandé à ce que des expertises approfondies soient menées pour évaluer le principe "d'équivalence en substance" établi par la FDA. Ce principe assure que les OGM sont biologiquement et sanitairement identiques aux produits de l'agriculture conventionnelle.
Bien que d'anciens responsables de la FDA ne puissent garantir avec certitude la pertinence de ce principe, celui-ci est lourd de conséquences : il implique d'une part, que les produits issus des OGM n'ont pas à être soumis à des études épidémiologiques poussées lorsqu'ils sont introduits sur le marché, et d'autre part, que les consommateurs américains n'ont pas le droit de savoir si l'alimentation qu'ils achètent est faite à base d'OGM ou non. 70% du soja produit aux Etats-Unis est transgénique.

11. De nombreux scientifiques nord-américains ou européens, dénommés sous le terme de "lanceurs d'alertes", ont produit des contre-expertises ou émis des jugements réservés quand ils ont eu à se prononcer sur l'opportunité d'introduire dans leur pays des OGM Monsanto ou quand ils ont eu à évaluer les études de sécurité sanitaire publiées par Monsanto. Systématiquement, ces scientifiques ont avancé qu'il n'avaient pas accès dans ces études aux données statistiques sources, mais seulement à des moyennes ou à des données partielles.
La plupart d'entre eux ont été évincés ou placardés dans leurs organismes suite à leurs prises de positions. Ces experts étaient généralement employés dans des instituts publics ou para-publics de recherche dépendants de fonds privés issus de l'industrie agro-alimentaire et des biotechnologies.


Alors ? Passionnant ! Flippant ! je vous l'avais dit ...
Et c'est pas fini : demain la suite de la liste, avec l'Inde et l'Amérique latine, avant de conclure en évoquant l'actualité parlementaire nationale. Eh oui, le suspense monte ... L'étau se resserre ...

Ne vous impatientez pas : au prochain épisode, je vous fournirai deux informations choc !

La première info, c'est que je vous démontrerai, avec l'aide de Marie-Mo, que la planète est foutue, et l'humanité aussi par la même occasion. OK, c'est pas très fun ...
Mais la seconde info, plus réjouissante, vous permettra de définitivement river le clou aux blaireaux qui vous disent : " ben quoi ? tu crois que Royal, elle aurait été mieux ?"

Ahhhh... Admettez que je vous intéresse !

(à suivre ...)









 

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mercredi 20 février 2008
Ken Loach n’est pas un cinéaste militant, mais plutôt un militant qui fait du cinéma. Après la parenthèse lénifiante « Le vent se lève », notre gauchiste de service est revenu, à l’occasion de son dernier film, sur son terrain de prédilection, source d’une inspiration inépuisable : la crise sociale britannique.
 
Ce coup-ci, pas de « Snapper » dans le tiroir, pas de « Van » sur un parking désolé, point de « Navigators » déboussolés à recherche de leur voie (ferrée) ni de « Raining stones » qui tombent sur la tronche des pauvres bougres des Midlands.
 
Guère de poésie et d’efforts de mise en scène non plus, à la différence des précédents opus : la morale et le discours très démonstratifs de Ken Loach ne laissent rien repousser après leur passage et le spectateur est prié de prendre des notes.
 
J’ai pris des notes alors, et me voici au rapport.
 
Le vieux Ken assume de perdre en qualité artistique ce qu’il gagne en efficacité et originalité didactique : se placer délibérément du point de vue de l’exploiteur (–trice en l’occurrence), une mère célibataire qui devient chef d’entreprise immorale, pour mieux démont(r)er la perversité du système néo-libéral qui sévit actuellement en Grande-Bretagne, laboratoire depuis 30 ans de toutes les régressions sociales.
 
Ce parti pris narratif original nous révèle une évidence : la domination du profit sur l’humain ne fait pas que broyer la vie des ouvriers et employés disqualifiés et précaires exploités. Elle emporte avec elle les collaborateurs objectifs de cette machine, les petits auxiliaires de la grande casse sociale que sont les patrons de PME, ingénieurs de production, consultants cost-killers, commerciaux et managers de tout poil.
 
Dans ce grand marasme collectif et mondialisé (youpi !), ce nouveau clergé du dieu « Profit » ne va pas forcément se retrouver à la rue, divorcer ou devenir alcoolique, ou alors seulement au moment de la retraite. Mais avant cela, il perdra à coup son éthique personnelle, le respect de ses parents et de ses enfants, ses rêves de jeunesse et tout ce qui fait que la vie est belle ici bas.
 
Comment peut-on arriver à telle aliénation collective en démocratie ?
 
Un savant dosage paradoxal de conditionnement et d’encouragement à l’initiative pour réussir à exploiter son prochain en toute liberté permet ce remarquable tour de force. Les dictateurs sont largués ; l’avenir appartient nouveaux magnats des médias et de l’industrie.

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Les nouvelles mesures gouvernementales et les allègements fiscaux en faveur des entreprises vont permettre aux forces vives de la société de relancer la croissance hexagonale !

Dans leur immense prison mentale sans murs ni frontières, les insectes humains sont encouragés à user de toute leur ingéniosité pour optimiser la productivité de la fourmilière et asservir leurs congénaires : la grande usine produit du vent mais qu’importe, personne n’a le temps de se demander à quoi elle sert ou ne souhaite le faire, par peur de découvrir la vacuité de la réponse. Quitter la matrice n’est pas sans danger.
 
Oyez ! La tyrannie libérale est en marche, chers amis : remercions le chef de nous laisser encore, pour l’heure, le choix de la sauce à laquelle nous voulons être mangés.
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Mercredi 23 janvier 2008

L'ami de la semaine est un ami de l'humanité toute entière.

Le père Patrick Desbois arpente inlassablement les plaines et les forêts ukrainiennes depuis plusieurs années. Il a décidé de creuser le sol ukrainien et la mémoire de quelques paysans, survivants de l'occupation nazie.

A cette époque, entre l'été 1941 et le printemps 1943, les nazis se livrèrent à l'extermination d'environ un million de juifs ukrainiens, en arrière du front sur lequel allait finir par se briser du côté de Stalingrad le fer de lance de la Wehrmacht.

Cet aspect de l'Holocaute, que l'exposition qui vient de s'achever au mémorial de la Shoah à Paris dénomme "la Shoah par balles", reste un volet méconnu de l'extermination des Juifs pendant la dernière guerre.

Aussi, le travail de fourmi accompli (et encore poursuivi aujourd'hui) par le père Desbois et son équipe mérite-t-il d'être reconnu à la hauteur de la connaissance historique qu'il apporte : des dizaines de témoignages d'habitants des villages et bourgades où l'extermination fut commise inlassablement par les bourreaux, des recherches dignes d'une opération de police scientifique de grande échelle sur les centaines de sites, ravins et fosses communes comblés et dissimulés par les nazis, afin de retrouver les preuves du massacre et dénombrer les victimes.

En révélant cette nouvelle facette de la barbarie nazie, le père Desbois ne fait pas qu'apporter une charge supplémentaire à l'épais dossier des atrocités de la Shoah. A côté de l'historien, se trouve avant tout l'humaniste qui réveille la mémoire de tout un pan d'humanité, offre enfin un souvenir et une sépulture à toutes ces victimes quasiment oubliées tant les traces de leur martyr furent scrupuleusement dissumulées.

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Quelque part en Ukraine, un témoin revient sur les lieux d'un massacre et guide le père Desbois dans ses recherches

A cet égard, aussi bien sur le plan de la qualité cinématographique que de la portée morale de l'oeuvre, les 4 ou 5 heures de vidéo tournées au fil des témoignages recueillis par le père Desbois n'ont pas la valeur de 5 mn du magistral "Shoah" de Lanzmann, reconnaissons-le.


Qu'importe, le travail du père Desbois révèle tout autre chose que le travail de Lanzmann, par son matériau principal, des témoignages relatifs aux camps d'extermination et au ghetto de Varsovie, ne pouvait pas aborder.

Je m'explique.

On a amplement décrit et analysé l'organisation hiérarchique et scientifique qui fût bâtie et dirigée d'une main de fer par Himmler dans le cadre de la "Solution finale". Ce processus, enclenché à l'été 1942, finit par mettre tout un appareil policier, militaire, industriel et administratif au service du meutre de masse, parfaitement rodé et à son plein régime à Auschwitz, après les "approximations" commises par l'encadrement nazi dans l'organisation des premiers camps du génocide.*

A la question : "comment une telle barbarie a-t-elle pu être commise par des êtres humains ?" on a su répondre par :

- d'une part, le poids de la hiérarchie militaire nazie et la crainte de l'autorité que chaque niveau pouvait inspirer au niveau inférieur chez les SS. C'est l'argument moralement inacceptable, bien que fondé sur une réalité, qui a soutenu la défense minable de nombreux criminels contre l'humanité (collaborateurs vichystes inclus) : "je devais obéir aux ordres". (Pouah ! rien que de l'écrire, ça me donne envie de vomir ...)

- d'autre part, le morcellement de la responsabilité du meurtre de masse entre de multiples intervenants parfaitement coordonnés, mais n'ayant chacun isolément qu'une prise limitée sur les événements et une vision partielle du processus d'extermination. C'est l'argument tout aussi minable qui fut opposé par certains à leur accusation : "si je n'avais pas été là, quelqu'un d'autre l'aurait fait et je ne pouvais rien empêcher à moi tout seul". Ca part du fonctionnaire qui recensait les juifs sur son registre en préfecture jusqu'au SS qui versait le zyklon dans la chambre à gaz. Re-pouah !

En résumé : une tyrannie qui impose les ordres les plus fanatiques et une industrialisation du processus qui demande à chacun de jouer son "petit rôle", indispensable au résultat final, mais ressenti comme "marginal" par rapport à l'ensemble de la chaîne.

Eh bien, ou veux-je en venir ? J'y viens ...

Le travail du père Desbois met la lumière sur une organisation génocidaire tout autre chez les SS et associés (Schutzpolizei et j'en passe) auteurs de la Shoah commise en Ukraine : ce que l'on pourrait appeler une "tyrannie libérale" (appréciez l'oxymore) qui laissa à chaque intervenant une grande liberté dans les moyens de parvenir à un objectif qui lui, au demeurant, n'était pas négociable ni libre d'interprétation.

Quelques exemples de lattitudes offertes aux auteurs des massacres de Juifs en Ukraine :
- réquisition ou non de villageois pour certaines basses oeuvres
- élimination ou non des témoins et des traces des exécutions
- méthodes d'exécution non normalisées
- méthode de spoliation, de récupération et de revente variables des biens et effets des victimes
- complicité plus ou moins active de collaborateurs antisémites ukrainiens

Rien de commun donc, avec les procédures codifiées avec un extrême cynisme dans les camps d'extermination situés en Pologne.

Alors bien sur, cette facette de la culpabilité de l'Allemagne nazie dans l'Holocauste est d'un autre ordre que celle que l'on conçoit quand on se réfère à Auschwitz.
Elle met bien davantage en cause, si c'était nécessaire de le démontrer à nouveau, la responsabilité individuelle de chaque intervenant impliqué dans ce processus criminel : il n'y avait pas un "monstre dément", Hitler, et une masse d'exécutants terrorisés, "coupables à l'insu de leur plein gré", dont le seul tort aurait été d'être disciplinés et un peu trop militaristes sur les bords.

Non, il y a eu une multitude d'acteurs responsables de leurs actes, certes conditionnés par une propagande d'Etat implacable, mais ayant chacun eu le choix de d'agir avec zèle ou non à son niveau de responsabilité. Et il y a bien eu en face, un certain nombre de personnes pour aller jusqu'au bout dans le refus de l'avilissement et s'opposer à la barbarie.

"Fin de la première époque" (si je peux oser cette paraphrase).

* voir "Shoah - première époque", sur la période 1941-42, qui décrit largement le fonctionnement peu conforme aux exigences de "productivité" d'Himmler dans les camps de Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka


Dans quelques jours, je vous parlerai d'une autre forme de "tyrannie libérale", moins monstrueuse et criminelle celle-là dans sa manifestation et ses conséquences humaines, bien entendu, mais terriblement insidieuse et d'actualité.
Pas de méprise et d'analogie douteuse sur le fond, entendons-nous bien, mais un  parallélisme en terme de "sociologie des organisations" qu'il sera peut-être intéressant de souligner en évoquant l'oeuvre d'un autre "ami de la semaine
".

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Jeudi 27 décembre 2007
... de vouloir faire un monde meilleur, mon bon monsieur ! 

J'ai comme une boule à l'estomac, là, alors mieux vaut ne rien dire de plus.

Benazir-Bhutto.jpg
Mohandas Karamchand, Martin Luther, Salvador, Olof, Anouar, Yitzhak, Indira, Bénazir...
to be continued
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Vendredi 14 décembre 2007

L'amie de la semaine s'appelle Corinne Maier. Cette essayiste a indéniablement de l'aplomb et développe un humour féroce pour convaincre le lecteur désabusé et cynique (son coeur de cible) de ses thèses plus politiquement incorrectes les unes que les autres.

Mais l'amie Corrine ne fait pas dans la provocation gratuite pour le seul plaisir de faire rire en choquant. Son discours décapant est étayé par une analyse sociologique pertinente qui parlera davantage, reconnaissons-le, aux lecteurs de Charlie qu'aux abonnés du Figaro.

Dans ce registre, Bonjour paresse, commis il y a 3 ou 4 ans, avait déjà défrayé la chronique et décoiffé les aficionados du CAC 40. Néanmoins, l'humour second degré l'emportait nettement sur la rigueur scientifique de l'essai et ce pamphlet m'avait semblé somme toute plus distrayant que convaincant dans son propos.

Mais Corinne s'est bonifiée à l'occasion de son dernier opus que je vous recommande particulièrement à l'approche des fêtes, histoire d'avoir enfin une bonne raison pour vous engueuler avec la famille ou les amis. Rassurez-vous, citer du Maier entre le foie gras et les huitres ne risque pas de gâcher plus que cela les sacrosaints repas de famille lénifiants du 24 et autres réveillons soporifiques du 31 : quand on a déjà une jambe de bois, on ne risque pas la panari à l'orteil.

No kid, paru il y a près d'un an donc, a tout pour mettre le feu aux poudres au milieu du conformisme ambient : il renforcera les adultes immatures dont je fais partie dans leur conviction de ne pas procréer (ou du moins de ne pas en assumer les conséquences multi-décennales) tandis que les malheureux parents trentenaires ou quadras qui méritent toute ma commisération pour leur terrible aliénation, s'offusqueront de s'entendre ainsi révélée sur la place publique l'abomination honteuse de leur martyr permanent au lieu d'accepter notre empathie légitime (à Corinne, à moi et à tous ses lecteurs).

Corinne Maier n'est pas antinataliste par ur égoïsme : c'est là une des forces de sa démarche, puisqu'elle est paradoxalement une "maman aimante". Certes, elle confie en introduction que si c'était à refaire, elle n'engendrerait pas probablement ses deux chères têtes blondes, mais son discours est davantage fondé sur une analyse sociologique et économique, qui n'est pas sans rappeler les thèses des promoteurs de la décroissance, que sur une rancoeur qui puiserait sa source dans les affres de la crise de la quarantaine.

Liberté et culture plutôt que libéralisme et accumulation de biens : le propos n'est pas nouveau, mais le cadre choisi ici pour l'illustrer (le mode de vie aliénant et stressant induit par la parenté dans la société actuelle) est assez détonnant.

Résumons. Enfanter est un refuge conformiste face à la perte d'illusions de notre époque et, philosophiquement, un médiocre échappatoire à l'angoisse de la mort pour la plupart d'entre nous qui ne sommes plus croyants. Inversement, assumer de ne pas vouloir être parent, c'est être hors norme à une époque où il devient de plus en plus difficile de l'être et la réprobation moralisatrice que l'on doit essuyer dans ce cas (surtout si on est une femme) n'est pas très différente de celle qui touche les SDF volontaires, les feignants de tout poil, les adonnés à une addiction et autres anti-hygiénistes, ou encore les réfractaires à la consommation dans leur forme la plus radicale.

Selon que vous vous situez d'un côté ou l'autre de la frontière (réellement ou potentiellement, comprendre : déjà parent ou désireux de l'être), No kid vous amusera ou vous choquera, mais dans les deux cas, je crois que ce livre vous inquiètera. A une époque où l'on nous infuse des revivals très dispensables à toutes les sauces (encore un des symptômes d'une société à bout de souffle et en mal de créativité), No kid nous fait prendre conscience implacablement du grand retour en force des valeurs portées par le tryptique nauséabond "travail, famille, patrie".

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Poussette "Slalom", coque et nacelle incluses pour seulement 799€. A quand, le biberon profilé en titane ?

Pour aller plus loin dans l'analyse, forts de cette nouvelle lucidité, un petit visionnage des 4 heures du Chagrin et la pitié de Marcel Ophuls pourra nous être du meilleur profit.
Pour défendre l'antithèse de No kid, tout de même, car du sacrifice de l'adulte peut aussi naître légitimement la joie de l'existence de l'enfant puis de l'adulte, je vous conseillerai par exemple, la lecture ou relecture condensée et néanmoins joussive de la Métaphysique des tubes, à mon humble avis le meilleur roman de loin de la batcave azimutée de Belleville.
Quant à la synthèse, elle sera propre à chacun d'entre nous, bien évidemment, et pourra varier d'un jour à l'autre, en fonction de notre réaction de l'instant face à divers stimuli, comme par exemple passer devant une école à l'heure de la sortie des classes ou faire ses courses dans un supermarché ...

No kid ou Quarante raisons de ne pas avoir d'enfant - Corinne Maier

no-kid.jpg

Morceaux choisis :

"Depuis quelques années, les parents débordés ont trouvé une solution : la garde alternée. (...) C'est une sorte de mi-temps familial. D'accord, cela exige que le couple se sépare préalablement, mais c'est un détail par rapport à ce à quoi on échappe. (...) Et puis, l'égalité, çà se paye ; le partage égalitaire des tâches ne s'accomplit réellement que si le couple se sépare."

"L'enfant est une sorte de nain vicieux, d'une cruauté innée (Michel Houellebecq)."

"Rien de plus limité que la conversation du parent sidéré parce qu'il a réussi à créer un être humain. Aussi, lorsque l'enfant paraît, les amis disparaissent"

"Au royaume de la marchandise, l'enfant est dans son élément. Ce que promeut le capitalisme, toujours plus d'objets (...) difficiles à recycler, des biens interchangeables, vite obsolètes et renouvelés à l'infini, c'est exactement ce qu'il veut. Tant qu'il y aura des enfants, le monde absurde dans lequel nous vivons aura de l'avenir."

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Dimanche 18 novembre 2007
Michael Mayer fait partie de ces bons amis qu'on est toujours ravi de revoir parce que l'on sait que chaque nouvelle rencontre, bien que différente, tient toujours ses promesses.

A la faveur de l'excellente programmation du Rex de ce mois (nous y reviendrons) le boss de Kompakt était donc de service la nuit dernière sur le bd Bonne Nouvelle pour une session de plus de 6 heures en compagnie de sa camarade d'écurie, l'inévitable Jennifer Cardini.

C'est l'art subtil du DJ de trouver cet équilibre si fragile entre cohérence du son, afin de ne pas décevoir son public, et variations d'ambiances, afin d'éviter l'effet routinier. Dans ce registre, Michael fut tout à son aise hier en mixant une sélection excessivement rythmique qui se démarquait pourtant des sonorités minimales les plus en vogue.
Flirtant parfois avec le son lourd et pesant qui caractérise certaines productions de Kompakt, Mayer sut toutefois, au fil de ses 4h de set en solo, éviter le piège du bourrinage-matraquage qui aurait fini par anesthésier la salle.

Mais c'est la fin de la nuit qui à mes yeux révéla le grand talent du maître en plus de sa convivialité et de son caractère festif.
Sur le coup des 6h00, Mayer réussit à faire basculer avec maestria le set de l'ambiance électro musclée dans laquelle il nous maintenait depuis une heure ou deux vers le final éclectique convenu, inévitable désormais dans les "grosses" soirées.

Une transition fulgurante menée en un petit quart d'heure qui marque définitivement la différence entre un DJ qui travaille réellement le son et la vulgate des pousse-galettes qui juxtaposent les hits dans le genre "j'ai pas d'oeillères, j'aime toutes les musiques et le morceau se suffit à lui-même" (à déclamer avec l'accent belge ou versaillais, selon votre envie).

crepe-au-nutella.jpg
Après 6h de set, la crêpe au nutella vous requinque en moins de deux, à condition d'aimer çà bien entendu ...

Michael Mayer ne fait pas les banquets et mariages et il nous dicte sa leçon en 3 galettes pour réussir l'exercice imposé :
- 1er temps, prenez un standard house des années 80, rendez-le presque méconnaissable en distordant le son à outrance et en le mixant avec le premier morceau de minimal qui vous passe sous la main. Vous n'avez jamais imaginé qu'on pouvait infliger çà à Jaydee et à son Plastic dreams mythique et c'est bien normal.
- 2ème temps, exhumez EBTG et son Missing des chaumières, filtrez le chant et plaquez tout ça sur un bon son électro bien saturé. Vous savez plus sur quoi vous dansez, mais vous dansez.
- 3ème temps, préparez l'atterrissage et annoncez la couleur à votre public avec un bon Inner City des familles acidifié comme il se doit. Sur la piste, un ou deux jeunots soupirent, mais les trentenaires vous adorent car vous venez de leur faire perdre 15 ans, et avec la manière en prime.

Vous avez pris des notes ? Plus en état ?

Allez, ouste ! dehors sur le trottoir, la marchande de crêpes fait aussi chauffer ses galettes : à ce qu'il paraît, elle mixe le gruyère et le nutella comme personne ...
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Vendredi 2 novembre 2007

Cette semaine, difficile pour moi de me séparer de mon nouvel ami canadien, Fairmont aka Jake Fairley. Faites moi confiance, si vous écoutez son nouvel opus, intitulé Coloured in memory, celui-ci risque de rester gravé dans votre  mémoire (jeu de mots, ha ! ha ! ...) pendant un petit moment.
 
Le missile inter-continental Gazebo, catapulté d'outre St-Laurent il y a plus d'un an, est encore tout chaud sur les floors européens que l'ami Fairmont décide d'envoyer la seconde couche : Coloured in memory vous mettra au tapis (de votre salon dans lequel vous resterez cloîtrés), otages volontaires de cette galette enchantée.

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Ici Sarko, là-bas Fairmont : c'est décidé, je demande la nationalité canadienne ...

Pas vraiment bâti pour le dancee floor, mais pas ambient non plus, à la fois mélodieux et expérimental, enrichi de quelques plages chantées avec parcimonie et justesse, cet album est tout bonnement du grand art made in Border Community.

Une bonne paire de pantoufles, du sirop d'érable et Fairmont dans le bouzin : l'automne parisien va avoir des faux airs d'hiver canadien et c'est bien !

par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Samedi 6 octobre 2007
Thérapie du jour :

Réécouter The queen is dead avec la dévotion que ce chef d'oeuvre mérite
N'écouter que le son sur le titre d'ouverture, éponyme de l'album
Admirer le flow de l'homme à la banane la plus rock de l'histoire sur Frankly, Mr Shankly
Lire et apprécier la poésie des paroles de I know it's over
Ne penser à rien sur Never had no one ever
Laisser son coeur chanter sur Cemetry gates
Lire et apprécier la poésie des paroles de Bigmouth strikes again
Rêvasser sur The boy with the thorn on his side
Apprécier le jeu d'une des guitares les plus agiles du rock sur Vicar in tutu et, par association d'idées, avoir une pensée fugace pour Mind Bomb de The The
Lire et apprécier la poésie des paroles de There is a light that never goes out
Penser à une personne qui vous est chère sur Some girls are bigger than others
S'étonner de l'incroyable densité de ces 10 chansons dont la durée cumulée n'est que de 37'
Admirer la pose d'Alain Delon tirée du Clan des siciliens sur la pochette, ainsi que la remarquable alliance du fon vert foncé et du vieux rose des caractères
Se dire qu'on devrait écouter plus souvent Belle and Sebastian, Mazzy star et Cat power
Renouveler l'ensemble de l'opération jusqu'à connaître par coeur les paroles de There is a light that never goes out
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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Agenda

07/06 villalobos @ welove ...
07/06 dusty kid @ social
12/06 axel bartsch & losoul @ rex
12/06 jennifer cardini @ social
14/06 henrik schwarz @ rex
28/06 ben watt & mle caro @ rex
28/06 renato ratier @ nouveau caz'

tous les premiers vendredis du mois au Chéri(e), John Jastszebki, un ptit gars sympa

du 14 au 17 août, Astropolis 2008 avec carl craig, dave clarke, ed banger
(detroit, londres, versailles : cherchez l'intrus)
 

Playlist

production
villalobos, fabric 36
sascha funke, mango
chloé, the waiting room
gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
fairmont, coloured in memory

DJ set
jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
tobias thomas, fur dich
M.A.N.D.Y., fabric 38
erlend oye, dj kicks
audion, fabric 27

la track qui tue
compuphonic & kolombo, emotion

revival
josh wink, don't laugh (chloé @ rex)
inner city, big fun (jennifer @ rex)
davina, don't you want it (efdemin @ nuits sonores)

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