Mercredi 28 mai 2008
Aujourd'hui, j'ai eu maille à partir avec des corbeaux. Je ne parle pas des mecs qui envoient des lettres anonymes, tout çà ... même s'ils sont méprisables aussi. Nan, je veux parler des vrais corbeaux, qui ont des ailes et font crôa crôa.

Je vous le dis : les corbeaux sont des cons.

D'où me vient cette cruelle révélation ? Figurez-vous que je faisais mon jogging tranquillou en cette fin d'après-midi dans le bois quand, sans raison apparente, un duo de corbeaux s'est mis à me fondre dessus.

Je me suis tout d'abord dit qu'elles devaient jouer, les braves petites bêtes, et que je me trouvais sur leur trajectoire par hasard, moi, infect intrus humanoïde, dévastateur de la planète, qui avait en plus l'outrecuidance de narguer le règne animal près de cette infâme prison qu'est le zoo de Vincennes.

Mais non, y avait un vrai contentieux : elles sont revenues à la charge ! Les stukas ! Leurs ailes dans mes oreilles, limite si je me prends pas un coup de bec au passage ! Instantanément, le souvenir de Tippi Hedren dans "les Oiseaux" me traverse l'esprit : la pauvre fille en train de courir comme une désespérée avec des mouettes et des corbacs qui lui gueulent après !

Sauf qu'à la télé, ce scénario m'avait plus fait poiler que frissonner ; j'avais même sacrément ricané du haut de mes quinze ans, la première fois que j'avais vu ce film en me disant : "mais quelle buse cette Tippi, pourquoi elle panique comme çà ? Pour avoir un accident de bagnole ou se vautrer dans l'escalier ? Les corbeaux, ils vont pas la bouffer !". Ben là, plus de vingt ans après, je comprends enfin ce qu'elle a enduré la Tippi. Je fais plus le mariole.

Mais, je vais pas me laisser faire en criant comme une femmelette, nan ! Remonté que je suis : je ramasse prestement une pomme de pin et vlan ! dans la tronche à une des corneilles ! C'est qui le patron ??

Elles sont pas calmées pour autant les bougresses : est-ce-qu'elles ont vraiment un truc grave à me reprocher ? La couleur de mon t-shirt ? Ou parce que j'écoute un mix de Gui Boratto sur mon i-pod ? Elles sont comme les chiens et Super-Jaimie ? Elles perçoivent le son le plus infinitésimal qui soit et ça les met en rogne ??


Qui est le plus con ? Tippi ou le corbeau ?

Mais bon, comme je me suis pas arrêté de trottiner pendant toute cette sérénade, peut-être que j'ai fini par sortir de leur territoire, aux deux comiques. Elles décident finalement de me lâcher pour chercher une autre victime.

Tout redevient calme, comme à la fin du Hitchkock. Le bordel s'arrête comme il avait commencé, sans explication rationnelle.

Mais comme Tippi, je ne suis plus la même personne : je sais que la nature est là, partout présente, dans les arbres, les pierres, les vers de terre et les corbeaux du bois de Vincennes. Elle m'observe et me menace, prête à se révolter contre son profanateur ...

Je pense aux ours polaires et aux abeilles. Cette nuit, je dors les fenêtres fermées.


par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Samedi 8 mars 2008
L'économie est morte : telle était la prophétie obscure formulée au beau milieu des années fric par Laibach sur l'excellentissime album Kapital, ovni musical sorti il y a déjà près de 20 ans .

Les bidouilleurs de son de Ljubljana avaient vu juste et c'est le tandem de choc Fillon - Lagarde qui nous en donne la confirmation ultime cette semaine.

Le premier ministre nous avait concocté un teasing d'enfer mardi dernier, en nous promettant une formidable nouvelle pour la France, pas moins. De ce genre de nouvelles qui vous remettent surement  une société en lambeaux sur pieds et donnent tout à coup envie au premier quidam venu d'aller glisser un bulletin UMP dans l'urne le dimanche suivant.

Alors ? Vous nous fîtes languir, Monsieur Fillon ...
Et là, au moment où on s'y attendait pas, coup de théâtre dans le coup de théâtre : ce n'est pas Fifi qui nous révèle le prodige mercredi, mais l'inénarable Christine Lagarde, gardienne des deniers de l'Etat, ou plutôt de ses dettes, et candidate dans mon arrondissement aux municipales (tiens, tiens, c'est vrai que la France va tel-le-ment bien que pour ses loisirs une petite campagne lui permet de s'occuper à la Cri-cri ...).

Donc, accrochez-vous : quelle est cette nouvelle ?
Soins médicaux gratuits ? Baisse des loyers ? Doublement des allocs ? Baisse de l'âge de la retraite ?

Pfff ... Arrêtez un peu de ne penser qu'au social, cher Paquito (c'est moi) : vous voulez qu'il y ait encore plus d'assistés, c'est cela ?

Meu non, la miss Lagarde, elle, elle sait ce qui est important dans un pays, c'est pas le bonheur des gens, nan, nan : c'est ... l'é-co-no-mie !! Elle l'a dit texto : "c'est une excellente nouvelle pour l'économie". Faut pas confondre ...
En 2 minutes de blabla à l'antenne, elle a pas dit une seule fois "société", ou "les gens" ou même "les français", nan ! Une variante du "ni oui, ni non" sûrement en vogue dans les congrès du Medef : pas prononcer les mots qui servent plus à rien.

Et donc, quelle est la formidable nouvelle pour l'é-co-no-mie ?

Ah, mais oui, j'y suis : la baisse du chômage ! Davantage de gens exploités dans ce pays qui vont travailler plus, sans gagner plus pour autant, c'est formidable : CDD, temps partiel subi, smic généralisé et j'en passe ... Les patrons du CAC 40 vont se goinfrer, c'est cool.

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Cette semaine, à la surprise générale des observateurs, le niveau de la connerie a encore battu un nouveau record


Désincarnée qu'elle est l'économie ! D'un côté, le destin des hommes, de l'autre celui des entreprises. Morte l'économie ... Hégémonique, mais morte.

Et puis, y a pas qu'en faisant marner les gens en les payant à coup de lance-pierres qu'on baisse le chômage, eh non. Y a une autre combine, bien rodée qui donne son plein rendement : c'est de radier les inscrits à l'ANPE pour les coller au RMI, voire à pas de RMI du tout ... Et voilà, pschittt ! disparus les chômeurs ... hé ! hé ! Fillon trop fort !

Bon alors, moi je dis qu'il faut pas s'arrêter en si bon chemin : on peu viser le plein emploi. 7% de chômeurs avec seulement 20% de pauvres dans le pays, c'est pas optimal encore.

Mais oui, bien sûr ! Je suis sérieux, il suffit d'ouvrir nos vieux livres d'histoire du collège et de regarder les chapitres "Antiquité" ou "Moyen-Age" pour trouver l'astuce.
Pas de chomeurs dans la Rome antique ... La solution ? les esclaves ! Nourris, logés, blanchis ! De quoi tu te plains ? Ou alors, plus moderne, le servage ! pareil : nourri, logé, et protégé par le seigneur en prime, contre les dangereux sarrasins ! En voilà, un programme en béton pour 2012 !

Des fois, l'histoire bégaie comme disait je sais plus qui ... De toute façon, ça sert plus à rien d'être cultivé ; suffit de vouloir travailler : arbeit macht frei.
par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Samedi 22 décembre 2007

Le Monde et la Minc team sont un peu ébranlés ces jours-ci, mais que les citoyens du Sarkoland se rassurent : le quotidien français "de référence" peut changer de direction, il n'en restera pas moins réac à souhait.

C'est par pur hasard qu'un article daté du 22 septembre dernier tiré de l'auguste publication et consacré à la biennale de Lyon m'est tombé sous le nez cette semaine, alors que je m'en revenais justement d'un week-end placé sous le thème de l'art contemporain, dans les deux cités rivales de St-Etienne et Lyon.

Dans ce domaine, justement, les deux rivales étaient diablement complémentaires cet automne et la rétropective très vulgarisatrice du MACSEM, organisée à l'occasion des 20 ans de l'institution, faisait parfaitement écho à la sélection très actuelle et déstructurée de la biennale.

Sur cette biennale tant controversée cette année, que lisions-nous donc dans les colonnes du journal de référence ?
"Une biennale sans foi ni choix" (ha ! ha ! on dirait un jeu de mots de l'Equipe, ça commence bien ...). Bien m'en avait pris, je n'avais pas lu cet article qu'une personne chère pourtant m'avait délicatement communiqué en sachant que je projetais une excursion chez les gônes. Etait-ce pour me décourager ... ?

Assez de digressions, revenons à la tribune des réacs. "Sans foi ni choix" : so what ? Pourquoi faut-il avoir la foi ? faut-il faire des choix coûte que coûte dans chacun de nos actes, qui plus est dans la création artistique, pour que l'on sache bien dans quelle case nous ranger ?

L'art contemporain ne cherche-t-il pas justement à prendre le pouls de son époque ? Notre monde, malgré les gesticulations diplomatiques du nain, n'est-il pas justement sans foi ni choix (ni loi) ?
Ben oui, c'est ce que confirme brillamment l'excellent et touffu supplément qui avait été consacré à l'événement culturel lyonnais par les Inrocks en septembre, et qui était généreusement distribué aux visiteurs de l'expo : merci les amis, y a au moins un journal qu'a bossé dans ce pays.

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Qu'est ce que l'oeuvre ? Le résultat (une représentation par exemple) ou le processus de création dans toute sa durée et son imperfection ? Question essentielle que nous rappellent Annie Vigier et Franck Apertet, en donnant à voir aux visiteurs de la biennale le "spectacle" des 4 mois de répétition de leur nouvelle composition, assez déshabillée. Les critiques du Monde trouvent tout çà très convenu. Moi, je suis inculte dans un monde encore plus inculte alors je dis bravo !

Après avoir remis en cause et réglé son compte à l'approche classique de l'art au cours du XXème siècle, l'art contemporain semble aujourd'hui se remettre en cause radicalement, à travers la production des jeunes et moins jeunes créateurs invités cette année à Lyon.
Diversification des formes et uniformisation des concepts semblent aller paradoxalement de pair, et on ne sait bien plus ce qu'est une oeuvre au sortir de cette expo, tout comme on ne sait plus trop ce qu'est la société quand on sort de chez soi, ni ce qu'est la liberté d'expression quand on fait un détour par un kiosque ou qu'on allume la télé.

Alors voilà, je vous déconseille la lecture du Monde et vous recommande plutot de vous faire votre propre opinion si vous le pouvez, en allant visiter la production hétérogène de cette biennale, jusqu'au 6 janvier.

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Dimanche 14 octobre 2007

Le naze de la semaine, c'est l'être humain soit disant civilisé : tous ceux qui produisent et consomment sans se soucier des impacts environnementaux ainsi que tous ceux qui ne le font pas encore, mais aspirent à le faire ...

Je me contente cette semaine de vous livrer in extenso une interview parue dans le Monde du 14/10 sur la menace de disparition des abeilles et les conséquences à en attendre. Accablant, évidemment ...

Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA

Un monde sans fruits ni légumes ?
LE MONDE | 13.10.07 | 14h10  •  Mis à jour le 13.10.07 | 14h10

Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?

Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.

Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).

S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?

Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?

Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.

Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.

Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?

Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.

Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.

Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?

Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.

Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.

Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne. Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?

Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.

Propos recueillis par Catherine Vincent

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Mercredi 3 octobre 2007

Comme mon fan club me relance de façon assez explicite ces derniers temps, je me résouds à donner des gages de bonne volonté et reprendre le clavier.

Le naze de la semaine est un bon réac des familles comme on trouve actuellement à tous les coins de plateau télé. En l'occurrence, ce soir, c'est chez Taddéi que ça se passait, lieu de rassemblement pourtant moins courant que d'autres émissions du service public pour la nouvelle droite décomplexée autoproclamée intello.

Le naze de la semaine avait pourtant pas mal commencé : après avoir épinglé Mariani au sujet de son amendement (ok c'est pas dur) et débité quelques banalités de circonstances, je ne déplorais toujours rien d'affligeant après 1/4 de blabla, à cette heure avancée de faible audience où le dérapage est tout de même facile.

Et puis, tout à coup, la vautre, la bonne vieille glissade qui fait mal et qui laisse un gros blanc sur le plateau.
Je m'explique : lorsqu'on évoque la difficulté qu'a aujourd'hui l'Europe à accepter l'immigration des pays du Sud et en particulier de l'Afrique, l'expert Marc Weizmann nous livre l'explication qui tue le débat :

" Il faut quand même reconnaitre que le sud de la méditerrannée et les pays du Maghreb sont une région violente, où les rapports entre les gens sont très durs, très violents".

Réponse polie d'un interlocuteur sur le plateau :

"Ne faut-il pas s'interroger sur l'ogirine de cette violence, la responsabilité de la colonisation ?" et je complète intérieurement : "et aussi sur la façon dont l'occident à géré jusqu'à présent la post-colonisation et soutenu les dictateurs de tout poil ?"

Au lieu de s'écraser, réponse arrogante de notre nouvel apôtre du choc des civilisations, sur le mode relativisme pro-colonialiste :
"Parce qu'avant la colonisation, c'était le paradis ?"

Avec des répliques comme çà, c'est sûr, Alexandre Adler et Hubert Védrine peuvent aller se rhabiller et remiser leurs chroniques vachement compliquées. Là, y a un mec qu'a tout pigé.

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"Nan c'est quand même vrai qu'on est vachement plus civilisés de ce coté de la Méditerrannée.
- Allez, Roger, tu nous remets la même chose ?"


Allez, je siffle la fin de la récré.

Rappelons que l'Europe, modèle de gestion pacifiée des différents entre les peuples, c'est quand même :
- des siècles de tyrannie et de guerre stupides genre guerre de 7 ans, guerre de trente ans, guerres napoléoniennes et tutti quanti qui ont affamé et mis le continent à feu et à sang pendant des générations ;
- la mise en pratique en 14-18 de la guerre industrielle à l'échelle d'un continent : 8 millions de morts ;
- forte de ce succès, comme ça manquait un peu de pertes civiles et d'expérimentation technique, cette bonne vieille Europe, grâce à l'immagination débordante de son peuple le plus cultivé, innove 20 ans après en inventant l'extermination de masse, le génocide industriel et tout ce qui s'ensuit, et entraîne au passage l'Asie et le Pacifique dans le merdier : entre 40 et 50 millions de morts (pardonnez l'approximation).

D'accord, tout ça c'est vieux, ça date de 60 ans, pas moins, alors plus récemment (depuis qu'on est civilisés) signalons :
- les guerres nationalistes en Yougoslavie, match aller en 91-93 et revanche en 95-98 : 500 000 victimes.
- chez nos nouveaux amis russes, 400 000 victimes civiles en Tchéchénie.

Mais, bon on vous croit Mr Weizmann, ça doit être vrai ce qu'on dit, les africains sont dangereux et l'homme du Sud est vraiment très beaucoup violent.

Quand même, y a des jours où j'ai aucun scrupule à pas payer la redevance ...

 

 

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Lundi 17 septembre 2007
Oui, c'est vrai, cette semaine, un lauréat se détache très largement devant ses compétiteurs et je dois dire que c'est assez reposant de ne pas avoir à forcer son talent pour alimenter cette rubrique.

Cet homme (encore un !) vient de commettre le livre de trop. Ne cherchez pas, il n'est pas en rayons mais pourtant il défraie déjà la chronique et suscite les commentaires stupéfaits tant les frontières de la médiocrité semblent avoir été repoussées dans cette production.

Le titre à lui seul résume involontairement le parcours du coupable de ce marigot : "l'impasse". Quel effet de style remarquable pourtant, il faut bien l'admettre, l'objet et l'auteur se rejoignant brillamment dans cette mise en abîme fortuite.
 
Pourtant, plutôt que de tomber si bas, Yoyo aurait pu être un de mes héros, ou devrais-je dire le rester, car bien que n'arborant pas la rose sur mon pedigree, dieu sait si j'ai longtemps pesté et argumenté dans mes vertes années contre les réacs de tout poil pour défendre l'action de l'austère conseiller général cintegabellien.

Mais voilà, nos chemins ont divergé immanquablement et comme dans de nombreux divorces, les choses se sont très vite dégradé.
Non, la rupture ne date pas de la misérable prestation de notre fin stratège en élections (il le croit en tout cas) à l'échéance tragique de 2002. Quelques années avant cela déjà, la messe fut dite lorsque l'aveuglement de Lionel devint patent alors qu'il s'évertuait à défendre coûte que coûte la politique de ses amis de trente ans, Chevénement et Allègre, au sein de son gouvernement.
Cette survalorisation de l'affect, de l'intuite personae, au détriment du respect d'une ligne politique, de ses électeurs fidèles, des militants et de ses alliés, était porteuse des déconvenues à venir.
Ce même affect fit perdre son sang froid au candidat Jospin face à Chirac : aggressif quand il fallait être lisse, résigné quand il eût fallu être vindicatif.

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Le caractère tempéré du climat et la richesse du patrimoine de l'Ile-de-Ré sont la garantie d'un retraite harmonieuse et tonique

5 ans plus tard, non lassé de faire perpétuellement semblant de revenir après n'être jamais parti, Yoyo livre un pétard mouillé de trop : un réglement de compte d'éternel mauvais perdant face à celle qui a dû endosser vaille que vaille le lourd héritage d'un PS que lui même n'avait pas eu le courage de d'assumer en le léguant.
"La plus mauvaise candidate", désignée par 60% des militants de son parti : quel respect avez-vous monsieur Jospin pour vos "camarades" et tous ces élus bien plus modernes et vaillants que vous face au suffrage universel et qui, peut-être, se sont trompés mais ont défendu avec honnêteté leur camp ?

Vous, votre camp vous l'avez déserté il y a longtemps déjà. Votre ultime prouesse politique aura été de nous démontrer que vous étiez encore capable de l'enfoncer davantage.
par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Lundi 3 septembre 2007

Le naze de la semaine se fait un paquet de thune. Il est actionnaire d'un grand groupe agro-alimentaire multinational dont le nom commence par un U. Il doit siéger de temps en temps dans un conseil d'administration où l'on débat de la meileure façon de maximiser les profits de telle ou telle filiale en réduisant les coûts de production, tant qu'à faire.

Ce naze ne se contente pas d'exploiter ou mettre au chomedu les salariés de tous pays (unissez-vous !) et c'est là que je quitte ma casquette de gauchiste pour prendre celle de l'écolo de service, car en prime il fout la planète en l'air.

En effet, avec ses congénères au  look J2M d'opérette, il a eu voilà 3 ans une brillante idée :

- soit une entreprise française appartenant au susdit groupe multinational, qui jouit d'un quasi monopole (75% de parts de marché) sur le territoire français en vendant d'excellents cornichons ultra-croquants fabriqués et récoltés près de cheu vous, ma brave dame, dans le 89 précisément, terre d'excellence du cornichon.

- soit donc ce gros naze qui apprend au détour d'un couloir qu'en Inde, les p'tits n'enfants ont l'immense talent de faire pousser les mêmes cornichons ultra-fins, pour des clopinettes, vous vous en doutez. Et les coûts de transports me direz-vous ? Foutaises : au prix de la main d'oeuvre chez Mother India, la cargaison de cornichons en question pourrait bien faire le tour de la planète 3 fois, qu'elle arriverait encore chez vous à meilleur prix que celui du pébour de St Florentin.

- soit donc une machine implacable qui se met en marche : les cultivateurs de cornichons du cru sont priés de vendre leurs extra-fins ailleurs. Il n'y a pas de débouché hors de France pour l'extra-fin alors ceux qui ne mettent pas la clé sous la porte font du gros cornichon, bien dégueu comme ceux qu'on mange dans les pays du nord, et vendent leur production à une boite d'import export autrichienne qui arrose l'Europe de l'Est et du Nord justement.

- donc, les cargaisons arrivent d'Inde dans le blédos de l'Yonne pour être préparées dans l'usine de conditionnement qui a survécu au plan génial du cost killer de mes deux, pendant que les cornichons récoltés dans le coin filent en camion vers l'Autriche puis la Pologne et autres contrées avides de cucurbitacées.

Bilan social : la cata
Bilan écologique : la cata
Bilan culturel (le savoir-faire des pébours du coin) : la cata

223-Petits-Oignons-Blancs.jpg
Les petits oignons blancs sont la garantie d'une soirée raclette réussie

Ca pourrait s'arrêter là, mais depuis, le naze a discuté avec un autre naze des coûts de conditionnement des cornichons et ils ont décidé de délocaliser fissa aussi l'usine du 89, ainsi qu'un paquet d'autres au passage (dont je vous épargne la liste) appartenant à la même géniale multinationale.

Voilà, c'est une histoire assez banale, j'en conviens, mais pour tenir le rythme d'un naze par semaine, faut bien exploiter les plus gros filons ....

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Vendredi 24 août 2007
Un petit naze de la semaine en passant, alors que  je révise les fondamentaux à Kemper (Bzh).

Ce naze fait partie de la confrérie, d'aucuns l'appellent même "copain", au motif qu'on a la même carte avec une fleur oléagineuse dessus.

Ce copain donc, qui ne sera jamais un ami, a choisi une vocation de justicier de petite envergure. Pourtant les grandes causes à embrasser ne manquent pas : faim dans le monde, discriminations diverses, destruction de la planète, etc ...

Non, lui a décidé de s'attaquer à des injustices d'un tout autre ordre : il s'agit de l'équité de la distribution du temps de parole dans les questions réponses de nos débats. C'est vrai, c'est un problème pour qui organise ou assiste à des débats.
Alors ce naze a décidé de ne plus laisser passer aucune injustice lorsque dans une salle une personne lève la main désespérément sans que le gus chargé de passer le micro ne le remarque. Il a raison, la résistance commence ici et maintenant et un autre monde est possible.

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L'afrique noire manque cruellement de justiciers des mains levées


Alors prenez garde vous autres orateurs et conférenciers, la prochaine fois que vous essairez de captiver un auditoire... Au moment tant attendu des questions, scrutez bien la salle jusque dans ses moindres recoins sinon vous pourriez bien vous faire mettre à mal par le justicier des mains levées. Pour vous prémunir de la menace, je vous donne un indice pour l'identifier : il a une tronche de cake !
par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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Mercredi 15 août 2007

Chers lecteurs et lectrices (en fait, surtout lectrices pour le moment ...), vous l'attendiez tous : voici venue l'heure de briser le naze de la semaine et inaugurer cette rubrique.

A l'instar de la première zamie de la semaine, qui n'était pas une zamie comme les autres, le premier naze de la semaine se doit d'être exceptionnel, je dirais même fondamental (pour ce blog). Vous l'avez deviné, le méga-naze de la semaine c'est JDB !

Mais, pourquoi me direz-vous tant de rancoeur à l'encontre de ce personnage ?

Eh bien, et c'est là qu'un effort exceptionnel de synthèse doit être produit, tant les raisons de ne plus supporter JDB pullulent, JDB est une PLAIE.
Pour nous autres, trentenaires bien sonnés qui, bercés dans notre adolescence par un rock indé qui avait encore quelque chose à raconter, avons pris dans les années 90 un aller-simple vers la house, la techno et tout ce qui s'ensuit, le discours de JDB est une scorie, un anachronisme pathétique.

JDB n'est pas le seul, me direz-vous, à ne pas aimer fondamentalement les musiques électroniques et à proner une soit-disant supériorité intrinsèque du rock et de tout ce qui se joue avec un "vrai" instrument (de préférence en sueur, camé et bourré) sur la techno.

C'est vrai, les baltringues qui nient la puissance de la techno et qui la ramènent sans cesse sur l'énergie éternellement renouvelable du rock sont légion. Ils pourrissent les mariages et anniversaires de leurs amis, nous prennent pour des toxicos, adorent les vraies valeurs et accessoirement la culture populaire version sarko.

Mais JDB n'est pas n'importe lequel de ces prosélytes :
- JDB sévit abondamment dans les colonnes d'un journal culturel hebdomadaire qui reste malgré tout une référence
- JDB ringardise irrémédiablement ce journal malgré les efforts désespérés et louables de ses malchanceux associés
- pire, JDB est aigri et insulte qui a osé enlever ses oeillères et n'est pas resté scotché comme lui dans les années 90 sur la médiocrité des Oasis et consorts.

Un peu d'histoire :

Nous sommes en 94 ou 95, je ne sais plus, et les Inrocks, puisqu'il s'agit d'eux, abandonnent leur ligne éditoriale réservée exclusivement au rock pour se diversifier : non pas vers les autres courants musicaux émergeants, ne vous faites pas d'illusions ! non, principalement vers le cinéma, la littérature, les arts plastiques, etc ..

SI l'on regarde la contribution à la presse culturelle dans son ensemble, le résultat est plutôt bon, d'autant que Serge Kaganki, pour ne citer que lui, reste une sommité en matière de critique cinématographique. Entre Télérama, moraliste, Les Cahiers, élististes, et Positif, complaisant, le terrain est facile à conquérir.
Les Inrocks offrent une publication pluri-disciplinaire vivifiante qui s'enrichit rapidement d'articles et interviews sur des sujets de sociétés ou politiques tout à fait pertinents.

Mais ce succès d'ensemble masque l'obsolescence croissante de la critique musicale du journal, qui s'enfonce lentement dans le ressassement stérile des références poussiéreuses des héros rock d'antant et ce, malgré les efforts louables et désespérés de quelques résistants clairvoyants. Je citerais de mémoire Laure Narlian et Ivan Smagghe notamment, qui défendront la vitalité des scènes rap et techno de l'époque dans les quelques cm2 que leur concède JDB et sa team.

La sortie de route est irréversible, on ne refait pas le chemin à l'envers. Les inrocks publient leur compil de 100 titres de la décennie ("le must des 10 ans", ou je sais plus quoi ...), et le constat est accablant : à part un vieux Pump up the volume de Marrs, archi-connu et exhumé de la fin des années 80, aucune ouverture sur la house et la techno, ni même la jungle ou l'abstract hip-hop pourtant en plein bouillonnement. Chacun sa route, comme dit l'autre ...


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En 1995, alors que Timeless de Goldie nous fait changer d'époque, JDB nous parle des beuveries de Liam et Noel Gallagher

Et alors, me direz-vous ?

Les inrocks ont été à coté de la plaque pendant 10 ans : certes.
Aujourd'hui ils rament pour recoller le peloton, grâce à quelques recrues de qualité : grand bien leur fasse ainsi qu'à leurs lecteurs.


Eh bien, ce n'est pas tout. La contre-révolution est toujours vivace et le côté obscur contre-attaque, JDB en tête.

Sa nouvelle arme ? La récupération de la vague Justice, MSKFRTtructruc, et autres productions électro-rock honorables, mais qui ne sauraient concentrer pour autant à elles seules l'avenir de l'électro, comme LA fusion ultime avec les restes moisis d'un rock qui n'en finit pas de mourir. Pronostic aussi foireux en matière de production que de DJ Set.

Non, JDB : une fois de plus, vous avez tout faux. 
Le purisme ne signifie pas "purin" (je cite : on appréciera la richesse sémantique du journaliste professionnel) ni même autisme pour employer un terme plus respectable, bien que ne fournissant pas de jeu de mots ...
Les 2 gendres idéaux du moment nous font des sets éclectiques et toniques, c'est entendu. Le filon est bon, nous le connaissons : les Daft et les 2 Many DJs ont tracé cette voie il y a un certain temps déjà.

Exigence et cohérence d'un son, fluidité d'un mix, tout cela a un sens et fait mouche pour qui veut s'abandonner à la puissance de la techno. On peut faire vibrer un dance floor autrement qu'en juxtaposant des hits de la décennie passée (qui pourraient enrichir la futur compil décennale des Inrocks, bien sûr).
Pour comprendre cela, peut-être, il aurait fallu il y a 10 ans s'intéresser à Goldie, Garnier et Mills et parler d'autre chose que de la guéguerre Oasis - Blur.

JDB, vous avez toujours été vieux.
Vous restez, égal à vous même, une balise, que dis-je, un phare sur les eaux de la critique musicale. Contre vents et marées, vous pointez la direction dans laquelle il ne faut surtout pas aller.
Merci, tout compte fait. Sans vous, on va pouvoir continuer à s'amuser !

par paquito publié dans : Le naze de la semaine
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sascha funke, mango
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gui boratto, chromophobia LP
ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
fairmont, coloured in memory

DJ set
jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
tobias thomas, fur dich
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compuphonic & kolombo, emotion

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