Le Monde est naze
Le Monde et la Minc team sont un peu ébranlés ces jours-ci, mais que les citoyens du Sarkoland se rassurent : le quotidien français "de référence" peut changer de direction, il n'en restera pas moins réac à souhait.
C'est par pur hasard qu'un article daté du 22 septembre dernier tiré de l'auguste publication et consacré à la biennale de Lyon m'est tombé sous le nez cette semaine, alors que je m'en revenais justement d'un week-end placé sous le thème de l'art contemporain, dans les deux cités rivales de St-Etienne et Lyon.
Dans ce domaine, justement, les deux rivales étaient diablement complémentaires cet automne et la rétropective très vulgarisatrice du MACSEM, organisée à l'occasion des 20 ans de l'institution, faisait parfaitement écho à la sélection très actuelle et déstructurée de la biennale.
Sur cette biennale tant controversée cette année, que lisions-nous donc dans les colonnes du journal de référence ?
"Une biennale sans foi ni choix" (ha ! ha ! on dirait un jeu de mots de l'Equipe, ça commence bien ...). Bien m'en avait pris, je n'avais pas lu cet article qu'une personne chère pourtant m'avait délicatement communiqué en sachant que je projetais une excursion chez les gônes. Etait-ce pour me décourager ... ?
Assez de digressions, revenons à la tribune des réacs. "Sans foi ni choix" : so what ? Pourquoi faut-il avoir la foi ? faut-il faire des choix coûte que coûte dans chacun de nos actes, qui plus est dans la création artistique, pour que l'on sache bien dans quelle case nous ranger ?
L'art contemporain ne cherche-t-il pas justement à prendre le pouls de son époque ? Notre monde, malgré les gesticulations diplomatiques du nain, n'est-il pas justement sans foi ni choix (ni loi) ?
Ben oui, c'est ce que confirme brillamment l'excellent et touffu supplément qui avait été consacré à l'événement culturel lyonnais par les Inrocks en septembre, et qui était généreusement distribué aux visiteurs de l'expo : merci les amis, y a au moins un journal qu'a bossé dans ce pays.

Qu'est ce que l'oeuvre ? Le résultat (une représentation par exemple) ou le processus de création dans toute sa durée et son imperfection ? Question essentielle que nous rappellent Annie Vigier et Franck Apertet, en donnant à voir aux visiteurs de la biennale le "spectacle" des 4 mois de répétition de leur nouvelle composition, assez déshabillée. Les critiques du Monde trouvent tout çà très convenu. Moi, je suis inculte dans un monde encore plus inculte alors je dis bravo !
Après avoir remis en cause et réglé son compte à l'approche classique de l'art au cours du XXème siècle, l'art contemporain semble aujourd'hui se remettre en cause radicalement, à travers la production des jeunes et moins jeunes créateurs invités cette année à Lyon.
Diversification des formes et uniformisation des concepts semblent aller paradoxalement de pair, et on ne sait bien plus ce qu'est une oeuvre au sortir de cette expo, tout comme on ne sait plus trop ce qu'est la société quand on sort de chez soi, ni ce qu'est la liberté d'expression quand on fait un détour par un kiosque ou qu'on allume la télé.
Alors voilà, je vous déconseille la lecture du Monde et vous recommande plutot de vous faire votre propre opinion si vous le pouvez, en allant visiter la production hétérogène de cette biennale, jusqu'au 6 janvier.