hasta la victoria, siempre !

Publié le par paquito

Je l'avoue bien piteusement : j'ai eu tout faux.

Tel la hyène dans la meute ricanante, il y a huit ans de cela, je me suis joint aux cyniques qui manifestaient fièrement leur désapprobation gauchisante face au succès planétaire et mérité d'Amélie Poulain.

En effet, le piège était béant et je suis tombé dedans : avec son décorum de village parigot coincé quelque part entre une époque révolue et le monde moderne et ses couleurs passées de vieille carte postale, il était facile de reprocher à ce film de réhabiliter une certaine image suranée du passé, dans le mode "c'était mieux avant". Et nous l'avons fait, copieusement.

Plus autour de nous nous entendions les gens s'extaser sur cette comédie positive et poétique et plus nous nous drapions avec mépris dans les habits des défenseurs de la ville moderne, cosmopolite et progressiste vilement assaillie par des relents vichystes. Pas moins.

Mais "Amélie Poulain" n'est pas "les choristes", indépendamment de l'évidente supériorité charismatique d'Audrey Tautou et sa bande sur le père Jugnot et sa troupe bêlante de pré-ados attardés.

Non, indépendamment d'être drôle et poétique, Amélie Poulain est avant tout un film politique, un plaidoyer pour un socialisme positif et militant qui n'a rien à envier aux critiques sociales de Ken Loach.
Amélie fait bien mieux que les chroniques pluvieuses des Midlands car elle ne se contente pas de dénoncer pas sur un ton moralisant et désabusé :  dès 2000, Amélie nous montrait la voie en réhabilitant le lien social et la solidarité, 8 ans avant un autre modèle du genre comico-socialiste, le magnifique "Be kind, rewind" de Michel Gondry.

De quel aveuglement ai-je souffert ? Le discours est pourtant évident et la démonstration éloquente : Amélie Poulain fait le bonheur des autres, à leur insu ou à visage découvert, qu'importe, mais jamais contre leur gré. Amélie s'élève contre le chacun pour soi, rend au besoin la justice. Elle le fait gratuitement, car c'est dans sa nature : rousseauiste, humaniste et socialiste.


Le travail le dimanche, fort bien. Mais, ne nous arrêtons pas en si bon chemin ...

Chacun de nous peut être Amélie s'il le veut bien, s'il accepte de ne plus se croire le plus fort ou le plus malin ; s'il accepte de prendre en charge une partie des problèmes de ses voisins. A tel point qu'Amélie si futée soit-elle, a elle-même besoin d'un coup de pouce, non pas du destin, mais d'un de ses semblables pour trouver à son tour le bonheur. La boucle est bouclée. Amélie, n'est pas une héroïne, elle est juste un maillon de la chaîne.

Amélie clame haut et fort que l'entraide est la meilleure solution pour atteindre le bonheur individuel et collectif : nous avons besoin des autres. En ces temps de crise et de probable compétition accrue, ce message doit être rappelé inlassablement.

Un message simple, indémodable et réjouissant, comme un n-ième visionnage des aventures d'Amélie Poulain.

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Publié dans Le naze de la semaine

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A
Le surmenage tue.<br /> http://www.yogitea.com/Pages/OurTeas/MindTeas/GingkoIQ.html<br /> Bisous
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I
Parce que en plus ils ne te filent pas de tickets reto !
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I
Tu travail trop, cela brouille ton jugement :-)
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P
<br /> du surmenage, comme du jeûne, nait souvent la lucidité<br /> <br /> <br />