Vive la crise !

Publié le par paquito

Chirac et Sarkozy, contrairement à ce que les grands médias de droite (pléonasme) voudraient nous faire croire, ne sont que les deux faces de la même pièce de monnaie. Et bien rouillée, en l'occurence, la pièce de monnaie ...

La mascarade de la rupture vis à vis du chiraquisme, défendue par Sarkozy pendant la campagne présidentielle, était aussi subtile qu'un sketch de Bigard, mais elle a quand même réussi à projeter dans les urnes du 6 mai 2007 les quelques millions de bulletins bleu foncé d'électeurs égarés, suffisants pour nous plonger dans l'abyme du sarkozysme. Va comprendre, Charles !

Ah mais non, ma brave dame, mon brave monsieur, l'inertie du chiraquisme n'allait plus être qu'un mauvais souvenir, on allait voir ce qu'on allait voir : Sarko, qui avait eu les poings liés au gouvernement de 2002 à 2007, allait enfin "réformer" tous azimuts et tambour battant, maintenant que le vieux Chichi ne l'entraverait plus ! ha ! ha ! ha ! Bonne nuit les petits ! Nounours va venir vous border avant d'éteindre la lumière.

Deux ans plus tard, tandis que la "réforme" à la sauce UMP révèle à ceux qui pouvaient en douter encore (vivaient-ils sur la planète mars ?) son goût amer de soupe à la grimace, dans la droite ligne de la loi sur les retraites de Raffarin ou de feu le CPE de De Villepin, un sondage accablant nous apprenait, la semaine dernière, ce qui dans un autre pays que le nôtre serait simplement inconcevable.
Accrochez-vous, ça c'est pas du buzz à la petite semaine : Chirac serait, selon 3 pelés et 2 tondus interrogés au téléphone entre "plus belle la vie" et "la star academy", la personnalité politique la plus appréciée des français.

Mais, il fait quoi au fait, Chirac, depuis mai 2007 pour être ainsi plébiscité ? Ben, euh ... rien.
Eh ben voilà, c'est justement pour çà que les gens l'aiment ... Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ; pas d'action, pas de critiques.

A la lumière de ce sondage consternant, l'oeuvre d'anéantissement de la conscience politique des français, façonnée par l'UMP depuis plusieurs années, prend toute sa dimension et semble parachevée.

En discréditant la notion de réforme, désormais associée à régression sociale, en multipliant les promesses non tenues et en galvaudant la parole présidentielle, en discréditant le parlement de Bruxelles et en enrayant le moteur franco-allemand de la construction européenne, en créant un écran de fumée permanent par son agitation médiatique, Sarkozy marche dans les traces de Chirac et inscrit le conservatisme et l'individualisme comme horizons indépassables de notre société.
Logique populiste implacable que la gauche n'est pas capable de réfuter dans l'arène médiatique : puisque la politique et l'action collective ne peuvent rien, résignons-nous dans la consommation de biens matériels inutiles, essayons d'enfoncer notre voisin, et pour se donner bonne conscience, constituons un petit héritage minable pour donner une chance de survie à notre progéniture.

Le style Sarkozy est différent de celui de Chirac, mais le résultat est le même : affaiblissement de l'Etat et des services publics, creusement des inégalités, privilèges des nantis, de préférence boursicoteurs et bailleurs plutôt qu'entrepreneurs, frayeur puis soulagement des petits vieux à coups d'effets de manche sur l'insécurité.

Le conservatisme politique n'est pas la défense du statu quo, ce serait trop beau, mais carrément l'aggravation des maux de la société, puisque dans ce contexte, les forces dominantes dans les champs social et économique peuvent, sans contraintes, affaiblir davantage les plus faibles.


En mai, fais ce qu'il te plaît ...

C'est la force mais aussi la faiblesse de ce système, car plus les faibles sont faibles, moins ils ont à perdre et plus ils sont hargneux et revenchards.

1789, 1848, 1871, 1936, 1945, 1968, ... En France, c'est ainsi qu'on écrit les plus belles pages de notre histoire, et j'ai l'intution que le prochain chapitre est déjà sous presse ...

 

 

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Publié dans zusammen

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B
Personnellement, je suis toujours un peu embarrassé quant je lis que Chirac et Sarko c'est la même camelote car je pense que seul l'un d'entre-eux est un démocrate.<br /> <br /> Sarko n'est qu'un vieux déchet putride de l'idéologie néo-conservateur bushiste qui doit être mis dans la benne à ordures au plus vite.<br /> <br /> Le problème c'est que ni Chirac et ni Sarko n'ont de conscience digne de leur fonction et de leur place dans l'histoire. Ils sont prêts à annoncer n'importe quoi pourvu que les sondages leur montrent que les plus faibles sont prêts à gober et restituer dans les urnes leur promesses fallacieuses.<br /> <br /> De l'autre côté couleur vert et rose, rien ne casse la baraque ; les militants qui eux ont une conscience ne laisseraient pas passer des promesses hallucinantes (j'ai comme un doute en rédigeant).<br /> <br /> Comme tu l'écris, un électrochoc pourrait être salvateur.
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P
<br /> pas faux concernant le vert (le rose, je ne sais pas) : j'ai plutot envie de construire la baraque plutot que de la casser, mais on sait que c'est moins payant électoralement;<br /> <br /> je pense que tu te méprends quand tu concèdes à chirac la qualité de démocrate. Ce type est un pur démagogue et a disqualifié la responsabilité en politique. ce n'est pas un apprenti dictateur<br /> bonapartiste comme qui tu sais, mais il a su longtemps manoeuvrer en coulisse pour neutraliser les juges trop curieux, placer ses amis, fausser les élections ... La seule trace positive qu'il<br /> laissera dans l'histoire de france est sa reconnaissance de la culpabilité de l'état français dans la collaboration et le génocide des juifs. C'est beaucoup mais peu aussi pour deux<br /> quinquennats.<br /> <br /> Je n'ai pas encore entamé la lecture de "après la démocratie", le nouvel essai d'emmanuel todd, mais s'il est aussi clairvoyant qu'il l'a été dans "après l'empire", je crains le pire : le repli<br /> inexorable de la démocratie dans les sociétés occidentales dites développées.<br /> Dès lors, si son pronostic est malheureusement juste, l'idéal réformiste aura du plomb dans l'aile et il ne restera à ceux qui ne veulent pas accepter d'être lobotomisés par TF1 et la star ac que<br /> deux postures moralement admissibles : se mettre en marge de la société au sens propre ou figuré pour vivre en accord avec ses principes ou bien se révolter.<br /> J'hésite ... mais nous n'y sommes pas encore: sait-on jamais, un miracle en 2012 ?<br /> <br /> <br />
A
Je parlais bien de la survie, où la frontière entre la vie et la mort est si ténue.
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A
Je dirais que plus les faibles sont faibles, plus ils ont à perdre... Et c'est bien cette survie qui rend hargneux. Quand je dis ils...
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P
<br /> on a peut-être tous les deux raison : l'esprit de résistance et de rébellion se nourrit surement à la fois de l'instinct de survie, pour aller dans ton sens, mais aussi d'un sentiment de liberté et<br /> détachement vis à vis de son propre sort. Comme disait le grand Ernesto, en parlant de l'insurrection armée "debes luchar comme si fuera ya muerto", tu dois te battre comme si tu étais<br /> déjà mort.<br /> <br /> <br />
C
T'y crois encore à l'esprit révolutionnaire et contestataire du peuple de France ...
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P
<br /> oui !<br /> <br /> <br />