Lille enchantée

Publié le par paquito

Dans le Nord, il y a une vie à côté des moules frites et du bordel de la grande braderie : le dynamisme culturel de la ville n’est plus à démontrer depuis l’événement « Lille capitale européenne de la culture » de je sais plus quand, et ses multiples répliques, dont l’expo pluri-disciplinaire « Bons baisers de Bombay » consacrée à la culture indienne, en 2006, ou encore l’exposition de la collection de la fondation Pinault l’an passé.

En matière de musiques électroniques aussi, Lille tend à rattraper son retard sur Lyon, incontestable rivale de la capitale sur les plans des cultures contemporaines.

Le festival de musiques et cultures électroniques N.A.M.E., en plein essor pour sa 4ème édition, était donc l’occasion pour moi de vérifier où en étaient les ch’tis. Un programme alléchant et protéiforme, astucieusement étalé sur trois week-ends et plusieurs villes : deux week-ends à Lille-Roubaix en septembre, et le week-end du 11 octobre dans l’alternative Dunkerque (eh oui).

Précisons d’emblée que la riante cité dunkerquoise n’était pas le parent pauvre de l’événement puisque les plus grosses têtes d’affiche lui furent réservées avec Ellen Allien et Sascha Funke en personne. Mais bon, pour ma part, l’esprit aventureux a ses limites et je me suis concentré sur la capitale des Flandres pour une première expérience du N.A.M.E.

Le N.A.M.E. a pompé copieusement sur le modèle du grand frère lyonnais des Nuits sonores et c’est tant mieux : scènes officielles dans un lieu post-industriel relativement fonctionnel (en l’occurrence le Tri Postal), événements off pour promouvoir la scène électro locale et alternative, bars associés et parcours culturel avec des expos et performances d’art contemporain.

Tout çà, c’est bien gentil, mais alors, côté son ?
Ok, ok, Paquito au rapport.

Le vendredi 19 septembre, jour d'ouverture du festival avait tout pour nous enchanter sur le papier, avec la venue de l’immense Carl Craig, reléguant Loco Dice et Ivan Smagghe au statut de seconds couteaux.

Stupeur au rendez-vous, avec un set tout à fait surprenant (et décevant de mon point de vue) du grand Carl, orienté old school, à 100 lieues du son absolument ébouriffant que celui-ci nous avait dispensé quelques mois plus tôt au Social.

Heureusement, pendant ce temps, dans une petite salle à l’ambiance club presque authentique, Ivan Smagghe toujours fiable comme une horloge suisse et entouré de la troupe It’s a fine line et de Tim Paris, nous livrait une prestation de house minimale affûtée comme les patins de Candeloro, sur un format hybride, oscillant entre DJ set et live.

Dans la grande salle, après The Star de la soirée, Loco Dice nous faisait du Loco Dice, c'est-à-dire du gros son bien gras, calibré pour une assistance qui à cette heure d'alcoolémie avancée ne demandait plus que çà.

La soirée du lendemain, samedi 20, pouvait paraître de moindre envergure : comme toujours dans ces cas là, elle se révéla être au-delà des espérances.

Déjà, étonnamment pour un samedi de festival, je constatais bien moins de cohue que la veille et une assistance providentiellement moins avinée. Bon signe qui allait se confirmer autour des platines de la petite salle club où les teutons de service allaient enflammer le floor.
Gros buzz du moment, le franco-hambourgeois Pantha du Prince de l'écurie Smallville confirmait tout le bien qu’on pense de lui avec une prestation live aussi millimétrée qu’à l’accoutumée, et ô bonheur, plus dansante que cérébrale. Dans la foulée, le berlinois Efdemin, habituellement aussi expressif qu’un ticket de métro, se lâchait franchement sur un set de deux heures totalement enthousiasmant. Les 6 heures sonnaient rapidos sans qu'on voie le temps passer, le décalage horaire entre la France et Berlin sûrement, on connaît çà ...

Bref, bref, voilà qui fut un premier contact prometteur qui nous donnera probablement envie de remettre le couvert l'an prochain. D'autant que la cité lilloise n'est pas dépourvue de bonnes adresses pour un before sympathoche ou pour une expo aux petits oignons.


Avec l'explosion du coût de l'énergie, l'heure est aux circuits courts : le At Home Café l'a bien compris et vous permet de siroter votre bière dans un espace très ... fonctionnel.

N.A.M.E 2008 au Tri Postal, banc d'essai de l'organisation :
Porte : 10/10
Vestiaire : 1/10
Bar : 8/10
Chiottes : 4/10
Sound system : 9/10
Déco : 0/10
Moyenne : 5,3/10, peut mieux faire.

Bonnes adresses :
Shopping : quartier de l'avenue Gambetta, entre le centre-ville et Wazemmes
Un ch'ti gateau ? dans le vieux Lille, mais vraiment qu'un ch'ti gateau alors, parce les fringues par là, ça coûte un bras !
Jogging : le parc de la Citadelle, évidemment
Culture et architecture : La Piscine, musée d'art et d'industrie, rue de l'Espérance, Roubaix. Un lieu magnifique avec un café tip top qui donne sur un jardin non moins tip top : quand la banlieue dame le pion à la ville centre ...
Before : At home café, 2 place Maurice Schumann (angle rue des Bouchers - important : la place Schumann figure pas sur les plans, comme le village des schtroumpfs). Un must ! Un bar aménagé sur trois étages dans une maison, si ! si ! histoire de boire un verre assis sur les gogues ou vautré sur un pieu. Staff et son sympas, comme il se doit.

A fuir :
Les rues piétonnes de l'hyper-centre le samedi après-midi.
Les skins à 5h du mat, surtout si le LOSC a perdu, ce qui est fréquent.
Le UMP-land et les UMP-people devant les devantures des UMP-stores, dans le vieux Lille.
Beauf-land dans le centre commercial Euralille.

 

 

 

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Publié dans Eh - y a encore du son

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C
Et encore une fois, tu profites de mon absence sur le net pour produire. Enfin à ce rythme, les prochains articles sont pour l'année prochaine ...
Répondre
P
<br /> en même temps, l'année prochaine c'est bientot<br /> <br /> <br />