Au théâtre ce soir
Acte I Scène III
"Excusez-moi, mais je travaille pour le cinéma et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah bon, et pourquoi ? Nous sommes sur un espace public.
- C'est à dire que vous pouvez gêner la clientèle qui fait la queue ...
- Présentement, il n'y a pas de queue, mais bon, d'accord pour se décaler un peu par rapport à la file d'attente, si elle se forme. Là où on se trouve, devant la terrasse du café du cinéma, ça va ?
- En fait, vous feriez mieux d'aller distribuer vos tracts aux gens qui écoutent le concert, juste à côté.
- Ah. Ecoute mon grand, on pourrait le faire, mais on le fera pas. On est encore en république et si je milite dans un parti c'est justement pour résister à des gens comme toi qui veulent me dicter ce que je dois faire.
- Ouais, c'est lamentable ce comportement ! Vous discréditez la poitique et votre formation. C'est nul ! ....
- Allez, à la prochaine."
(...)
Ces bons vieux bout-en-train de Michel Roux et Jacques Balutin ont leur relève assurée. Ca fait plaisir de savoir qu'un acteur majeur de la scène culturelle française, à la tête d'un immense réseau de distribution, perpétue avec autant de brio le comique boulevardier.
Acte II Scène I
"Bonsoir, je travaille pour le cinéma à côté et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah oui. On a vu votre jeune collègue il y a quelques minutes qui nous a demandé la même chose : mais ça va pas être possible de satisfaire votre demande.
- Ecoutez, je vous demande ça gentiment. Notre groupe ne souhaite pas être assimilé aux tracts que vous distribuez.
- Je comprends tout à fait que votre direction vous donne des consignes de ce type, mais voyez-vous, vous n'êtes pas propriétaire du quai, donc on va rester là autant de temps que cela nous chante.
- Non, je n'ai pas de consignes. Je suis la manageuse du cinéma et d'ailleurs, je vous respecte car moi aussi, je milite dans un parti, mais pas le même que le vôtre.
- On s'en serait doutés. Néanmoins, ce trottoir est à tout le monde.
- Non, regardez, il y a aussi notre bateau, et comme il est amarré là, on a l'usage du quai et vous ne pouvez pas rester là.
- Non. Il y a bien d'autres bateaux que le vôtre. Cela ne leur donne pas un droit de veto sur l'usage du quai. Votre réaction est étonnante, car voyez-vous, depuis des années, il nous arrive de distribuer des tracts devant les entrées de supermarché, comme Monoprix, et on ne nous a jamais fait de problèmes. Comme quoi, le plus mercantile des établissements n'est pas forcément celui que l'on croit.
- Ah, c'est facile de dire ça ... Screugneugneu ...
- Ecoutez, on va en rester là. Si vous considérez que nous n'avons pas le droit d'être ici, je vous invite à appeler la police. Ou bien, à défaut, vous nous envoyez vos gros bras. On verra bien ce qui se passera ..."
To be continued ...
"Excusez-moi, mais je travaille pour le cinéma et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah bon, et pourquoi ? Nous sommes sur un espace public.
- C'est à dire que vous pouvez gêner la clientèle qui fait la queue ...
- Présentement, il n'y a pas de queue, mais bon, d'accord pour se décaler un peu par rapport à la file d'attente, si elle se forme. Là où on se trouve, devant la terrasse du café du cinéma, ça va ?
- En fait, vous feriez mieux d'aller distribuer vos tracts aux gens qui écoutent le concert, juste à côté.
- Ah. Ecoute mon grand, on pourrait le faire, mais on le fera pas. On est encore en république et si je milite dans un parti c'est justement pour résister à des gens comme toi qui veulent me dicter ce que je dois faire.
- Ouais, c'est lamentable ce comportement ! Vous discréditez la poitique et votre formation. C'est nul ! ....
- Allez, à la prochaine."
(...)
Ces bons vieux bout-en-train de Michel Roux et Jacques Balutin ont leur relève assurée. Ca fait plaisir de savoir qu'un acteur majeur de la scène culturelle française, à la tête d'un immense réseau de distribution, perpétue avec autant de brio le comique boulevardier.Acte II Scène I
"Bonsoir, je travaille pour le cinéma à côté et je viens vous demander de ne pas distribuer vos tracts ici.
- Ah oui. On a vu votre jeune collègue il y a quelques minutes qui nous a demandé la même chose : mais ça va pas être possible de satisfaire votre demande.
- Ecoutez, je vous demande ça gentiment. Notre groupe ne souhaite pas être assimilé aux tracts que vous distribuez.
- Je comprends tout à fait que votre direction vous donne des consignes de ce type, mais voyez-vous, vous n'êtes pas propriétaire du quai, donc on va rester là autant de temps que cela nous chante.
- Non, je n'ai pas de consignes. Je suis la manageuse du cinéma et d'ailleurs, je vous respecte car moi aussi, je milite dans un parti, mais pas le même que le vôtre.
- On s'en serait doutés. Néanmoins, ce trottoir est à tout le monde.
- Non, regardez, il y a aussi notre bateau, et comme il est amarré là, on a l'usage du quai et vous ne pouvez pas rester là.
- Non. Il y a bien d'autres bateaux que le vôtre. Cela ne leur donne pas un droit de veto sur l'usage du quai. Votre réaction est étonnante, car voyez-vous, depuis des années, il nous arrive de distribuer des tracts devant les entrées de supermarché, comme Monoprix, et on ne nous a jamais fait de problèmes. Comme quoi, le plus mercantile des établissements n'est pas forcément celui que l'on croit.
- Ah, c'est facile de dire ça ... Screugneugneu ...
- Ecoutez, on va en rester là. Si vous considérez que nous n'avons pas le droit d'être ici, je vous invite à appeler la police. Ou bien, à défaut, vous nous envoyez vos gros bras. On verra bien ce qui se passera ..."
To be continued ...
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