La rentrée "Social"
Dans le petit monde du clubbing, en ce début d'année à Paris, il était impossible d'échapper au buzz du "Social club", nouveau projet promu avec force articles dans la presse spécialisée et des tonnes de flyers disséminés dans tous vos bars préférés.
Anciennement "Tryptique", le Social Club n'a pas changé son sound system, ni son aménagement intérieur, si ce n'est la création de l'espace "fumeurs", cloître nauséabond de quelques mètres carré, désormais incontournable dans tous les clubs bien fréquentés qui souhaitent le rester.
Côté tarifs que ce soit à l'entrée ou au bar, pas d'évolution de politique commerciale à noter non plus.
Alors ?
Alors, le plus gros changement, c'est du côté du line up qu'il est intervenu avec une ambition clairement assumée de faire venir les stars et contester la suprématie du Rex sur ce plan.
Après un départ en fanfare en janvier, il sera intéressant de voir si le Social club parvient à maintenir cette politique et surmonter le handicap de la configuration biscornue de la salle, peu propice à drainer les foules et donc à amortir le cachet des grosses cylindrées.
En tout cas, ce qui est pris est pris et parmi les événements des premières semaines du Social, il faut saluer l'incroyable performance livrée la semaine passée par l'immense Carl Craig, un des derniers dieux de Detroit encore en activité.

A Detroit, Pacman gobe des taz sur le techno boulevard ; à Paris, près du Social, on gobe des frites chez Dédé la frite
N'attendez de cet homme aucune extériorisation pendant qu'il oeuvre derrière les platines, ni même un sourire ... Carl est aussi froid que la techno minimale qu'il nous distille.
Froide mais pas autère, car le maître DJ sait la combiner comme personne avec quelques pépites soul totalement innatendues dans ce registre. Si mixer veut dire quelque chose, Carl Craig nous en donne la définition à travers cette alchimie imprévisible qui est la marque de son talent.
Après 3 heures de set, la démonstration est impériale : grâce à ce lascar qui n'en finit pas de ne pas vieillir, nos jambes et notre cerveau en ont eu pour leur compte.
La star envolée, le floor se videra progressivement sur un fond de techno un peu énervée qui nous ramène à des ambiances de fin de soirée beaucoup plus classiques.
Quelques clubbers en goguette déboulent sur le coup de 5 heures tandis que la sosie de Minnie minaude avec ses gants blancs sur la piste. Je retrouve une très vieille connaissance, qui n'en revient pas que je le reconnaisse depuis notre rencontre à Benicassim 98 ! Quelques jeunettes s'essaient avec succès à ne pas tenir l'alcool ...
L'atmosphère du Tryptique flotte encore dans l'air et reprend ses droits, mais pendant 3 heures, la magie du Social est passée par là ...