La mort qui tue
Cela pourrait bien devenir un incontournable sur ce blog, vous voilà prévenus : après avoir publié la contribution de Bob sur l'affreux Marchiani en janvier, j'ouvre à nouveau mes colonnes (indirectement, à l'insu de son plein gré) à un de mes amis pour un article exceptionnel.
Cette semaine cet ami à qui je rends honneur est une amie, une lectrice assidue de surcroît, et ce n'est autre que Sissy, l'impératrice du rouleau à patisserie, la Rosa Luxemburg de la Part-Dieu, redoutable pourfendeuse de sarkozystes et de tiramisus.
Chère Sissy, moi qui n'ai pas la chance de goûter tes exploits culinaires aussi souvent que ta petite famille, tu nous as fait basculer dans la 4ème dimension la semaine passée, en compagnie du stéphanois de service, pour nous livrer une oeuvre d'art éphémère, pourtant à jamais gravée dans nos papilles.
Oui, ce jour-là, quelque chose de l'ordre du prodige s'est produit dans ta cuisine, un alignement des astres gustatifs, la révolution copernicienne du moule à tarte, quelque chose que nous n'avons pas vu venir mais qui risque désormais de faire couler beaucoup d'encre et surtout de salive.
Au fait : ce miracle a un nom, c'est le cheesecake de Sissy, qu'il convient désormais d'appeler le cheese cake de la mort qui tue.
Sissy, femme de progrès et humaniste que tu es, tu ne m'en voudras évidemment pas de révéler sur la place publique (ici) le secret de fabrication de cet ovni. Si quelques bienheureux (et chanceux) arrivent un tant soit peu à reproduire cette composition magique, eux aussi connaîtront l'extase inouïe du cheesecake de la mort qui tue.

Certains transforment l'or en plomb ; Sissy, elle transforme le St-Moret en délice
Ingrédients pour un plat à tarte de diamètre standard :
4 oeufs, 100g de sucre, 350g de fromage frais légèrement salé type ricotta, st-moret ou carré gervais, une cuiller à soupe de maïzena, un citron, un paquet de speculos (format paquet de petits lus) et 100g de beurre fondu.
Matos (je précise pour les guéglos) :
Moule à gateau format tarte assez profond (4 ou 5 cm), papier sulfurisé, mixer, fouet, rape
Préparation (à faire la veille de la fe-bou) :
Emietter grossièrement puis mixer les spéculos et mélanger avec 90g de beurre fondu + les 10 g de beurre restant, non fondu, ce qui donnera un peu plus de consistance au mélange.
Etaler (à la main) cette pate sur du papier sulfurisé (qui remonte jusqu'aux bords du moule). Mettre à cuire 10mn à 210°C. Après avoir sorti le moule, baisser le four à 160°C.
Mélanger (avec le fouet !) les oeufs entiers et le sucre, puis incorporer le fromage (au fouet toujours !).
Raper le zeste du citron, puis presser le citron. Ajouter le zeste et le jus du citron au mélange.
Finir la mixture en ajoutant la maïzena.
Verser cette crème sur la pate cuite dans le moule. Enfournez à 160°C et laissez cuire 35 à 40 mn.
Laissez refroidir, puis conserver au frigo 24h.
Démoulez (mais pas en retournant le plat attention, bande de malades mentaux !) Normalement, c'est facile grâce au papier sulfurisé qui dépasse le bord du moule, ou alors vous êtes super équipés comme Sissy et vous avez un moule avec fond amovible (et néanmoins étanche)
Et voilà, c'est la régalade !!!!