Dimanche 13 avril 2008

Deuxième jour à Berlin et forcément, la pression monte : après une première journée concluante, on se dit qu'il faut continuer sur la lancée à la faveur du week-end. Pas de problème, avec EG on relève le gant ! Berlin, c'est chez nous !

Et pour bien commencer la journée, rien de tel qu'un excellent früstück dans un petit café bio-branchouillo-sympathique qui se trouve à deux pas de l'hostel. Soyons clair, ce petit restau sur Warschauer Str. où des jeunes filles piercées et néanmoins charmantes vous servent des petits sandwiches délicieux et des patisseries à se taper le cul par terre est un must ! En plus, y a 50 sortes de thé bio différentes pour accompagner tout çà, évidemment à prix sehr sympatisch : la joie vient du ventre.

Après la nourriture, nous avons rendez-vous avec la culture. Le Hamburger Bahnhof Museum est la mecque de l'art contemporain à Berlin, dans un cadre architectural tout à fait remarquable et on se régale : les grands classiques américains (Warhol, Liechtenstein, Judd, Stella, Wesselmann, Flavin) sont là et aussi la fine fleur locale (Beuys, Bäselitz, Kiefer, A.R. Penck, Richter). 
 
Les préliminaires diurnes étant passés, le choix de la soirée nous réserve un fichu dilemne : le Watergate, club soit disant ultra-branché donnant sur la Spree, avec quelques valeurs montantes de la scène minimale berlinoise dont la prometteuse Ada, ou bien l'institution Berghain/Panoramabar qui accueille notre Garnier national pour un set all night long.

Géographiquement, tout ça est a peu près dans le même périmètre. Bien que situé dans Kreuzberg, le Watergate se trouve à une encablure de Friedrichhain, de l'autre côté de la Spree ; le Berghain, lui est planqué au milieu d'une espèce de zone industrielle à moitié désaffectée à deux pas d'Ostbahnhof. Ca se tient.

Bon, du coup, le before dans les bars de Friedrichhain s'impose de façon assez évidente : le quartier est réputé pour ça, mais reconnaissons-le, y a pas que du top. On finit par trouver notre bonheur au Kunstliche Beatmung, dont la déco est assez originale, classieuse sans être pédante. Les consos sont pas chères (quelle surprise) et la DJette chauve qui officie aux platines se débrouille pas mal dans un genre indéfinissable, techno-rock-banghra.

Entre Ada et Garnier, on choisit la nouveauté, normal, mais avant de foncer vers le Watergate, ravito vite fait bien fait au take away indien du coin de la rue ! La sauce qui accompagne les beignets est trop sucrée mais les tenanciers du boui-boui sont super gentils.

Arrivés devant la porte du Watergate, il est a peine une heure et y a pas foule. Et là, coup de théâtre ! Refoulés ! EG et moi ! on aura tout vu ! nous faire çà à nous, le duo infernal du clubbing à qui aucune porte ne résiste ! Cherchez pas le pourquoi du comment, ça le mérite pas : pas assez habitués, et tout le tralala, les mêmes conneries qu'à Paris.
Le mythe berlinois en prend pour son grade, mais on se console quand même en se rappelant que cette boîte est du genre jeunesse dorée dixit le guide (pas si mal, le guide) et voilà, on est vendredi, tout çà, va savoir ...
La prochaine fois, on boycottera, na ! à moins qu'on y retourne un mercredi, jour de semaine théoriquement qui semble bénéficier d'une excellente programmation dans ce club, à en croire les flyers.

En attendant, on est bredouilles et il est plus d'une heure ! Repli stratégique vers le Berghain à un quart d'heure de là, où une queue de 3/4h sous la pluie battante nous attend. EG fait toujours sa rebelle brestoise habituée aux embruns et n'a prévu ni capuche, ni pébroque ! Bravo !
Ca avance doucement, mais sûrement : des troupeaux de touristes un peu naïfs, français, italiens, espagnols, se font gentiment refouler, attirés probablement par la tête d'affiche, les pauvres !
Nous, on est pas mécontents, ça fait de la place, vu que ça a déjà l'air blindé, mais en même temps vu le vent qu'on s'est pris juste avant, c'est pas ce soir qu'on va jouer les marioles. Profil bas ...

Avec EG, on assure le coup : concentration optimale devant le physio, attitude modeste et détachée. 10 ans de pratique... Ouf ! aucun souci finalement pour entrer : ici, il suffit de pas être bourré et de pas débouler en minibus.

Une fois à l'intérieur, on est pas déçus du voyage, à commencer par le ticket d'entrée : 10€ pour Garnier, ça le fait. Staff ultra professionnel et poli au contrôle et aux vestiaires. On est pas chez les blaireaux.
Question configuration des lieux, le club occupe les deux derniers étages d'un bâtiment industriel qui en compte quatre, et c'est une ancienne brasserie. Avant on y fabriquait de la bière, maintenant, on la picole, la boucle est bouclée... hé! hé!

D'habitude, il semble qu'il y ait deux scènes différentes sur les deux étages, mais là, pour la venue de l'enfant prodige de l'Hacienda, seul l'étage principal est ouvert. Du coup, le floor est complètement blindé. Le bar immense occupe presque la moitié de la salle, face aux platines, ici aussi de plein pied. Un espèce de couloir glauque jalonné de petits réduits de 2m sur 2 longe la salle : ces réduits devaient être des locaux techniques du temps de la brasserie et on trouve encore sur les murs des cadrans et autres instruments industriels bizarres ...

Bon tout çà, c'est bien gentil, mais le bar de la salle principale est inaccessible. Heureusement, mon flair me guide vers le bar "off", où il n'y a qu'une seule barmaid, mais quelle barmaid ! Nan, elle est pas du tout sexy, mais par contre, j'ai jamais vu quelqu'un d'aussi efficace à un bar. Respect ! Du coup, on est encore partis pour picoler ce soir ...

Et si on transférait l'ambassade de France à Berlin au Berghain ? Seul problème, refourguer à un prix décent l'horrible blockhaus de Pariserplatz, qui a coûté un bras au contribuable ...

Aux platines, un événement majeur, presque un miracle, se produit : ce bon vieux Lolo se transcende et nous livre un set comme il en avait le secret il y a quelques années, avant de tomber dans la mode "éclectique-mou du genou-j'aime toutes les musiques".

Allez savoir pourquoi, est-ce le fait d'être à Berlin, référence électro du moment, qui l'incite à retravailler les fondamentaux auprès d'une assistance qui ne le voit pas aussi souvent que le public parisien ? Quoi qu'il en soit, on est finalement tombés sur le bon cheval ce soir, avec un excellent set techno-house à la fois actuel, exigeant et dansant : Garnier, homme de la synthèse.

A 6h, EG et moi on a notre compte, fatigués mais ravis d'avoir retrouvé notre ami de 15 ans. Pour relancer la passion dans un vieux couple : rien de tel qu'un petit séjour à l'étranger, pas vrai ?


Adresses :
Früstück (dont j'ai oublié le nom) sur Warschauer Str.,côté Est, 100m au sud de Grünberger Str., sandwichs et patisseries maison et bio, de 2€ à 3€
Kunsliche Beatmung, Simon Dach Str., bière 2€
Watergate, Falckenstein Str. (juste à coté du pont, au bord de la Spree), tarifs non connus, et pour cause ...
Berghain/Panoramabar, am Wriezener Bahnhof (impasse donnant sur la Strasse der Pariser Kommune), entrée 8-10€, bière 3€









par paquito publié dans : Eh, y a encore du son ?
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