Mercredi 20 février 2008
Ken Loach n’est pas un cinéaste militant, mais plutôt un militant qui fait du cinéma. Après la parenthèse lénifiante « Le vent se lève », notre gauchiste de service est revenu, à l’occasion de son dernier film, sur son terrain de prédilection, source d’une inspiration inépuisable : la crise sociale britannique.
 
Ce coup-ci, pas de « Snapper » dans le tiroir, pas de « Van » sur un parking désolé, point de « Navigators » déboussolés à recherche de leur voie (ferrée) ni de « Raining stones » qui tombent sur la tronche des pauvres bougres des Midlands.
 
Guère de poésie et d’efforts de mise en scène non plus, à la différence des précédents opus : la morale et le discours très démonstratifs de Ken Loach ne laissent rien repousser après leur passage et le spectateur est prié de prendre des notes.
 
J’ai pris des notes alors, et me voici au rapport.
 
Le vieux Ken assume de perdre en qualité artistique ce qu’il gagne en efficacité et originalité didactique : se placer délibérément du point de vue de l’exploiteur (–trice en l’occurrence), une mère célibataire qui devient chef d’entreprise immorale, pour mieux démont(r)er la perversité du système néo-libéral qui sévit actuellement en Grande-Bretagne, laboratoire depuis 30 ans de toutes les régressions sociales.
 
Ce parti pris narratif original nous révèle une évidence : la domination du profit sur l’humain ne fait pas que broyer la vie des ouvriers et employés disqualifiés et précaires exploités. Elle emporte avec elle les collaborateurs objectifs de cette machine, les petits auxiliaires de la grande casse sociale que sont les patrons de PME, ingénieurs de production, consultants cost-killers, commerciaux et managers de tout poil.
 
Dans ce grand marasme collectif et mondialisé (youpi !), ce nouveau clergé du dieu « Profit » ne va pas forcément se retrouver à la rue, divorcer ou devenir alcoolique, ou alors seulement au moment de la retraite. Mais avant cela, il perdra à coup son éthique personnelle, le respect de ses parents et de ses enfants, ses rêves de jeunesse et tout ce qui fait que la vie est belle ici bas.
 
Comment peut-on arriver à telle aliénation collective en démocratie ?
 
Un savant dosage paradoxal de conditionnement et d’encouragement à l’initiative pour réussir à exploiter son prochain en toute liberté permet ce remarquable tour de force. Les dictateurs sont largués ; l’avenir appartient nouveaux magnats des médias et de l’industrie.

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Les nouvelles mesures gouvernementales et les allègements fiscaux en faveur des entreprises vont permettre aux forces vives de la société de relancer la croissance hexagonale !

Dans leur immense prison mentale sans murs ni frontières, les insectes humains sont encouragés à user de toute leur ingéniosité pour optimiser la productivité de la fourmilière et asservir leurs congénaires : la grande usine produit du vent mais qu’importe, personne n’a le temps de se demander à quoi elle sert ou ne souhaite le faire, par peur de découvrir la vacuité de la réponse. Quitter la matrice n’est pas sans danger.
 
Oyez ! La tyrannie libérale est en marche, chers amis : remercions le chef de nous laisser encore, pour l’heure, le choix de la sauce à laquelle nous voulons être mangés.
par paquito publié dans : Le zami de la semaine
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(detroit, londres, versailles : cherchez l'intrus)
 

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sascha funke, mango
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ellen allien & apparat, orchestra of bubbles
terranova, hitchhiking nonstop with no particular destination
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jennifer cardini, feeling strange
gui boratto, addicted vol 2
michael mayer, immer 2
michael mayer, immer
mobilee - back to back vol2
tobias thomas, fur dich
M.A.N.D.Y., fabric 38
erlend oye, dj kicks
audion, fabric 27

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compuphonic & kolombo, emotion

revival
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inner city, big fun (jennifer @ rex)
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